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Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui parlait comme un dragon. Elle exerçait toute l’autorité de la première bête en sa présence, et elle faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête, dont la blessure mortelle avait été guérie. Elle opérait de grands prodiges, même jusqu’à faire descendre du feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes. Et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer en présence de la bête, disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête qui avait la blessure de l’épée et qui vivait.  Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués.  Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six : Apocalypse 13,11 à 18

La marque de la bête a fait couler beaucoup d’encre. Tout au long des siècles, des personnes de tous bords ont cherché à identifier qui serait la bête des derniers temps au moyen de son nombre. On sait, en effet, que les Grecs et les Romains (ainsi que les Hébreux de l’époque tardive), employaient les lettres de l’alphabet comme signes numériques. L’addition de ces signes donnait un total. On a retrouvé, à titre d’exemple, une inscription qui disait : « Celle que j’aime a le nombre 545. » Par ce procédé, beaucoup se sont mis à calculer, à partir de noms existants, la somme à laquelle on pouvait arriver. C’est ainsi que, pour 666, Néron, le pape, Mahomet, Napoléon ou Hitler purent être identifiés comme l’éventuel Antichrist biblique.

Mon propos, à travers cet article, ne sera pas d’aller dans cette direction. Je ne ferais, comme ceux qui m’auraient précédé dans cette démarche, que me tromper. Il y a, au travers du texte biblique de l’Apocalypse, autre chose à découvrir au sujet de la marque de la bête. Cet enseignement n’est accessible qu’à ceux qui se donnent la peine de le comparer à d’autres textes bibliques dans lesquels le même symbolisme, une marque sur la main ou sur le front, apparaît.

L’ENSEIGNEMENT MAJEUR DU TEXTE APOCALYPTIQUE

Ce que le texte de Jean montre est, qu’au temps de l’Antichrist, la marque imposée sur la main et le front des sujets de la Bête sera une condition de survie. Plus personne ne pourra acheter, ni vendre, faire des affaires sans avoir cette marque sur lui. Cette marque est, en même temps, un système d’identification universel. Il n’est pas interdit de penser qu’elle sera d’abord celle des gens du parti de la Bête. Puis, au moment où elle parvient au pouvoir absolu, elle est imposée à tous les habitants de la terre comme moyen de contrôle absolu des peuples.

La marque de la Bête n’est pas à assimiler avec une carte d’identité, même magnétique, qui peut être perdue ou falsifiée. Elle sera totalement personnelle, apposée sur le corps même de ceux qui la porteront. Ce sera une marque indélébile, inimitable qui permettra une identification immédiate de son porteur. Il sera quasi impossible de la refuser puisque toute activité liée à la vie ne pourra se faire sans elle. S’il ne s’agissait que d’une espèce de contrôle de la population, les enfants de Dieu, à la rigueur, dans l’obéissance aux autorités, pourraient s’y soumettre. Mais la marque sera plus que cela ! Elle sera, dit Jean, un signe d’allégeance et d’adoration envers la Bête. Ce sont ceux qui se prosternent devant la Bête et son image qui reçoivent une marque sur le front ou sur la main : Apocalypse 14,9 ; 16,2 ; 19,20.

De nos jours, la marque physique de l’Antichrist n’existe pas encore. Nul besoin de présenter notre main ou notre front pour nous identifier. Mais le marquage a déjà commencé. Il s’agit d’un conditionnement qui va amener progressivement à penser et agir selon les ordres de l’Antichrist. Jean nous dit que l’esprit de l’antichrist est déjà dans le monde. Par un lent travail de conditionnement, il va amener toute l’humanité à adorer un homme en qui celle-ci verra son salut. Lorsque cela aura abouti, le marquage physique se fera sans difficulté.

 

Notons que dans tout totalitarisme, le conditionnement précède toujours l’embrigadement. Comment les allemands purent-ils accepter que les Juifs soient marqués d’une étoile jaune au XXème siècle, si ce n’est qu’au travers des discours fleuve de Hitler ? Evoquant Jérusalem, Ezéchiel montre que l’esprit de Babylone l’imprégna bien avant que celle-ci ne tombe aux mains des Babyloniens. Avant que l’Antichrist ne se révèle, un marquage silencieux, mais efficace, se fera dans les esprits. Il l’est d’autant plus que ceux qui le subissent le vivent à leur insu, dans leurs pensées et leur inconscient. C’est en respirant à plein poumons l’air du temps que l’on inspire aussi son esprit.

 

TEXTES BIBLIQUES PARALLELES

 

  1. Exode 13, v 8 et 9

 

Le 1er texte biblique vétérotestamentaire avec celui de l’Apocalypse se trouve en Exode 13, v 8 et 9. Nous sommes ici au moment de la sortie d’Egypte. Dieu ordonne à Moïse que tout mâle premier-né dans les familles d’Israël lui soit consacré. Car c’est eux que le sacrifice de l’agneau, dont le sang a été répandu sur les linteaux des portes lors du passage de l’ange destructeur dans le pays, a racheté. Au jour de la Pâque, tout père devait enseigner à son fils ce qui s’était passé à ce moment-là :

 

« Tu diras alors à ton fils: C’est en mémoire de ce que l’Eternel a fait pour moi, lorsque je suis sorti d’Egypte. Ce sera pour toi comme un signe sur ta main et comme un souvenir entre tes yeux, afin que la loi de l’Eternel soit dans ta bouche ; car c’est par sa main puissante que l’Eternel t’a fait sortir d’Egypte : Exode 13,8-9. »

 

La fête de la Pâque est un signe de Dieu qui célèbre la délivrance d’un joug effroyable. C’est une fête de liberté et de salut pour le peuple de Dieu. Qui y participe, en est le bénéficiaire, est le sujet du marquage de Dieu. L’Apocalypse nous parle de deux peuples, l’un marqué par le sceau de Dieu (représenté par les 144 000 israélites : Apocalypse 7,4), l’autre marquée par la marque de la bête. A l’inverse de la Pâque, synonyme de rachat et de délivrance, le règne de la bête sera celui d’une dictature et d’une emprise totale sur la pensée et les actes de tous ceux qui lui seront consacrés. Que tous ceux qui tiennent à leur liberté individuelle ou qui espèrent un changement de leur condition le sachent : ces deux sujets ne seront plus ici d’actualité !

 

  1. Deutéronome 6,4 à 8

 

Le second texte est lié à la loi de Dieu :

 

« Ecoute, Israël ! l’Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel. Tu aimeras l’Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Tu les lieras comme un signe sur tes mains, et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux. »

 

Il parle de la vérité de la loi de Dieu qui doit imprégner la pensée du peuple de Dieu et conditionner ses actes. La vérité va jouer un rôle déterminant dans la fin des temps. Paul donne la raison qui fera que la bête aura pouvoir sur ceux qui se laisseront marquer par elle :

 

« L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés : 2 Thessaloniciens 2,9 à 12. »

 

Qui est attaché à la vérité de la Parole de Dieu et dans sa vie personnelle ne pourra être séduit par la bête. Qui aime et pratique le mensonge ne saurait lui résister. C’est pourquoi nous pouvons dire que le marquage de la bête a cours maintenant. La grande bataille de la fin des temps est celle de la vérité contre le mensonge ; déjà, les serviteurs de Dieu sont marqués du sceau de l’Esprit de vérité. Bientôt la Bête va marquer de son empreinte ceux qui la rejettent. Dans quel camp vous trouverez-vous ?

 

 

 

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