L’IVRAIE DU CHRISTIANISME

Dans le précédent billet, j’ai voulu montrer que l’humanisme est la forme politiquement correcte qu’a pris l’antichristianisme en Occident. Il ne pouvait, à mon sens, en être autrement. Comme le dit l’apôtre Jean, les véritables ennemis du christianisme surgissent d’abord de son sein. Telle l’ivraie, ils sont au milieu du champ où pousse le blé, se différenciant très peu de celui-ci. Puis, tout à coup, lorsque la semence se lève, il faut se rendre à l’évidence : il y a là quelque chose qui ressemble au blé, mais qui, fondamentalement, n’en est pas. C’est un ennemi qui l’a semé, dira Jésus. Il est à remarquer dans cette histoire que l’ivraie ne serait pas de l’ivraie, si elle n’était pas semée au milieu du blé. Ce qui donne à l’ivraie son caractère pernicieux est bien ce mélange, cette implantation qui fait qu’elle mêle ses racines de manière si étroite avec celle du blé qu’elle en devient quasi inséparable. Tel est l’humanisme en Occident, l’ivraie du christianisme. Il n’est pas étrange qu’il n’ait pas poussé sur une autre terre. Les conditions ne s’y prêtaient pas. L’Islam ne l’aurait pas reçu, ni l’hindouisme. L’humanisme ne peut se plaire que dans la terre du christianisme. Car c’est là, et là seul, qu’il y trouve les ingrédients nécessaires à sa croissance !

UN ANTICHRISTIANISME A VISAGE HUMAIN

De quel nom peut-on appeler l’humanisme, eu égard au christianisme ? Pour ma part, je n’hésiterais pas à l’identifier comme un antichristianisme à visage humain ! Alors que nos premiers parents se trouvaient en toute félicité dans le jardin d’Eden, une voix étrangère et suave s’est adressée à eux. Elle ne fut pas agressive, mais insidieuse. Elle ne leur délivra pas un message de haine à l’égard de Dieu, mais sema le doute. Elle ne leur proposa pas ouvertement la révolte, mais une promotion. « Vous êtes des créatures de Dieu ! Moi, je vous propose d’être comme Dieu. Je vous propose de faire de vous-mêmes le centre du monde ! Croyez en vous plus qu’en Dieu ! Vous n’avez pas besoin de Dieu pour être le sommet de tout ! » La tentation fut trop grande. Nos premiers parents préférèrent quitter ce qu’ils savaient de certains pour donner foi à la promesse d’un avenir utopique qu’ils n’avaient pas expérimenté. Contrairement à ce qu’ils pensaient, ils n’avaient pas quitté la foi. Ils en avaient juste échangé l’objet : la voix du Malin plutôt que la voix de Dieu. Il y a de fortes ressemblances entre ce qui s’est passé dans le jardin d’Eden avec l’histoire de l’Occident.

L’OCCIDENT : UNE BOUTURE DEGENEREE

L’Occident a été, dès le début du christianisme, l’objet d’un rare privilège. Alors que l’Evangile prit racine dans le judaïsme, très tôt l’ordre fut donné aux disciples du Christ de quitter leur propre cercle culturel pour aller le porter jusqu’aux extrémités de la terre. Les apôtres, en particulier Paul, exécutèrent en quelques années le mandat missionnaire reçu. Le livre des Actes nous rapporte qu’alors qu’il se trouvait dans la province d’Asie (la Turquie actuelle), Paul se proposait d’aller en Bithynie (une province au Nord du pays). Mais l’Esprit de Jésus s’y opposa. Dans une vision, Paul reçut l’ordre de se rendre en Macédoine. Conduit par Dieu, le choix fut décisif pour l’avenir du christianisme. Paul quitta l’Asie pour mettre le pied sur le continent européen. C’est là que le christianisme devait porter ses plus beaux fruits.

Prophète de la dernière heure, avant l’invasion par les babyloniens de la terre d’Israël, Jérémie pose une question qui traduit, de la part de Dieu, sa consternation quant à ce qui est arrivé à son peuple : « Moi, je t’avais planté comme un cépage de choix, un plant d’une qualité tout à fait sûre ; comment as-tu pu te changer pour moi en boutures dégénérées d’une vigne étrangère : Jérémie 2,21. » La question posée par Dieu peut être formulée en d’autres termes : Toi, qui avait reçu un héritage d’une telle qualité, comment as-tu pu le brader pour la médiocrité ? Toi qui avait été l’objet de tels privilèges, comment as-tu pu les tronquer pour t’aliéner à des choses de si piètre valeur ?

Ce qui est arrivé à Israël est aussi ce qui s’est produit pour l’Occident. Au bénéfice d’une parole et d’une révélation sans commune mesure avec ce que l’on trouve par ailleurs dans le monde, l’Occident a été pendant des siècles l’enfant gâté du christianisme. Mais voilà ! Comme tout enfant gâté, il ne s’est plus souvenu de l’incroyable privilège qui était le sien. Il a échangé ce qui était certain, ce qui lui avait été donné par la grâce de Dieu, pour l’aventure d’une utopie irréaliste. Il a préféré croire aux sirènes des promesses humaines plutôt qu’aux certitudes que donne la Parole de Dieu sur la vérité des choses.

 

L’HUMANISME : LE LIT DE LA BARBARIE

Ce qu’il n’a pas vu et compris, comme nos premiers parents, c’est de qui, de quel esprit il a reçu le message qui l’a détourné de la Révélation. Si la tentation de l’’humanisme est celle qui a fait chuter nos premiers parents, celui qui en est l’auteur n’a rien d’humain. Il est le diable, le menteur et le meurtrier, selon Jésus. Il ne faudra pas longtemps pour que nos premiers parents le constatent. La génération qui suivra sera celle de l’horreur, Caïn tuant son frère Abel. Si l’humanisme est un antichristianisme à visage humain, il ne faut pas ici hésiter à le dire : son inspiration est toute entière diabolique. Aussi ne sera-t-il pas étonnant qu’il conduise, par la Révolution française par exemple, au régime de la Terreur. L’humanisme, parce qu’il procède d’une source qui est hors de Dieu, ne peut faire que le lit de la barbarie. Nous l’avons vu, nous l’avons vécu, particulièrement en France ! Mais, la Terreur et deux guerres mondiales ne nous ont pas suffis ! Nous n’avons rien appris ! Nous continuons malgré tout à croire aux théories humanistes et  à les promouvoir, quitte à nous préparer de nouvelles et sanglantes sauvageries.

En quoi l’humanisme fait-il le lit de la barbarie ?

Je ne prétends pas ici être exhaustif. Je vais juste me contenter de formuler ici les idées les plus évidentes me venant à ce sujet.

 

  1. L’humanisme bannit la crainte de Dieu

 

Selon Salomon, c’est la crainte de Dieu qui est le commencement, ou l’ABC de la sagesse : Proverbes 9,10. En excluant ce fondement, l’humanisme défait l’homme du principal garde-fou le protégeant de toutes ses folies. La crainte de Dieu implique l’idée d’une redevabilité, d’un jugement, d’une rétribution à ses actes. Rien n’est si opposé à l’humanisme que l’idée d’un enfer, d’un état conscient, malheureux et éternel de l’homme, coupé de la source de la vie. Oui, s’il est un malheur premier que l’humanisme a produit en Occident, c’est celui-ci. Dieu n’a pas à être craint ! L’enfer n’existe plus ! Pire ! Il est considéré comme le lieu de toutes les libertés et de toutes les jouissances. Le réveil des humanistes sera dur…

 

  1. L’humanisme a une obsession suicidaire de l’égalité

 

Si l’homme et ses désirs sont au centre de tout, il est logique que nul ne peut juger pour autrui ce qui est bien et mal. Pour l’humaniste, il n’y a pas d’échelle objective qui soit hors de l’homme pour le mesurer. Chacun a sa propre vérité et doit vivre selon ce qu’elle lui ordonne. Que le Créateur ait pourvu l’homme et la femme de caractéristiques distincts n’est pas une vérité qui oblige à un certain type de comportement normatif. Ce qui prévaut est que chacun s’épanouisse dans ce qu’il sent, désire, pense qu’il est, suivant les orientations de sa nature.

 

L’obsession de l’égalité, qui n’est qu’une illusion contraire à la réalité, oblige à la tolérance, la grande vertu, supérieure à toutes les autres, des humanistes. Ce qui est intolérable ne devient pas le mal, mais c’est d’être intolérant. C’est ce qu’Allan Bloom a clairement démontré dans son livre « l’Ame désarmée », dont je vous livre ici quelques extraits :

 

« S’il y a une chose dont tout professeur qui enseigne dans une université américaine peut être sûr, c’est que chacun de ses élèves, au moment où il entreprend des études supérieures croit ou dit qu’il croit que la vérité est relative… Qu’on puisse considérer que cette proposition ne va pas de soi, voilà qui le stupéfie, un peu comme si l’on remettait en question le fait que deux et deux font quatre : il y a des choses évidentes auxquelles on n’a pas besoin de réfléchir… Ce qu’on leur a appris à redouter du dogmatisme, c’est l’intolérance. Le relativisme est nécessaire à l’ouverture d’esprit… La doctrine éducative récente dite « de l’ouverture » ne prête aucune attention aux droits naturels ni aux origines historiques qu’on considère désormais comme des notions essentiellement fausses et réactionnaires. La nouvelle éducation est progressiste et regarde vers l’avenir. Elle n’exige pas qu’il y ait un accord fondamental et elle n’oblige pas à renoncer à d’anciennes ou à de nouvelles croyances au profit des croyances naturelles. Elle est ouverte à toutes les espèces d’hommes, à tous les styles d’existence, à toutes les idéologies. Il n’y a plus d’ennemi, excepté l’homme qui n’est pas ouvert à tout. La conséquence insuffisamment remarquée jusqu’ici de cette doctrine, c’est qu’il n’existe plus de terrain commun ! »

 

L’obsession de l’égalité a une autre conséquence pernicieuse. Elle consiste à accorder aux minorités une attention, une écoute, une prise en compte de leurs demandes au même titre que celle de la majorité. Sans le dire, elle nie cependant ce qui fait l’identité d’un peuple : son histoire, son héritage. En privilégiant de manière non mesurée les droits des minorités, elle finit pas mésestimer ceux de la majorité qui, du coup, se trouve soudain stigmatisée. Se faisant, l’humanisme se met lui-même en danger. Car, si demain, la minorité privilégiée qu’il a aidé à grandir, prend le pouvoir et devient totalitaire, c’est sa propre disparition qu’il a favorisé.

 

  1. l’humanisme ne peut être qu’évolutionniste

 

C’est d’une telle évidence que la communauté scientifique, née de celle-ci, ne supporte pas d’autres conceptions. Qu’un univers aussi élaboré que celui dans lequel nous nous mouvons ne doive rien au hasard est pure absurdité ! Qu’il évolue selon un processus linéaire, qui implique qu’il y a eu un début par création et une fin déterminée, est insensé ! Que l’homme, sommet du processus évolutif, ne puisse pas être perfectible indéfiniment est inconcevable !

 

Aux évolutionnistes qui croient dur comme fer à ces principes, j’ai envie de dire ce que C.S Lewis leur dit. Si vous cherchez quel sera le prochain cycle de l’évolution de l’humanité, il y a un homme qui le représente. Il est venu il y a plus de 2000 ans sur terre, Il représente l’Homme nouveau, parfait, accompli. C’est Jésus-Christ. Il n’est pas seulement un homme nouveau, un spécimen de l’espèce. Il est, lui, l’Homme nouveau, l’origine, le centre et la vie de tous les hommes nouveaux qui le deviennent, à travers lui, par contagion.

 

CONCLUSION :

 

Il y aurait encore bien d’autres choses à dire sur les nuisances que véhicule, souvent à son insu, l’humanisme. L’une d’elles serait de dire toute la difficulté que l’humanisme a à juger, avec la gravité qu’il se doit, le mal commis. L’homme étant perfectible par lui-même, toutes les excuses, toutes les indulgences sont permises. L’éducation, la psychologie peut réussir là où l’horreur a pourtant montré son visage. Derrière chaque assassin, n’y a-t-il pas un homme bon au fond de lui-même ?

 

Nous disons, quant à nous, que l’homme ne peut être changé qu’en étant recréé. C’est le message de Jésus-Christ qui atteste qu’il nous faut naître de nouveau, d’en-haut, de Dieu, pour être régénéré de l’intérieur. Le véritable humanisme est celui que le Christ apporte : celui d’être fils et filles de Dieu, par la foi en son sacrifice rédempteur. Jésus est le nouvel Adam, le chef de la nouvelle humanité, affranchie de ses tares, de ses penchants, de son aliénation à sa nature mauvaise. Cette nouvelle humanité existe déjà aujourd’hui. Elle est composée de tous les témoins de la transformation qu’opère le Christ en ceux qui le reçoivent et placent en lui toute leur foi pour vivre une vie nouvelle. En faites-vous partie ?

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