HISTOIRE

C’est dans le livre de la Genèse que, pour la première fois, il est fait mention de Jérusalem. Alors qu’Abraham revenait vainqueur d’une bataille qui l’opposa à cinq rois locaux, il vit venir à sa rencontre un mystérieux personnage appelé Melchisédek, qui était le roi de Salem (Genèse 14,18). C’est dire que cette ville est l’une des plus anciennes au monde.

Il faudra cependant plusieurs siècles pour que la ville devienne la capitale d’Israël. Le fait en revient au roi David qui en fera sa cité, la forteresse de Sion (2 Samuel 5,5 à 7). A partir de ce moment se produisit pour Jérusalem un fait capital qui, s’il est ignoré, rend incompréhensible ce qui se passe encore de nos jours avec cette ville. Ce fait provient du désir qu’eut David, une fois monté sur le trône, de bâtir une maison à Dieu. L’idée ne fut pas rejetée par Dieu, mais amendée. Parce que David avait versé beaucoup de sang dans des guerres multiples, Dieu demanda que ce ne soit pas lui, mais son successeur, son fils Salomon, qui lui construise un temple. Restait à savoir dans quel lieu il serait construit. La réponse vint à David sous la forme d’un exaucement de prière. Ayant offert des sacrifices sur l’aire d’Ornan, Dieu arrêta la main de l’ange envoyé pour détruire Jérusalem suite au péché du roi. David choisit donc tout logiquement ce lieu pour édifier la maison de Dieu (1 Chroniques 22,1).

LE LIEU CHOISI PAR DIEU

Depuis le jour où Salomon construisit le temple, la Bible mentionne ce lieu comme celui que Dieu a choisi pour y faire résider son nom (Néhémie 1,9). C’est là, en effet, qu’étaient offerts tous les sacrifices à Dieu de la part du peuple de Dieu. C’est de là que Dieu entendra les prières de son peuple. Et si, devenus captifs, les Israélites, du lieu où ils se trouvent, crient à Dieu en direction du pays qu’il leur a donné, de la ville qu’il a choisie et de la maison qu’il a bâtie pour lui, alors Dieu entendra du ciel leurs supplications et défendra leur droit (1 Rois 8,48 à 49).

Jérusalem et son temple ne sont donc pas sur la terre des endroits comme les autres. Les prophètes Ezéchiel et Osée, entre autres, l’ont bien compris. Ezéchiel vit au moment de la déportation la gloire de Dieu quitter la ville et le temple (Ezéchiel 11,22 à 23). Osée comprit que la déportation ouvrait une période au cours de laquelle il n’y aurait plus de prêtres, ni de sacrifices offerts à Dieu, une période qui ne serait pas courte, mais longue (Osée 3,4). La prophétie d’Osée se réalisa en partie pendant les 70 années d’exil annoncées par le prophète Jérémie (Jérémie 25,11-12 ; 29,10). Passée sous la domination babylonienne, Jérusalem, à partir de ce moment, ne sera plus jamais vraiment libre. Livrée aux nations, commencera pour elle le temps des nations, temps qui, à ce jour, n’est pas encore entièrement révolu.

LE TEMPS DES NATIONS

Le temps de la domination de Jérusalem par les nations a commencé avec les babyloniens. Mais il ne s’est pas arrêté là. Après eux, Jérusalem sera soumis aux Perses qui manifesteront une certaine bienveillance et tolérance envers les Juifs. En ce temps, le peuple de Dieu retournera partiellement sur ses terres pour reconstruire le temple et la ville (livre d’Esdras et de Néhémie). Mais Jérusalem n’était pas totalement libre. Après les Perses, ce fut le tour des Grecs de dominer Israël. C’est au cours de cette période qu’Antiochus Epiphane résolut, en l’an 168 av J-C, d’helléniser Jérusalem. Il érigea dans le temple de l’Eternel une statue de Zeus Appollon (ou de Baal), se mit à offrir en sacrifice des porcs et s’entoura de nombreux éphèbes pour le service du culte. Son apostasie provoqua la révolte des Maccabées qui finirent par reprendre à la fois le temple et la ville.

A la période grecque succéda la période romaine. Ce fut sous la domination de Rome qu’Israël commit le plus grand crime qui soit : le rejet de son Messie, le Fils de Dieu envoyé pour son salut. Les Juifs poussèrent alors leur folie jusqu’à formuler une prière d’imprécation (de malédiction) contre eux-mêmes : Que son sang retombe sur nous et nos enfants (Matthieu 27,25). Ils ne mesurèrent pas à ce moment-là ce qu’ils disaient et ce que serait la suite de leur histoire. Jésus, qui n’ignorait rien de ce qui allait se produire pour lui et pour eux, l’avait annoncé d’avance à ses disciples :

« Lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que sa désolation est proche.  Alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes, que ceux qui seront au milieu de Jérusalem en sortent, et que ceux qui seront dans les champs n’entrent pas dans la ville. Car ce seront des jours de vengeance, pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit.  Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! Car il y aura une grande détresse dans le pays, et de la colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis. (Luc 21,20 à 24).

Près de 2 000 ans après, force est de constater que la Parole de Jésus est stupéfiante de précision. La prophétie de Jésus se réalisa quelques décennies après qu’il l’ait prononcé. En l’an 70, Jérusalem est prise par le général romain Titus. Bien que celui-ci ait tout fait pour que le temple ne soit pas touché, il ne pourra empêcher son incendie par ses soldats. Une fois de plus, pour de longs siècles, les Juifs seront errants, sans patrie, et surtout, comme l’avait prédit Osée, sans temple et sans sacrifice.

Après la période romaine, Jérusalem vivra de 324 à 628 sous la domination byzantine. En l’an 638, Jérusalem est conquise par les Arabes. Une longue période s’ouvre jusqu’en 1099 au cours de laquelle Jérusalem sera sous domination musulmane. C’est au cours de cette période que le calife Abd-Al-Malik construit en 691 le dôme du Rocher à l’emplacement même du lieu de l’ancien temple. Un peu plus tard, entre les années 705 à 715, le calife Al-Walid y adjoindra la mosquée Al-Aqsa ou mosquée d’Omar.

La domination musulmane sur Jérusalem prendra fin avec les croisades. Après avoir tenu le siège de Jérusalem un certain temps, Godefroy de Bouillon, duc de Lorraine, prit la ville en 1099. Sa conquête donna lieu à un véritable massacre. Les rues de Jérusalem se changèrent en torrents de sang, les synagogues furent brûlées avec les Juifs qui s’y trouvaient. La conquête se solda par un bilan de près de 40 000 morts. Godefroy établit son frère Baudoin comme premier roi franc sur Jérusalem.

La domination franque de Jérusalem ne durera pas pour toujours. En 1197, le sultan kurde Saladin envahit Jérusalem et décapite le dernier roi franc. Jérusalem redevient musulmane, mais des accords sont trouvés pour permettre aux chrétiens d’y faire des pèlerinages. Saladin redonne aussi aux Juifs le Mur des Lamentations. En 1517 jusqu’en 1917, Jérusalem vit sa période ottomane sous domination turque. Soliman 1er dote la ville de nombreux aqueducs, portes et murs qui existent encore aujourd’hui. En 1917, la ville change une nouvelle fois de statut. Entrant à Jérusalem à pied, le général Allenby inaugure le temps où la ville tombe sous le mandat britannique. Celui-ci prendra fin le 14 mai 1948 par une décision des Nations Unies, redonnant aux Juifs la souveraineté sur leur Etat.

ET DEMAIN ?

Le 14 mai 1948, l’un des plus grands miracles de l’histoire se produisit. « Qui a jamais entendu rien de tel ? Qui a jamais rien vu de semblable ? Un pays peut-il naître un jour ? demandait, 7 siècles avant Jésus, le prophète Esaïe (Esaïe 66,8)» C’est ici ce qui arriva. Pour autant, les choses ne se déroulèrent pas dans la facilité. A peine les Britanniques quittèrent-ils la région que les Arabes déclarèrent immédiatement la guerre au nouvel Etat. Depuis le statut de Jérusalem (nom qui signifie ville de paix) est toujours aussi disputé. Comme le dit Zacharie, Jérusalem est devenue pour tous les peuples une pierre pesante qui meurtrit tous ceux qui essayent de la soulever (Zacharie 12,3).

Bien que Jérusalem ait été redonné aux juifs, plusieurs problèmes de taille demeurent insolubles. Aucune capitale des autres nations n’a jusqu’à ce jour osé reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Le fait se prouve par le fait que les ambassades de tous les pays ne se trouvent pas à Jérusalem, mais à Tel-Aviv. Donald Trump, pour la première fois, a évoqué la possibilité de transférer l’ambassade des Etats-Unis dans cité de David. Il signerait par là un acte qui serait lourd de conséquences. L’Unesco a voté dernièrement contre l’histoire une résolution qui donne aux musulmans les lieux saints de Jérusalem. Il reste surtout un problème de taille à résoudre. Dieu a choisi, à l’endroit où se trouve le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa, le lieu où il a fait résider son nom. Ce lieu est le seul qui convient aux Juifs pour reconstruire leur temple.

Les mètres carrés de cet endroit unique sur terre ont été désignés comme les mètres carrés les plus explosifs de la planète. Ce sont le statut de ces mètres carrés qui risquent de nous conduire vers la 3ème guerre mondiale, une guerre qui, selon Jésus, sèmera une terreur et une détresse telles qu’il n’y e n aura jamais eu de semblable depuis que le monde existe (Matthieu 24,21).

 

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