LES SAISONS DE DIEU

Il y a un temps pour tout sous le soleil. Si Jésus-Christ reste toujours le même, il ne nous appartient pas de changer les temps et les saisons. Le printemps n’est pas l’automne et l’été n’est pas l’hiver. Nous ne pouvons pas cueillir les fleurs du printemps en hiver, ni les fruits de l’automne en été, à moins de les manger non mûrs.

Il serait donc dangereux, parce que nous sommes de ceux qui croient à la puissance du Saint-Esprit et à un Seigneur toujours fidèle, de vouloir à tout prix, dans notre zèle pour Dieu, rééditer en notre temps les résultats de l’évangélisation de L’Église primitive, et renouveler ses succès quant au nombre des conversions ou quant à la guérison divine.

Quand l’iniquité s’accroît et prévaut sur la terre, que la charité du plus grand nombre se refroidit, il n’est pas tellement question d’avoir du succès, ou de faire des miracles ! Il s’agit bien plutôt de persévérer jusqu’à la fin : Matthieu 24:12-13, c’est-à-dire d’être, en tout temps et partout, ce que Dieu attend de nous, les témoins de Son Fils. Si nous avons compris cela, nous ne serons ni découragés ni éblouis par les résultats de nos missions, ni inquiets, ni euphoriques au sujet des succès de nos campagnes futures.

Ceux qui doivent être sauvés sont ceux que Dieu a élus dès avant la fondation du monde. Notre tâche, à nous, consiste à être « ouvriers avec Dieu » ses instruments dociles et non pas ses agents : 1Corinthiens 3:9. Fondés sur la Parole, nous savons que le Seigneur a annoncé à l’avance que nous ne devons pas compter sur nos efforts pour changer le monde !

DU NOUVEAU OU DE L’ANCIEN ?

On parle beaucoup aujourd’hui de nouvelles méthodes à employer pour prêcher l’Évangile, de la nécessité d’un langage nouveau pour rendre accessible le nom de Jésus aux masses déchristianisées. On réclame une nouvelle puissance permettant d’opérer des miracles et des guérisons qui accréditeraient le Nom du Seigneur auprès du peuple. Enfin, il semble aussi qu’une propagande faite par les moyens les plus modernes pourrait certainement éveiller l’attention des foules sur Celui que les chrétiens voudraient encore présenter comme Sauveur du monde.

Tout en refusant de prendre une position négative à l’égard de tout ce qui se fait à l’heure actuelle pour annoncer l’Évangile, nous restons intimement persuadés que l’intérêt pour Jésus-Christ ne sera pas provoqué essentiellement par ceux qui prêchent en Son Nom, mais par la vie de tous ceux qui se réclament de Lui.

Une vie transformée, vécue dans le monde dans une entière consécration à Dieu, suscitera l’étonnement des parents, voisins, amis et connaissances et conduira des hommes et des femmes à s’informer de la raison d’un tel changement. Cet intérêt, qui peut amener des âmes à rechercher pour elles-mêmes la solution de leurs problèmes en Jésus, peut aussi, hélas, conduire des cœurs à haïr ceux qui vivent véritablement en Christ. Ainsi, tous ceux qui désirent attirer l’attention des âmes sur le Christ doivent s’attendre, non pas à être bien vus dans ce monde, mais à connaître le mépris, la persécution et la haine.

En effet, si l’honnêteté du chrétien est louée par les uns, elle sera taxée d’hypocrisie ou d’imbécillité par les autres. Si la sobriété de l’enfant de Dieu est citée en exemple par plusieurs, elle sera aussi l’objet des sarcasmes de ceux qui ne veulent renoncer à aucune des satisfactions de la chair. Partout où la doctrine de Christ sera présentée dans sa forme absolue, partout où ses paroles seront reçues telles qu’il nous les a données, partout où elles seront prises à la lettre, des conflits surgiront, et l’âme libérée intérieurement du joug du monde et du péché, passera par le feu du creuset.

Il faut que les prédicateurs se souviennent qu’évangéliser, c’est présenter au monde l’Évangile ! Cet Évangile est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit : Romains 1:16. Or la puissance de Dieu, c’est le Christ Lui-même, avec ses promesses et ses exigences, ce Christ qui est venu jeter le feu sur la terre, ce Christ salut de Dieu, lumière pour les nations et gloire d’Israël ; mais qui reste encore une pierre d’achoppement et un rocher de chute, un signe qui provoque la contradiction  : Luc 2,34.

Gaston Racine

Publicités