TEXTE BIBLIQUE

Souffre avec moi, comme un bon soldat de Jésus-Christ. Il n’est pas de soldat qui s’embarrasse des affaires de la vie, s’il veut plaire à celui qui l’a enrôlé ; et l’athlète n’est pas couronné, s’il n’a combattu suivant les règles. Il faut que le laboureur travaille avant de recueillir les fruits. Comprends ce que je dis, car le Seigneur te donnera de l’intelligence en toutes choses. Souviens-toi de Jésus-Christ, issu de la postérité de David, ressuscité des morts, selon mon Evangile, pour lequel je souffre jusqu’à être lié comme un malfaiteur. Mais la parole de Dieu n’est pas liée.
C’est pourquoi je supporte tout à cause des élus, afin qu’eux aussi obtiennent le salut qui est en Jésus-Christ, avec la gloire éternelle : 2 Timothée 2,3 à 10.

 

METAPHORES

Conscient de la lutte dans laquelle est engagé pour l’Evangile le serviteur de Dieu, Paul utilise trois métaphores destinées à illustrer sa condition dans le monde :

CELLE DU SOLDAT

L’image suggère trois réalités. La première est celle d’un contexte de guerre. Le Seigneur l’a laissé clairement
entendre à Ses disciples. « Il n’est pas venu, dit-il, apporter la paix, mais l’épée : Matthieu 10,34. » Les disciples de Jésus ne doivent pas s’attendre à ce que leur adhésion à Sa seigneurie se passe tranquillement. Elle provoquera inévitablement, dans le cercle de ses proches, du remous, de la division, à tel point, dit-Il, que l’homme aura pour ennemis les gens de sa propre maison : Matthieu 10,35-36. Pour autant, Paul le rappelle : notre vrai combat n’est pas contre la chair et le sang, mais contre les dominations et les puissances des ténèbres qui gardent captives les âmes de ceux qui ne sont pas à Christ : Ephésiens 6,12. En guerre, le soldat de Jésus-Christ ne vit pas comme les autres. Comme les militaires d’aujourd’hui habillés en treillis et armés de mitraillettes, il doit veiller à être équipé de tout l’équipement et de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister au mauvais jour et tenir bon après avoir tout surmonté : Ephésiens 6,13.

 

La seconde est celle de la souffrance.  Il n’existe aucun champ de bataille dans le monde sur lequel celle-ci n’existe pas. La souffrance du soldat n’est pas seulement liée aux éventuelles blessures physiques dont il peut être atteint. Elle peut aussi d’ordre psychologique face à la dureté du combat et de la confrontation avec l’ennemi. Il n’y a nulle guerre qui n’engendre chez ceux qui sont les plus exposés des traumatismes. Il n’est pas étrange que les disciples de Christ les plus engagés soient aussi ceux qui souffrent le plus de toutes les manières. La vie de Paul en est l’exemple le plus manifeste : 2 Corinthiens 11,23 à 29.

 

La troisième, soulignée ici particulièrement par Paul, est la disponibilité. Tout soldat qui veut plaire à celui qui l’a enrôlé ne peut se permettre de s’embarrasser des affaires de la vie, dit l’apôtre. La condition du disciple de Jésus dans ce monde n’est pas celle d’une promenade de santé. Il n’est pas ici-bas pour s’établir, mais pour combattre. Le repos, la récompense viendront pour lui après le combat, lorsque tous les ennemis de son Seigneur seront devenus Son marchepied : Hébreux 10,13. Le dernier ennemi qui sera vaincu, dit Paul, est la mort : 1 Corinthiens 15,26.

 

Celle de l’athlète

 

L’image suggère également trois vérités. La première est que le disciple de Christ est engagé dans une course qui ne s’achève qu’au moment où il quitte ce monde : 2 Timothée 4,7. L’idée principale qu’évoque ici l’image que Paul utilise est que la vie chrétienne ne doit pas être envisagée comme un 100 mètres qui nécessite un effort intense d’une durée limitée. Elle est plutôt comparable à un marathon qui exige endurance et persévérance. Comme il en est pour la vigilance du soldat, il n’y a aucun moment au cours duquel le coureur de fond peut faire preuve de relâchement. Tout son être est tendu et investi dans l’effort qu’il fournit pour atteindre le but : Philippiens 3,12 à 14.

 

La seconde est que la motivation qui porte le coureur qu’est le disciple de Christ est le couronnement qui conclura son effort. Paul l’affirme nettement dans ses écrits : en ce qui concerne le but pour lequel il court, il n’y a aucune fausse modestie à avoir. Tels les athlètes de ce monde, le chrétien ne doit pas viser moins, au bout de sa course, que la couronne. Les sportifs des Jeux Olympiques le font pour une couronne corruptible. Nous, dit Paul, nous le faisons en vue d’une couronne incorruptible : 1 Corinthiens 9,25. Trouvons-nous la course dans laquelle nous sommes engagés trop dure, trop exigeante ? Fixons les regards sur la gloire qui nous attend et la récompense qui nous est réservée ! Seule cette vue justifie les efforts, les renoncements et les abstinences qu’il nous en coûte aujourd’hui ! La vie chrétienne est exigeante, pleine d’afflictions. Mais, nous assure Paul, au regard du poids de gloire qu’elles produiront pour nous en éternité, elles pèsent finalement très peu et valent la peine : 2 Corinthiens 4,17.

 

La dernière réalité suggérée est que, pour recevoir sa récompense, le coureur doit respecter les règles de la course. Les derniers Jeux Olympiques l’ont prouvé. Il ne suffit pas d’être l’un des premiers à franchir la ligne d’arrivée pour être médaillé. Encore faut-il ne pas tricher. Dans la course qu’il poursuit, le disciple de Jésus ne peut pas faire ce qu’Il veut. Il a à se conformer à des règles précises fixées par le Maître. S’il ne les suit pas, il a beau courir : il le fait pour rien. Le résultat ne sera pas la récompense, mais la disqualification : 1 Corinthiens 9,27. Quelles sont les règles de la course ? C’est la Parole de Dieu qui les dicte ! La règle principale est que tout disciple de Christ doit renoncer à vivre dans le péché. Rien, en effet, ne nous fait autant passer à côté du but que la désobéissance à Dieu. La seconde est que la confession du péché et la repentance, qui nécessite l’abandon du péché, doivent être la règle immédiatement suivie lorsque les pieds du disciple dévient de la voie droite. Qui suit chaque jour ces deux règles simples se gardera de bien des déboires.

 

Celle du cultivateur

 

L’image évoque également trois réalités. La première est que la vie chrétienne n’est pas de tout repos. Elle est un travail de l’âme, tout d’abord, qui nécessite effort et courage. Certes, il faut le dire et le redire : nul chrétien ne le devient par ses œuvres. C’est par la grâce de Dieu seule que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi : Ephésiens 2,8. Mais la grâce que nous avons reçue ne nous laisse en aucun cas passif pour le développement futur de notre vie chrétienne. Ayant part, par la puissance de Dieu, à la nature divine, Pierre encourage ses lecteurs à produire tous les efforts possibles pour joindre à leur foi la force morale, à la force morale la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la persévérance, à la persévérance la piété, à la piété l’affection fraternelle, à l’affection fraternelle l’amour. En effet, ajoute-t-il, si ces qualités sont en vous et y foisonnent, elles ne vous laisseront pas sans activité et sans fruit (comme il en est pour le cultivateur) pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ : cf 2 Pierre 1,3 à 8. Outre la vie reçue par grâce, les Evangiles et les épîtres nous rappellent que chacun de nous est le bénéficiaire de multiples dons et talents. Le Seigneur a prévenu sévèrement Ses disciples du fait qu’il n’y a aucune place dans le royaume de Dieu pour les paresseux : Matthieu 25,26 à 30. Le serviteur qui n’exploite pas le talent que le Maître lui a confié est inutile. Pire ! Il prouve par là qu’il n’a aucune conscience de la grâce qu’il a reçue. Il ne se comporte pas autrement que les incrédules et partagera donc leur sort.

 

La seconde est que le travail de la vie chrétienne est un travail porté uniquement par la foi. Tout cultivateur le sait : la raison pour laquelle il se lève le matin et besogne toute la journée ne se verra pas le soir. Des semaines entières passeront sans qu’il ne voie rien du fruit du labeur qu’il aura effectué. La véritable récompense du cultivateur lui est donnée au jour de la moisson. C’est parce qu’il croit en elle, sans la voir encore, qu’il se donne tant de peine. Ils sont légion les serviteurs de Dieu qui, à un moment ou un autre de l’histoire, ont peiné sans rien avoir vu du fruit de leurs efforts. Comme les héros de la foi du temps passé, ils n’ont pas obtenu dans cette vie ce qui leur avait été promis : Hébreux 11,39. Pour autant, leur attente et leur espérance n’ont pas été vaines. L’auteur biblique dit à leur sujet qu’une résurrection supérieure les attend : Hébreux 11,35. Quelle que soit la dureté du terrain sur lequel il œuvre, le disciple de Jésus doit apprendre à vivre et marcher par la foi. La foi dépasse la vue. La vue s’arrête à ce qu’elle perçoit dans le présent. La foi est la certitude profonde des choses qu’on espère : Hébreux 11,1. Elle est la marque commune de tous les vrais croyants.

 

La troisième réalité est que c’est celui qui aura travaillé le plus qui méritera de se réjouir en premier au temps de la récolte. Tel est le décret de la justice de Dieu envers Ses serviteurs. A celui qui a, dit Jésus, on donnera et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a : Matthieu 25,29. Puisqu’il en est ainsi, dit ailleurs l’apôtre à ses frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, progressez toujours dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail, dans le Seigneur, n’est pas inutile : 1 Corinthiens 15,58.

 

Alors qu’il est sur le point de quitter la terre, Paul, au regard de son parcours, fait preuve (et c’est la première et dernière fois) d’autosatisfaction à son sujet. J’ai mené le beau combat du soldat, dit-il. Tel l’athlète, j’ai achevé la course. Pareil au cultivateur, j’ai gardé la foi. Désormais, la couronne de justice m’est réservée : 2 Timothée 4,7-8. Qu’au jour de notre grand départ, son assurance soit aussi la nôtre !

 

MOTIVATIONS

 

Si la souffrance est le lot courant de la vie du disciple, elle n’a de sens qu’en raison de ce qui en fait l’objet. Le chrétien ne souffre pas par plaisir ou parce que la souffrance aurait en elle-même une vertu sanctifiante. Paul précise ici les deux raisons qui le motivent à prendre part à la souffrance inévitable qu’engendre l’annonce de l’Evangile. En tant que disciple de Jésus et serviteur de Dieu, il vaut la peine de souffrir :

 

A cause de Jésus, le Ressuscité d’entre les morts

 

Nous ne servons pas, en tant que chrétiens, un Seigneur martyr ou vaincu, mais un Seigneur victorieux, vainqueur de tous Ses ennemis. Il se peut, certes, qu’à cause de l’hostilité du monde, nous devions endurer beaucoup de choses, supporter de nombreuses souffrances. Mais une certitude remplit notre cœur : la cause que nous servons, à cause de Celui qui en est le centre, est gagnante. L’homme Jésus, le Fils de David, s’est relevé d’entre les morts. Il a été élevé à la droite du Père et partage avec Lui la royauté sur le monde. Aucune des souffrances que le peuple de Dieu connaît n’est vaine. Au contraire ! Elles témoignent mieux que des mots la certitude de la foi profonde qui l’habite. Face à la menace et aux tribulations auxquelles nous devons faire face, Paul a raison de nous rappeler qu’il nous faut surtout nous souvenir d’une chose : Jésus-Christ est ressuscité !

 

A cause des élus

 

Si Jésus est mort et ressuscité, c’est pour une seule raison. Il s’est donné Lui-même pour nous, dit Paul à Tite, afin de nous racheter de tout mal et de purifier un peuple qui soit Son bien propre et qui se passionne pour les bonnes œuvres : Tite 2,14. Si la mort de Jésus est pour tous, elle l’est d’abord pour Ses brebis : Jean 10,15. Parce que Paul sait que Dieu s’est choisi et réservé de toute éternité un peuple : Ephésiens 1,4, il estime qu’il lui vaut la peine de souffrir et de tout endurer pour l’Evangile. Ses souffrances ne sont pas vaines. Elles sont le prix qu’il doit payer pour que les élus entendent le message dont il est le porteur et accèdent au salut qui est en Jésus-Christ. Paul nous invite ici à bien peser la valeur des choses. A cause de Jésus, notre vie dans ce monde peut être difficile. Mais les souffrances du moment valent la peine, car elles ouvrent à beaucoup les portes du royaume de Dieu et de la gloire éternelle.

 

Soyons prêts, jusqu’à ce qu’Il revienne, à tout endurer pour l’Evangile, à cause de Jésus ressuscité et de la gloire éternelle des élus !

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