LE JUSTE JUGE

Alors qu’il est en débat avec Dieu au sujet des crimes qui se commettent à Sodome, Abraham fait appel au sens de la balance justice qui habite en lui. Abraham sait que son neveu Loth habite Sodome. Si les gens de Sodome sont pervertis jusqu’à l’os, Abraham interroge Dieu : un jugement global, sans égard pour ceux qui seraient justes dans la ville, est-il équitable de la part de Dieu ? « Le juge de toute la terre n’agirait-il pas selon l’équité : Genèse 18,25. »

Pour la première fois dans la Bible, le titre de Juge est donné à Dieu. Si Dieu est le Juge de toute la terre, Il ne l’est que pour une seule raison que relève le patriarche. C’est que Dieu plus que tout autre est habité par le sens de la justice et de l’équité. Aussi pouvons-nous être sûrs que lorsque Dieu prononce un jugement, aussi sévère puisse-t-il paraitre, ce jugement est juste, conforme au droit. « L’Eternel siège sur son trône en juste Juge… L’Eternel était sur son trône lors du déluge : Psaume 9,5 ; 29,10. »

Entrons plus avant dans cette notion de la justice que Dieu est appelée à rendre. Posons-nous les questions suivantes : qui jugera le monde, les hommes ? Sur quelles bases, à partir de quels critères ? Que pouvons-nous apprendre du jugement de Dieu ?

QUI JUGERA LE MONDE ?

  1. DIEU

 

L’Ecriture l’affirme à de nombreuses reprises : Dieu est et sera le Juge de tous les peuples : Psaume 9,9. Il est le juge de la terre : Psaume 58,12 ; 82,8 ; 94,2. Il juge les nations avec droiture, c’est-à-dire sans partialité aucune, en tenant compte de leurs crimes et de la connaissance qu’elles ont eu de lui : Psaume 96,10.

 

  1. DIEU PAR JESUS-CHRIST

 

Parce que le Fils de Dieu est devenu homme, Dieu le Père, dit Jean, lui a remis le jugement : Jean 5,27. Dieu le Père aurait toute légitimité de juger lui-même les créatures humaines. N’est-il pas leur Créateur ? Par « excès » de justice, le Père a décidé de remettre cette responsabilité au Fils qui, contrairement à lui, a partagé la condition humaine. Au jour du jugement, c’est donc face à quelqu’un qui fut homme, et qui sait donc ce qu’il en est de vivre dans cette condition, que les hommes se trouveront. Pierre  confirme ce que dit Jean : « Jésus nous a ordonné de prêcher au peuple et d’attester que c’est lui qui a été établi par Dieu juge des vivants et des morts : Actes 10,42. »

 

  1. LES CROYANTS

 

D’une manière mystérieuse, Paul affirme que les saints jugeront le monde et les anges : 1 Corinthiens 6,2 et 3. Il peut y avoir deux raisons à cela. La première est que, associés à Jésus-Christ, les saints sont si intimement liés à lui qu’ils participent à tout ce qui le concerne. La seconde est que la condition de saints dans ce monde ne fut pas, loin s’en faut, très heureuse. Au cours de l’histoire, les saint ont souvent été jugés, condamnés, persécutés par le monde rebelle à Dieu et soumis à l’influence des puissances spirituelles qui lui sont hostiles. Le fait que les saints jugent le monde et les anges (déchus) est un juste retour des choses.

 

QUI SERA JUGE ?

 

  1. LES CROYANTS

 

tribunal-recompenseS’ils participent au jugement du monde, les croyants ne seront pas dispensés de comparaître devant le tribunal de Christ. Leur comparution n’a cependant pas pour but la condamnation, mais l’évaluation de ce que fut leur vie dans la foi. « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps : 2 Corinthiens 5,10. » L’objectif de cette évaluation est unique : il ne s’agit pas de rappeler aux croyants ses péchés qui ont tous été effacés par le Christ, mais d’attribuer à chacun dans le royaume de Dieu le rang et la mesure de gloire qui lui revient pour ses actes de probité, d’amour et de justice.

 

Il est notoire que, déjà dans le Nouveau Testament, jamais il n’est fait mention des hommes de Dieu de l’Ancien Testament pour leurs fautes, mais pour leur foi et leur amour pour Dieu. C’est comme si, devant Dieu, le souvenir en est déjà effacé. Ne subsistent que les actes, les attitudes qui L’ont honoré !

 

  1. LES INCROYANTS

 

Il faut entendre par là tous ceux qui ne se seront pas mis à l’abri du jugement en croyant en la valeur de la mort substitutive de Jésus pour leurs péchés. Ce jugement final de chaque homme est souvent qualifié de dernier. Il l’est en raison du fait que nul appel, nul recours ne sera possible pour en annuler le verdict. La sentence décidée par le Juge s’exécutera dans sa plénitude et pour l’éternité !

 

Il y a, avant le jour du jugement dernier, des évènements qui, ici-bas, sont comme une anticipation du jugement final. Le premier est celui de la mort qui fauche tout homme. Dès le seuil de la mort franchi, l’Ecriture montre que chacun se trouve déjà fixé sur la destinée qui l’attend. Le récit de Jésus sur le riche impitoyable et le pauvre Lazare est explicite : Luc 16,19 à 31. Sitôt mort, le riche est dans le séjour des morts dans l’attente du jugement final et le pauvre consolé dans le sein d’Abraham, le père des croyants. Le second est celui des évènements historiques qui se produisent ou se sont produits dans l’histoire. Aussi brillantes qu’aient été certaines civilisations, elles ont disparu en ne laissant derrière elles que ruines (Ninive, Babylone, Sodome et Gomorrhe…). Il arrive ainsi qu’avant le grand règlement final, Dieu règle déjà certains comptes. Prenons-en acte pour craindre Son jugement ! Le troisième, le plus important, tient au Christ. A côté de sa croix ont été dressées deux croix pour deux hommes, représentant deux parties de l’humanité. Si l’un échappera au jugement final, l’autre ne recevra du Christ aucune promesse de salut pour son âme. Le Christ est la ligne de démarcation entre les sauvés et les perdus dès aujourd’hui.

 

SUR QUELS CRITERES SERONS-NOUS JUGES ?

 

  1. NOS ŒUVRES

 

L’affirmation est récurrente dans la Bible. Dieu juge selon ce que sont les œuvres de chacun et, là aussi, il n’y a pas d’impartialité : 1 Pierre 1,17. « Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges ; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres : Matthieu 16,27. » « La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le séjour des morts rendirent les morts qui étaient en eux ; et chacun fut jugé selon ses œuvres : Apocalypse 20,13. » Nous pouvons penser être justes. Mais Dieu tient la comptabilité exacte de toutes nos œuvres. Elles sont les faits à partir desquels se prononcera son jugement sur tout être.

 

  1. NOS MOTIVATIONS SECRETES

 

Les œuvres ne disent pas tout. Quelqu’un peut ainsi, en apparence, faire du bien avec des arrière-pensées loin d’être nobles. Quelqu’un peut tous les dimanches pratiquer sa religion sans pour autant n’avoir aucune envie d’obéir à Dieu. C’est pourquoi, dit Paul, « Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes : Romains 2,16. » Les seules motivations qui plaisent à Dieu sont celles qui se trouvaient dans le cœur de Jésus-Christ. C’est elles qui sont à l’origine de tous ses actes. Dieu évaluera à la lumière de ce critère ce que valaient les motivations à l’origine des actes de chacun.

 

  1. NOS PAROLES

 

« Je vous le dis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée.rumeur Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné : Matthieu 12,36-37. » C’est ici une parole de Jésus. Jacques le dit : la langue est sans doute l’organe que nous avons le plus de mal à contrôler. Aussi arrive-t-il souvent que nos paroles nous trahissent. Or, Dieu entend tout, non seulement les paroles que nous exprimons devant les autres, mais aussi celles que nous nous disons à nous-mêmes. Nous voyons déjà ici-bas toute la difficulté qu’a un homme pour se justifier quand ses paroles le trahissent. Soyons certains qu’au jour du jugement, nous aurons la bouche fermée !

 

  1. LE LIVRE DE VIE

 

Si le livre des œuvres des hommes est ouvert au jour du jugement, il y en a un autre qui, lui aussi, l’est à côté du premier : c’est le livre de vie. « Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d’après ce qui était écrit dans ces livres.  La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le séjour des morts rendirent les morts qui étaient en eux ; et chacun fut jugé selon ses œuvres.  Et la mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu. C’est la seconde mort, l’étang de feu. Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu : Apocalypse 20,12 à 15. »

 

Le livre de vie est en quelque sorte l’état-civil du ciel. Sur ce livre sont inscrits tous les noms de ceux et celles qui sont nés de nouveau, enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ. Pour eux, selon la promesse de Jésus, il n’y a plus de jugement. La rétribution de leurs péchés a été assumée par Jésus-Christ en qui ils ont mis leur foi pour leur salut. L’entrée dans le royaume de Dieu leur est donc accordée. Cher lecteur, t-y retrouverais-je ?

 

REFLEXIONS

 

Le principe du jugement est la manifestation, la venue au jour de la vérité de toute notre vie, de tout ce que nous aurons fait et faisons, y compris nos mouvements intérieurs. Dieu regarde au cœur. Le jugement, c’est le voile qui se lève sur ce qu’a été la vraie réalité de la vie de tous. Un jour, tout sera mis en lumière : le jugement correspond à cette nécessité. Le jugement, c’est l’apocalypse de la vie. Le jugement fera connaître qui a vécu sous couvert de Jésus-Christ et qui l’a méprisé !

 

Le jugement signifie que la réalité globale n’est pas neutre ou indifférente. S’il n’y avait pas de jugement, cela voudrait dire que la réalité ne sanctionne pas, ne réagit pas, ni face au crime, ni face au bien. A cause de la patience de Dieu, cela peut sembler le cas, mais cela ne l’est pas. Face au mur de la justice, chacun devra se rendre compte que cela fait mal de commettre l’injustice. Il y a souci du juste et du bien de la part de Dieu : c’est ce que révèlera le jugement. Le jugement est facteur d’espérance pour tous ceux qui ont faim et soif de justice.

 

Le jugement est l’heure de Dieu. Ce n’est pas seulement un mécanisme judiciaire, mais la décision d’un Dieu personnel. Le visage du Juge est Celui de Jésus-Christ. Si nous connaissons l’amour du Juge dès maintenant, nous n’avons pas à Le craindre pour demain dans le jugement. Que le Christ soit votre refuge avant qu’il ne soit votre juge !

 

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