UN PSAUME MESSIANIQUE

Peu après sa résurrection, Jésus apparut à ses disciples réunis. Il confirma la réalité de son retour à la vie en leur rappelant ce qu’il leur avait déjà dit. « C’est là ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous, leur dit-il ; il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les Prophètes et dans les Psaumes : Luc 24,44. »

Tout ce qui est écrit à mon sujet… dans les Psaumes. Alors que nous cherchons ce qui témoigne de Jésus dans l’Ancien Testament, notre réflexe immédiat est plutôt de nous tourner vers les types qui le préfigurent, tels Joseph, Moïse, David ou vers les annonces prophétiques. Nous ne nous portons pas instinctivement vers les Psaumes. Jésus atteste cependant ici qu’il existe aussi de nombreuses paroles qui témoignent de lui dans ce livre. Certains psaumes parlent d’ailleurs si clairement de Jésus qu’ils ont appelés « psaumes messianiques« . C’est l’un de ceux-ci qui va faire ici l’objet de notre réflexion.

LE PSAUME 2

1 Pourquoi les nations s’agitent-elles ? Pourquoi les peuples grondent-ils en vain ?
2 Les rois de la terre se postent, les princes se liguent ensemble contre le SEIGNEUR et contre l’homme qui a reçu son onction :
3 « Brisons leurs liens, secouons leurs chaînes ! »

4 Il rit, celui qui habite le ciel, le SEIGNEUR se moque d’eux.
5 Il leur parle dans sa colère, dans sa fureur il les épouvante :
6 C’est moi qui ai investi mon roi sur Sion, ma montagne sacrée !J

7 Je vais proclamer le décret du SEIGNEUR ; il m’a dit : Tu es mon fils ! C’est moi qui t’ai engendré aujourd’hui.
8 Demande-moi et je te donnerai les nations comme patrimoine, comme propriété les extrémités de la terre ;
9 tu les briseras avec un sceptre de fer. Comme une poterie tu les mettras en pièces.

 

10 Et maintenant, rois, ayez du bon sens ! Recevez l’instruction, juges de la terre !
11 Servez le SEIGNEUR avec crainte, soyez dans l’allégresse en frissonnant.
12 Embrassez le fils, de peur qu’il ne se mette en colère et que vous ne disparaissiez en chemin ; car sa colère s’enflamme vite. Heureux tous ceux qui trouvent en lui un abri !

Le psaume 2 est clairement un psaume messianique. Il est l’un des rares dans lesquels Dieu cite textuellement son Fils comme celui qu’il a désigné pour recevoir l’héritage des nations. Le psaume est divisé en 4 parties :

  • la première traite de la révolte qui gronde contre Dieu parmi les peuples : v 1 à 3
  • la seconde traite de la réaction du Seigneur face à cette révolte : v 4 à 6
  • la troisième laisse la parole au Fils de Dieu lui-même : v 7 à 9
  • la quatrième exprime, à l’intention des dirigeant du monde, une conclusion pratique : v 10 à 12

1ère partie : la révolte des peuples contre Dieu :

La tentation de la révolte contre Dieu ne date pas d’hier. En fait, elle est présente dès la genèse ! Qu’est en effet cette tentation première à laquelle sont exposés nos premiers parents si ce n’est celle de la rébellion ? Les arguments utilisés par le serpent n’ont pas changé. On les retrouve dans la bouche des dirigeants de ce monde dans le psaume. « La soumission à Dieu est une aliénation, un esclavage. La volonté de Dieu est oppressive. Elle emprisonne notre liberté d’être, nous empêche de faire ce vers quoi nos désirs nous inclinent. Affranchissons-nous donc Dieu… et nous serons nous-mêmes comme des dieux ! » Illusion mensongère dont la puissance d’attraction, au travers des générations, n’a pas perdu de sa superbe !

Le Christ-Jésus, expression de Dieu sous forme humaine, venu, les tenants de l’autorité ont désormais quelqu’un de physique contre qui orienter leur hostilité. Car l’homme Jésus est l’exemple même d’un homme qui prenait son plaisir en Dieu. Il est le témoignage éclatant du fait que la dépendance de Dieu constitue le fondement même de la liberté humaine dans ce qu’elle a de plus glorieux : une contradiction totale avec le mensonge diabolique originel. L’homme Jésus devient dès lors l’homme à abattre !

Quand ils ont un ennemi en commun, les divergences qui, d’habitude, séparent les hommes ne comptent plus. Hérode et Pilate étaient ennemis, mais quand il s’agira de se liguer contre Jésus, ils deviendront amis : Luc 23,12. Ce revirement étrange s’explique d’une seule manière, celle que donne le psaume 2. C’est ce que Pierre explique dans le livre des Actes : Actes 4,26-27.

Présente dès le début du christianisme, la révolte contre Dieu, contre ses lois et contre Jésus-Christ n’a jamais cessé. Elle trouvera son apogée dans la fin des temps, dans l’apparition de l’homme sans foi ni loi, l’Antichrist, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche au jour de son avènement : 2 Thessaloniciens 2,8. Le levain de la subversion, entre temps, ne cesse de pénétrer la pâte des peuples. Il n’y a plus de vérité. Aussi celui croit à une vérité révélée, transcendante, devient un danger. Puisqu’il n’y a pas de vérité, il n’est permis à personne de formuler un jugement moral. Toutes les « orientations sexuelles », par exemple, se valent. Et malheur à ceux qui osent exprimer un avis différent sur le sujet : ils s’exposent à être des contrevenants !

Comme il en fut pour Pilate et Hérode au début de l’Eglise, de curieuses alliances antinomiques se font jour pour combattre le christianisme. Le propre de l’Islam est de nier l’identité de Jésus. La laïcité militante d’aujourd’hui voit dans le christianisme un frein évident au progrès égalitaire. Que les uns soient bienveillant envers des autres relève aussi de la logique exprimée dans le psaume 2.

2ème partie : la double réaction du Seigneur

Dans un premier temps, le Seigneur ne dit rien face au grondement des peuples et de leurs dirigeants contre lui. Il se contente de rire. C’est parce que, jusqu’à ce jour, le Seigneur rit que nous ne pleurons pas. Le rire du Seigneur n’est pas un rire d’amusement. C’est un rire ironique, le rire que pourrait avoir l’éléphant en voyant une fourmi lever le poing contre lui et l’injurier. Le rire du Seigneur n’annonce cependant jamais rien de bon dans la Bible. « Le Seigneur rit du méchant, car il voit que son jour arrive : Psaume 37,13. » « Puisque vous avez rejeté tous mes conseils et que vous avez fait peu de cas de mes avertissements, à mon tour, je rirai quand la catastrophe s’abattra sur vous ! : Proverbes 1,25-26. » Au vu de l’arrogance dont nos dirigeants et ceux qui se laissent mener par eux font preuve, le Seigneur n’a pas fini de rire !

Le temps vient cependant où Dieu estime qu’il a assez ri. La contestation a assez duré ! Pour qui l’homme se prend-il pour oser contester le bien-fondé de ce que Dieu ordonne comme étant le bien et le mal ? L’expérience de l’autonomie, avec son cortège de souffrances, de morts et de malheurs, n’a-t-elle pas suffisamment fait preuve de sa folie ! Le monde a assez abusé du silence de Dieu, de sa patience. Dieu a fait venir un homme, par lequel il a indiqué à tous où se trouve l’avenir du monde. C’est à cet homme, qu’il appelle son Fils, Jésus-Christ, qu’il a donné le pouvoir de la royauté sur le monde !

3ème partie : la parole est au Fils

Après le Père, c’est au Fils, celui qui cristallise contre sa personne toute la haine du monde, de prendre la parole ! Le décret a été publié dans le ciel, le monde des esprits. Seul celui qui porte la nature même de Dieu, et qui s’est fait homme, est apte, a les compétences requises pour diriger le monde ! Il peut donc à tout moment le demander à celui qui l’a oint dans ce but. Les nations sont son patrimoine, les extrémités de la terre, sa propriété !  Cette réalité, dans son accomplissement total, se verra au jour de son retour. Elle constitue cependant déjà, selon John Piper, le fondement légitime de la mission (voir livre « Que les nations se réjouissent ! »

Le temps du rire de Dieu fini, le Fils avertit. Il sera sans pitié et sans complaisance avec les rebelles. Tous ceux qui n’auront pas été brisés par son amour, exprimé sur la croix du calvaire, le seront désormais par le bâton de sa colère. Le temps où l’on pourra dire n’importe quoi sur l’Agneau de Dieu sera fini. Le temps où les hommes pourront inverser à loisir le bien et le mal sera révolu. Le temps où l’on falsifiera les écrits pour tromper les masses, aussi. tous verront… et trembleront !

4ème partie : conclusion pratique

Affolés par les changements climatiques qui se produisent, les dirigeants de notre monde se sont retrouvés à Paris pour la COP 21. C’est une noble intention ! Si un danger, une catastrophe risquent de se produire ne vaut-il pas la peine d’appliquer le principe de précaution ?

L’auteur du psaume 2 invite les nations et leurs dirigeants à appliquer, pendant qu’il en est encore temps, ce principe pour eux-mêmes. Nous l’avons vu : le décret a été promulgué ! C’est au Fils de Dieu, Jésus-Christ, que le patrimoine du monde a été échu. L’heure vient où il va faire valoir son titre de propriété divin et humain. Il est encore temps d’en prendre acte, de recevoir instruction. Il est encore temps de renoncer à la prétention d’être dieu soi-même. Il est encore temps de lui prêter allégeance, de reconnaître sa royauté légitime sur nos vies. Il est encore temps de renoncer à se servir soi-même pour Le servir ! Il est encore temps d’éviter le feu de sa colère pour trouver en lui son abri !

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