LE FEU !

Un symbole terrestre du Dieu Trinitaire est celui du feu, de la lumière et de la vie. Un feu, tel que nous le voyonsdans le soleil, est la source de toute vie sur la planète. En soi, il est une puissance terrible de destruction. Si l’on viole les lois de la nature en l’approchant de trop près, on est puni par la souffrance et la destruction. Et pourtant de cette source enflammée rayonnent toutes les merveilles et toutes les beautés, les couleurs et la chaleur de la lumière douce et bienfaisante. Sans feu, pas de lumière. Sans lumière, pas de vie sur la terre, car la lumière pénètre dans la nature entière pour la vivifier, nourrir, donner couleur et forme à toute chose Pour accomplir sa fonction d’engendrer la vie sur la terre, il faut qu’agisse cette trinité dans l’unité : que le feu brûle, que la lumière brille et que la vie soit activée dans la plante et l’animal.

Mais pour les habitants de la terre, le soleil n’a jamais été destiné à être connu et senti autrement que par sa lumière et sa chaleur bienfaisantes. Nous n’avons d’autre connaissance de ce feu et ne communiquons en quelque sorte avec lui que par la lumière qu’il engendre éternellement. Nous nous rendons compte de l’existence de ce foyer ardent, nous comprenons qu’il est la source brûlante de la lumière, mais nous savons quelles relations il convient d’avoir avec lui. Nous nous baignons avec reconnaissance dans ses rayons bienfaisants, mais nous gardons les distances voulues. Les lois du feu et de la lumière, et leurs effets sur le corps humain, sont immuables et nous leur obéissons avec sagesse.

LE FEU DE LA GEHENNE !

Que de fois cette question a troublé des chrétiens qui réfléchissent : comment peut-il y avoir un enfer ? Comment un Dieu d’amour peut-il condamner les hommes à l’étang de feu ? Comment concilier la colère et la miséricorde chez le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ? La réponse nous est donnée ici. Le feu vengeur de l’enfer fait partie de Dieu, c’est une partie intégrante inéluctable de sa nature, car ce sont les mêmes flammes qui brûlent dans l’amour au céleste royaume. Si Lucifer et ses armées, puis les hommes séduits par lui, ne s’étaient pas détournés du royaume de la lumière de Dieu vers le royaume de son feu, nul n’aurait jamais connu ni éprouvé le caractère féroce et infernal de ces flammes.

Des êtres faits pour vivre en union avec le Père des lumières, au sein de la beauté et des bénédictions célestes, ont ainsi décidé, de leur libre choix, d’éteindre la lumière et de se plonger illicitement au sein des forces obscures et féroces de l’indépendance personnelle. Ils se retrouvent désormais sous l’emprise irrésistible et les tourments de leur orgueil, de leur colère et de leurs passions, consumés par leurs propres convoitises cependant jamais satisfaites, dans les brûlures jamais adoucies de la roue tourbillonnante de leurs désirs en conflits. Ce tumulte même et cette rage sont pourtant encore en eux l’impulsion de Dieu, mais Dieu dans sa colère et non Dieu dans sa miséricorde. la nature de tout être : ange, démon ou homme, n’est qu’une flamme du feu central et se nourrit éternellement de cette source brûlante. Mais envers ceux qui pratiquent la miséricorde, il se montre miséricordieux dans le doux feu de l’amour, tandis qu’avec les pervers, il agit selon leur perversité : Psaume 18,26-27. C’est un feu consumant de colère brûlant dans l’orgueil, la malice et la rage de ces personnalités perverties. Tel est l’enfer. Tout autant que le ciel, c’est une partie de l’inéluctable nature des choses. Car le ciel et l’enfer sont en réalité les deux faces d’un même élément éternel : feu consumant de la vie qui est la nature de Dieu, qui brûle dans l’amour ou dans la colère, suivant que nous nous plongeons nous-mêmes dans l’un ou l’autre.

LA NATURE DE L’ENFER

Dieu n’a pas fait l’enfer. Dieu a seulement fait le ciel et toutes choses pour qu’elles aient la nature du ciel. Lucifer et ses disciples rebelles ont fait, en se coupant eux-mêmes de la bonté et de l’amour célestes, la découverte du brasier inconnu et caché qui est la source de la lumière céleste, roue ardente de la nature propre fondamentale de Dieu. C’est cela qui est alors devenu leur royaume, le feu de leur enfer, à la fois en eux-mêmes et dans leur sphère d’activité : cette terre qu’ils ont corrompue. Ils ne peuvent connaître qu’un Dieu de colère et de jugement, de violence et de fureur, un Dieu de vengeance, de tempête et de destruction.

L’enfer est ainsi devenu, non tant un lieu qu’une manière d’être. partout où le moi rebelle domine, c’est l’enfer : c’est là que brûle la colère de Dieu. Au-dedans, là où les flammes de l’emportement, de la haine, de la malice et de la convoitise font rage dans l’âme, là est l’enfer. Au-dehors, là où la guerre, la rapine, la maladie ou la mort étendent leur marche sournoise, là aussi se trouve l’enfer. Tout cela est encore le royaume de Dieu, mais c’est le royaume du courroux de Dieu. Tous y sont encore les enfants de Dieu, mais les enfants de la colère de Dieu.

Sur notre terre, la miséricorde est mêlée au courroux, car nous sommes encore dans un temps de probation et de salut. Deux royaumes sont en lutte au-dedans et autour de nous, celui des ténèbres et celui de la lumière. Toutes choses comprennent du bien et du mal mélangés. S’il y a des épines, il y a aussi des roses ; s’il y a la nuit, il y a aussi le jour ; s’il y a des poisons, il y a aussi des mets nourrissants et sains. Mais la nuit vient, l’éternelle obscurité, où habitent déjà les anges apostats et où aucun signe de pitié ne se mêle, comme sur la terre, aux fruits de la colère : ni soleil, ni fleur, ni fruit, rien de beau ni d’amical parmi les créatures, mais seulement les rouages angoissants d’un individualisme insatiable et apostat, la fureur, l’égoïsme, les passions inassouvies des hommes et des anges définitivement fixés dans une personnalité de démons.

C’est l’enfer sous sa forme ultime : la demeure éternelle que s’est taillée dans les ténèbres du dehors, la libre volonté d’êtres libres qui ont préféré le royaume du moi au royaume de Dieu, et qui se sont obstinés dans leur choix. Est-ce l’enfer de Dieu ? Oui, car tout est à Dieu. Un tel enfer est-il dans le plan de Dieu, dans sa volonté et est-il son oeuvre ? Mille fois non. Ce qui a amené l’enfer à l’existence, c’est la volonté rebelle de ses créatures. C’est la pénétration illicite dans un domaine de forces qui, en Dieu et en ses créatures, n’existent que pour être en universelle bénédiction et c’est la perversion de ces forces pour des fins égoïstes. La conséquence en est que l’harmonie s’est transformée en discorde, la paix en guerre, l’amour en haine, la joie en douleur, constituant les éléments mêmes de l’état infernal.

D’après Norman Grubb : La loi de la foi !

Publicités