ISRAËL, UN PEUPLE ELU !

Il n’est pas exagéré de dire que tout l’Ancien Testament tourne autour d’Israël. Israël est le peuple choisi, élu par Dieu. Ce n’est pas Moïse ou Abraham qui le disent, mais Dieu Lui-même :

« Ce n’est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l’Eternel s’est attaché à vous et qu’il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais, parce que l’Eternel vous aime, parce qu’il a voulu tenir le serment qu’il avait fait à vos pères, l’Eternel vous a fait sortir par sa main puissante, vous a délivrés de la maison de servitude, de la main de Pharaon, roi d’Egypte : Deutéronome 7,7-8. »

Le choix que Dieu a fait d’élire Israël n’est en rien dû à sa valeur propre. C’est un choix qui a sa raison dans la souveraineté de Dieu et sa motivation dans sa grâce ! L’élection d’Israël par Dieu, pour autant, n’est pas sans objet. Elle correspond à un but, un projet, un dessein précis. Israël est le peuple que Dieu choisit comme instrument pour se révéler au monde de trois manières :

« Voici, je vous ai enseigné des lois et des ordonnances, comme l’Eternel, mon Dieu, me l’a commandé, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays dont vous allez prendre possession. Vous les observerez et vous les mettrez en pratique ; car ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, qui entendront parler de toutes ces lois et qui diront : Cette grande nation est un peuple absolument sage et intelligent ! Quelle est, en effet, la grande nation qui ait des dieux aussi proches que l’Eternel, notre Dieu, l’est de nous toutes les fois que nous l’invoquons ? Et quelle est la grande nation qui ait des lois et des ordonnances justes, comme toute cette loi que je vous présente aujourd’hui ? : Deutéronome 4,5 à 8. »

Au travers des lois que Dieu a données à Israël pour qu’il les mette en pratique, Dieu voulait manifester quelque chose de la supériorité de sa sagesse et de son intelligence sur toutes les autres divinités. En obéissant à Dieu, à ses préceptes et ses commandements, Israël se serait révélé comme le peuple le plus brillant de tous les peuples. Au travers de son action en réponse à la foi et à la prière d’Israël, Dieu voulait manifester le fait qu’Il était un Dieu vivant et agissant dans le monde.

« Interroge les temps anciens qui t’ont précédé, depuis le jour où Dieu créa l’homme sur la terre, et d’une extrémité du ciel à l’autre : y eut-il jamais si grand événement, et a-t-on jamais entendu chose semblable ?  Fut-il jamais un peuple qui entendît la voix de Dieu parlant du milieu du feu, comme tu l’as entendue, et qui soit demeuré vivant ? Fut-il jamais un dieu qui essayât de venir prendre à lui une nation du milieu d’une nation, par des épreuves, des signes, des miracles et des combats, à main forte et à bras étendu, et avec des prodiges de terreur, comme l’a fait pour vous l’Eternel, votre Dieu, en Egypte et sous vos yeux ?  Deutéronome 4,32 à 34. »

 

Au travers des actes prodigieux de délivrance dont Israël fut l’objet, Dieu témoignait de sa capacité à sauver un peuple (donc tous les peuples) des pires situations. Parce qu’il est le peuple élu de Dieu, Israël est le seul parmi tous à avoir bénéficié de si grandes faveurs de sa part. Elles sont à elles seules la preuve de son élection.

 

ISRAËL, UN PEUPLE QUI A MANQUE SA VOCATION

 

Malgré tous les privilèges dont a bénéficié Israël en tant que peuple choisi par Dieu, tout l’Ancien Testament témoigne de sa faillite quant au projet que Dieu avait avec lui. Etienne, qui retrace dans le livre des Actes tout le parcours d’Israël, conclut son discours par cette diatribe sans appel :

 

« Hommes au cou raide, incirconcis de cœur et d’oreilles ! Vous vous opposez toujours au Saint-Esprit. Ce que vos pères ont été, vous l’êtes aussi. Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté ?: Actes 7,51-52.

 

Avant lui déjà, le prophète Esaïe fit le même constat et en tira les conséquences. Puisqu’Israël, vigne de Dieu, ne produisait pas les fruits espérés par son propriétaire, elle serait abandonnée aux bêtes sauvages qui la ravageraient et la pilleraient :

 

« Je vous dirai maintenant Ce que je vais faire à ma vigne. J’en arracherai la haie, pour qu’elle soit broutée ; j’en abattrai la clôture, pour qu’elle soit foulée aux pieds.  Je la réduirai en ruine ; elle ne sera plus taillée, ni cultivée ; les ronces et les épines y croîtront ; et je donnerai mes ordres aux nuées, afin qu’elles ne laissent plus tomber la pluie sur elle.  La vigne de l’Eternel des armées, c’est la maison d’Israël, et les hommes de Juda, c’est le plant qu’il chérissait. Il avait espéré de la droiture, et voici du sang versé ! De la justice, et voici des cris de détresse ! : Esaïe 5,5 à 7. »

 

C’est ce qui se produisit ! En 722 av J-C, après trois années de siège, Tiglath-Piléser, roi d’Assyrie s’empara de Jérusalem et exila le reste du peuple juif qui avait survécu à des déportations antérieures. La ville devint la capitale du gouvernement de la province assyrienne de Samarie. Vers 582 av J-c, ce fut au tour de la province de Juda d’être conquise par les Babyloniens. Malgré tout, Israël restait dans la bouche des prophètes l’objet de l’élection de Dieu !

 

QUE DEVIENT ISRAËL ?

 

Qu’en est-il d’Israël depuis la venue de Jésus, nouvelle vigne de Dieu : Jean 15,1 ? Qu’en est-il d’Israël, peuple élu, avec l’Eglise constituée de tous les élus choisis parmi les nations : Apocalypse 5,9-10 ?  Quelles conclusions pouvons-nous tirer de l’examen des textes qui traitent le sujet d’Israël dans le Nouveau Testament ?

 

L’Eglise ne remplace pas Israël !

 

Dire qu’Israël n’a plus d’avenir dans le plan de Dieu et que l’Eglise l’a remplacé est une position fausse et déséquilibrée. Certes, le rejet de son Messie par Israël a changé la donne. Jésus lui-même l’explique dans de nombreuses paraboles. Les anciens mauvais vignerons disparaîtront pour laisser la place à d’autres qui donneront au propriétaire les fruits en leur temps : Matthieu 21,41. Les premiers invités des noces, qui ne se sont pas montrés dignes, seront remplacés par d’autres qui viendront de partout : Matthieu 22,8 à 10. Si les païens viennent prendre les places inoccupées par les Juifs dans le royaume, cela ne signifie pas pour autant que les Juifs en sont exclus. Preuve en est par le fait que la première Eglise était totalement juive !

 

L’Eglise ne remplace pas Israël, mais se greffe sur le tronc qu’il représente !

 

C’est la vision que l’apôtre Paul, membre des deux entités (Israël – Eglise) défend clairement dans son épître aux romains. Il vaut la peine ici de reproduire le texte principal écrit de sa main, qui traite ce sujet :

 

« Je demande donc : ont-ils trébuché pour tomber tout à fait ? Jamais de la vie ! Mais, du fait de leur faute, le salut a été donné aux non-Juifs, afin de provoquer leur jalousie. Or si leur faute a fait la richesse du monde, et leur défaite la richesse des non-Juifs, à combien plus forte raison en sera-t-il ainsi de leur complet relèvement !  Je vous le dis, à vous, les non-Juifs : pour autant que je suis l’apôtre des non-Juifs, moi, je glorifie mon ministère, afin, si possible, de provoquer de la jalousie parmi les gens de ma propre chair et d’en sauver quelques-uns. Car si leur mise à l’écart a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon une vie d’entre les morts ?  Or si les prémices sont saintes, toute la pâte l’est aussi ; et si la racine est sainte, les branches le sont aussi.  Mais si quelques-unes des branches ont été retranchées, et si toi, olivier sauvage, tu as été greffé à leur place, si tu as eu part à la racine, à la sève de l’olivier, ne fais pas le fier aux dépens des branches. Si tu fais le fier, n’oublie pas que ce n’est pas toi qui portes la racine, mais que c’est la racine qui te porte. Tu diras donc : des branches ont été retranchées pour que, moi, je sois greffé. Fort bien ; elles ont été retranchées du fait de leur manque de foi, et toi, c’est par la foi que tu tiens. N’en tire pas orgueil, aie plutôt de la crainte ; car si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles, prends garde qu’il ne t’épargne pas non plus : Romains 11,11 à 21. »

 

Pour expliquer la situation actuelle d’Israël, Paul utilise une analogie tirée de l’Ancien Testament. Du temps d’Elie, le nombre des fidèles à Dieu était si restreint que le prophète pensait être le dernier dans cette catégorie. Quelle a été la réponse divine à sa perplexité ? Je me suis réservé, lui a répondu Dieu, sept mille hommes qui n’ont pas fléchi le genou devant Baal. De même aussi, dans le temps présent, dit Paul, il y a un reste selon l’élection de la grâce : Romains 11,4-5.

 

L’Eglise n’est pas une nouveauté suite à la défection d’Israël !

 

De quelque famille que l’on soit parmi les vrais croyants (Israël ou l’Eglise), c’est à Abraham que, indistinctement, Paul fait remonter notre paternité. Abraham, dit-il, est à la fois le père des circoncis qui croient, comme des incirconcis qui croient. La raison en est simple. Au moment où Abraham a été déclaré juste par Dieu en raison de sa foi, il n’était pas circoncis, mais incirconcis. On peut traduire cette phrase de cette manière : Abraham n’était pas encore israélite, mais païen. La foi qui a justifié Abraham est donc antérieure à la naissance de la nation juive élue. Le texte de Paul sur le sujet est sans ambigüité :

 

« Ce bonheur n’est-il que pour les circoncis, ou est-il également pour les incirconcis ? Car nous disons que la foi fut imputée à justice à Abraham. Comment donc lui fut-elle imputée ? Etait-ce après, ou avant sa circoncision ? Il n’était pas encore circoncis, il était incirconcis.  Et il reçut le signe de la circoncision, comme sceau de la justice qu’il avait obtenue par la foi quand il était incirconcis, afin d’être le père de tous les incirconcis qui croient, pour que la justice leur fût aussi imputée, et le père des circoncis, qui ne sont pas seulement circoncis, mais encore qui marchent sur les traces de la foi de notre père Abraham quand il était incirconcis : Romains 4,9 à 12. »

 

Il n’y a donc pas de séparation entre les vrais membres du peuple élu de Dieu. Tous ont été justifiés par la foi du même type que celle de leur père commun : Abraham. Il n’est donc pas étonnant de retrouver dans le Nouveau Testament un certain nombre de promesses ayant Israël pour objet et s’appliquant à l’Eglise, telles les paroles qui définissent le contrat de la Nouvelle Alliance :

 

« Voici, les jours viennent, dit le Seigneur, où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle,  non comme l’alliance que je traitai avec leurs pères, le jour où je les saisis par la main pour les faire sortir du pays d’Egypte ; car ils n’ont pas persévéré dans mon alliance, et moi aussi je ne me suis pas soucié d’eux, dit le Seigneur. Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit le Seigneur : je mettrai mes lois dans leur esprit, je les écrirai dans leur cœur ; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple : Hébreux 8,8 à 10. »

 

Les paroles dites ici ne signifient pas le rejet d’Israël et son remplacement par l’Eglise, mais la fusion en un seul peuple des deux entités, unies par la même alliance. A juste titre, l’Eglise peut donc être appelée l’Israël (le peuple élu) de Dieu, par opposition à l’Israël selon la chair : Galates 6,16. L’Eglise du Nouveau Testament, composée de croyants juifs et païens, est la nouvelle postérité d’Abraham et l’héritière de la promesse.

 

Le rétablissement d’Israël en tant que nation fait partie des prophéties eschatologiques !

 

L’éviction d’Israël au profit des nations n’est pas présentée dans l’Ecriture comme définitive, mais comme temporaire. Le passage cité ci-dessus de l’épître de Paul aux Romains le dit clairement ! Il parle du complet relèvement de la nation juive qui sera la richesse du monde… de sa réintégration comparable à une résurrection…

 

Peu de temps avant le départ de Jésus vers le ciel, ses disciples lui demandèrent si la promesse du don du Saint-Esprit correspondait au temps du rétablissement du royaume d’Israël. Jésus leur a dit que ce n’était pas à eux de connaître ces temps, mais il n’a pas réfuté le sujet de leur question : Actes 1,6.

Il n’est pas toujours aisé de faire la part des choses dans les textes prophétiques parlant de la gloire future d’Israël, entre un accomplissement terrestre et un céleste. Esaïe 2 parle du Christ comme le juge futur des nations, l’arbitre des peuples qui se rendront en foule à Jérusalem pour entendre sa parole : Esaïe 2,1 à 5. Rien ne nous interdit ici de penser à un accomplissement historique. De nombreux autres passages de chapitres d’Esaïe au sujet de Jérusalem se retrouvent dans la description faite dans l’Apocalypse de la nouvelle Jérusalem !

 

Quoi qu’il en soit, Israël est un élément incontestable de référence de la prophétie biblique et ce, jusqu’à la fin des temps !

« Car ton créateur est ton époux : L’Eternel des armées est son nom ; et ton rédempteur est le Saint d’Israël : il se nomme Dieu de toute la terre ; car l’Eternel te rappelle comme une femme délaissée et au cœur attristé, comme une épouse de la jeunesse qui a été répudiée, dit ton Dieu.  Quelques instants je t’avais abandonnée, mais avec une grande affection je t’accueillerai ; dans un instant de colère, je t’avais un moment dérobé ma face, mais avec un amour éternel j’aurai compassion de toi, dit ton rédempteur, l’Eternel. Il en sera pour moi comme des eaux de Noé : j’avais juré que les eaux de Noé ne se répandraient plus sur la terre ; je jure de même de ne plus m’irriter contre toi et de ne plus te menacer. Quand les montagnes s’éloigneraient, quand les collines chancelleraient, mon amour ne s’éloignera point de toi, et mon alliance de paix ne chancellera point, dit l’Eternel, qui a compassion de toi : Esaïe 54,5 à 10. »

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