1. Le prophète

 

La vocation de prophète naît dans la Bible le jour où le peuple de Dieu, effrayé par la voix de Dieu et sa manifestation sur le mont Horeb, lui demande de ne plus l’entendre directement. Dieu y consent et répond qu’il suscitera parmi eux un prophète en qui il mettra ses paroles dans la bouche. Si quelqu’un n’écoutait pas ses paroles, dites en son nom, Dieu lui en demanderait compte : Deutéronome 18,15 à 19. Le prophète est donc en quelque sorte le porte-parole de Dieu pour le peuple.

 

Dans le ministère du prophète, l’élément prédiction est central. Il est la preuve de sa crédibilité et de son authenticité. « Quand le prophète parle au nom du Seigneur et que la parole ne se réalise pas, qu’elle n’arrive pas, c’est une parole que le Seigneur n’a pas dite. C’est par arrogance que le prophète l’a dite : tu n’auras pas peur de lui, précise le texte : Deutéronome 18,22. »

 

  1. La prophétie

 

Ce n’est pas le hasard si la prophétie occupe une place si importante dans l’Ecriture. Elle est, selon les propos mêmes de Dieu, la marque, la signature de sa différence fondamentale entre Lui et les faux dieux. La preuve que Dieu est Dieu est qu’Il est le seul capable de dire l’avenir. La prophétie est la signature de sa souveraineté sur le temps et l’histoire. Aussi, Dieu n’a-t-il aucune crainte, ni réticence à ce que ses prédictions soient éprouvées ! Elles ne peuvent que confondre les faux dieux qui prétendent rivaliser avec lui et le justifier dans ses affirmations !

 

« Vous, les dieux des nations, présentez votre cause, dit l’Eternel, et exposez vos arguments, dit le roi de Jacob. Qu’ils les exposent donc, qu’ils nous annoncent ce qui doit arriver ! Déclarez-nous quels sont les faits passés que vous avez prédits, pour que nous les examinions et que nous constations leur accomplissement, ou faites-nous entendre ce qui doit arriver ! Annoncez-nous les choses qui doivent survenir plus tard, et nous saurons que vous êtes des dieux. Oui, faites quelque chose, que ce soit bien ou mal, afin qu’en le voyant la crainte nous remplisse. Mais vous, vous êtes moins que rien ! Et toutes vos actions sont moins que du néant ! Celui qui vous choisit se rend abominable : Esaïe 41,21 à 24. »

 

Ceci dit, une question se pose à tout lecteur de la Bible : comment interpréter justement les prophéties ? Quelle règle appliquer ? La question ne trouve pas de réponse simple !

 

  1. Interprétation des prophéties

 

Certains commentateurs de la Bible ont voulu établir une règle d’interprétation simple ! « Toute prophétie, ont-ils déclaré, doivent être prises au sens littéral en ce qui concerne leur accomplissement, sauf si l’on a de bonnes raisons de penser le contraire ! » Cela a le mérite d’être simple. Mais la lecture de certaines prophéties, ou de ce qui a été considéré comme telle par les auteurs du Nouveau Testament, montre que les choses s’avèrent plus compliquées que cela ! Explications !

 

  1. Certains textes de l’Ancien Testament ne semblent pas être des prédictions. Cependant, les apôtres les ont pris comme tels !

 

Exemples : Osée 11,1 : quand Israël était jeune, je l’aimais : d’Egypte, j’ai appelé mon fils. Qui lit ce texte comprend que le prophète fait allusion à la sortie historique d’Israël d’Egypte. Matthieu, dans son Evangile, prend cependant appui sur lui pour l’appliquer à la sortie de Jésus d’Egypte dans son enfance : Matthieu 2,15. On pourrait citer dans le même ordre d’idée le Psaume 41,10, verset qui évoque la trahison d’un ami de David, mais que l’évangéliste applique à Judas pour Jésus !

 

  1. Certaines prédictions qui paraissaient figuratives se sont réalisées littéralement !

 

Exemple : Psaume 69,22. Le poison et le vinaigre dont parle ici David évoque à ses yeux la traîtrise et l’hostilité de ses ennemis envers lui. Mais Jésus vivra littéralement le fait qu’on lui fasse boire du vinaigre : Jean 19,30.

 

  1. Certaines prédictions qui auraient pu se réaliser littéralement se vivront par Jésus de façon figurative !

 

Exemple : Psaume 22,17 dit : « Une troupe de chiens m’entourent… » ou au v 13 : « une multitude de taureaux m’entourent… » L’accomplissement dans les deux sens aurait été possible. Mais c’est de façon imagée, ou pour exprimer le ressenti de Jésus à la croix, que l’expression a été utilisée.

 

De ce rapide constat, nous devons tirer qu’une grande prudence s’impose dans la façon avec laquelle nous interprétons les prophéties. Cela d’autant plus lorsqu’elles s’appliquent au devenir d’Israël : ce que nous verrons dans le prochain billet !

 

 

Publicités