UTOPIE !

Nous vivons dans un monde absolument trompeur qui ne manque pas de nous influencer. Certes, en tant que chrétien, notre référence absolue est la Parole de Dieu. Mais nous aurions tort de minimiser l’influence, la teinte par lesquelles le monde qui nous entoure colorent notre foi. Sans le voir, beaucoup d’entre nous ont adopté une conception non biblique, mais mondaine de la bénédiction. Etre béni de Dieu, c’est être au sommet du bonheur, ne manquer de rien, être en parfaite santé, avoir un ciel et un horizon dégagés de tout nuage… La bénédiction de Dieu se voit par l’éclat de nos sourires, notre réussite matérielle, notre bien-être présent ! Pas étonnant dès lors, si nous pensons ainsi, que quand le malheur nous frappe, nous nous trouvions désemparés ! Déboussolés, nous ne comprenons pas en quoi la souffrance, le brisement puissent être compatibles avec la bénédiction. Il y a là quelque chose qui, à l’égard de Dieu, nous paraît incongru, déplacé ! Notre malheur ne peut venir que du diable !

Qui a une telle vision de la réalité se prépare, à mon avis, des jours bien sombres ! Car, nous le savons, les choses dans ce monde ne vont pas s’arranger ! Or, Jésus l’a clairement formulé dans sa dernière prière : Dieu n’a pas l’intention de soustraire son peuple du milieu du monde. Il n’y a nulle part une montagne qui nous a été réservée où nous pourrions fuir le monde pour nous trouver à l’abri de son agitation ! Puisqu’il nous faut nous préparer au pire (être avec les autres dans le monde tel qu’il est), comment s’en sortir en expérimentant ce qu’il y a de meilleur (faire l’expérience de la force de Dieu telle qu’elle est) ? C’est là la question et le défi auxquels nous sommes confrontés !

LA GLOIRE DE DIEU !

A Dieu seul soit la gloire ! C’est l’un des slogans favoris des réformateurs ! Dans de multiples chants, à tous les cultes, nous ne cessons de le dire : A Toi la gloire, ô Dieu ! Il en est malheureusement trop souvent de notre perception de la gloire comme il en est de notre vue de la bénédiction. La gloire de Dieu ne peut être liée qu’à l’exploit, qu’à ce qui brille et qui a l’éclat de la puissance ! Je ne le nie pas. Encore nous faut-il comprendre et définir ce que nous entendons par là !

La gloire de Dieu, selon l’Ecriture, se manifeste d’abord par Sa souveraineté absolue sur toutes choses ! Donner gloire à Dieu, c’est, par conséquent, faire ce que Job a fait lorsque tout ce qui représentait la bénédiction jusque là lui a été ôté ! « Quoi, dit le patriarche répondant à sa femme qui l’invitait à maudire Dieu, nous recevrions de Dieu le bonheur, et nous ne recevrions pas aussi le malheur ! » Le texte ajoute : En tout cela, Job ne pécha point : Job 2,10. En tout cela, Job resta au coeur de la pensée de Dieu. Il ne dévia pas d’un centimètre de ce que Dieu attendait de lui à ce moment-là !

Il nous faut louer Dieu pour les grands moments de bonheur qu’Il nous accorde. Dans nos pays riches, ils sont nombreux et durables ! Mais, veillons à ne pas faire dépendre notre louange à Dieu d’eux. En peu de temps, comme Job, nous pouvons connaître malheur sur malheur ! A peine le premier est-il passé que le second est là ! Pas de répit, impossible de nous relever, de nous reconstruire ! Des temps de grands malheurs sont devant nous ! La détresse de la fin sera telle, dit Jésus, qu’il n’y en a jamais eu de pareille jusque là et qu’il n’y en aura plus ensuite de telle : Matthieu 24,21. Que sera notre louange à ce moment-là ? Continuerons-nous à célébrer le Dieu souverain, qui règne, sans lequel rien ne se décide, qui ne permet pas à un passereau de tomber sans Sa volonté ?

LE PIRE ET LE MEILLEUR

Père de famille profondément croyant, Ronald Dunn dut faire face au plus tragique événement qu’un père puisse connaître : le suicide de son fils handicapé. De son expérience, il a écrit un livre-témoignage que tous ceux qui traversent le malheur devrait lire. Il s’intitule « Quand le ciel est silencieux ! » (Editions Farel). A plusieurs reprises, j’ai dû me replonger dans ce que Ronald dit pour m’en imprégner. Il ne m’est pas possible, ni permis, de tout retranscrire. Je vais donc juste me contenter de partager avec vous quelques-unes de ses phrases !

« La foi, dit-il, n’est pas nécessairement la force qui change les choses pour qu’elles soient comme nous les voudrions, mais le courage de les affronter telles qu’elles sont. Si Dieu dit non, ce n’est pas pour nous priver d’une bénédiction, c’est parce qu’Il en a une plus grande en réserve pour nous ! »

« Nos plus rudes batailles nous opposent à Dieu et non au diable. Je ne veux absolument pas nier la réalité de la guerre spirituelle, marquée par le pouvoir satanique. Je trouve seulement qu’il est plus facile de dire non au diable que de dire oui à Dieu. »

« Pourquoi le combat est-il à ce point impitoyable ? Parce que Dieu veut nous changer et que nous refusons. Du moins, nous refusons le genre de changement que Dieu souhaite opérer. Entendez par là, un changement véritable. Non pas de la chirurgie esthétique, mais une chirurgie radicale. Il a bien l’intention d’explorer les méandres de notre âme pour en extirper le Jacob (le trompeur) qui sommeille en nous ! »

« Les être humains possèdent un défaut fatal : ils croient pouvoir interpréter correctement tous les événements et toutes les expériences de leur vie… Nous courrons le risque de juger prématurément… Il arrive souvent que l’objet précis contre lequel je lutte soit celui que Dieu cherche à utiliser pour me bénir. »

« L’inattendu et l’inexpliqué : voilà ce qui nous déséquilibre ! »

LA PIERRE D’ANGLE DE LA REALITE

Nous, chrétiens, devrions le savoir, puisque c’est par elle que nous sommes sauvés ! La pierre d’angle, la lunette par lesquelles nous devons interpréter la réalité est la croix de Jésus-Christ ! A la croix, le pire, l’impensable s’est produit ! Le Fils éternel de Dieu, l’Unique, Celui qui partageait de toute éternité avec Son Père la gloire, subit la mort la plus humiliante et la plus infamante qui soit ! Elle fut telle que l’univers dans son entier fut en deuil en plein midi. Du pire, pourtant, sortira trois jours plus tard le meilleur. Le Fils de Dieu ressuscite. Il retourne dans la gloire d’où Il envoie Son Esprit à ses disciples ! Une humanité nouvelle commence ! Faible graine, elle devient au arbre qui couvre les nations !

La croix n’est pas seulement un fait historique ! C’est le principe majeur par lequel Dieu travaille. Parce qu’Il est souverain, parce qu’Il veut manifester Sa gloire de manière irréfutable, Il choisit toujours de faire sortir du pire le meilleur. L’apôtre Paul en est l’exemple premier. Persécuteur acharné des chrétiens, il deviendra, suite à sa rencontre avec Jésus sur le chemin de Damas, son héraut le plus zélé dans tout l’empire romain. « Je suis le premier des pécheurs, dira-t-il ! Mais j’ai été traité avec compassion afin qu’en moi, le premier, Jésus-Christ montre toute sa patience, comme un exemple pour ceux qui allaient croire en lui en vue de la vie éternelle : 1 Timothée 1,16. » Si Jésus a pu transformé le pire, Saul de Tarse, pour en faire le meilleur, rien ne lui est impossible !

Au sujet des attentats qui se sont produits ces derniers jours à Paris, Mike Evans faisait remarquer la chose suivante : « L’histoire est pleine de rappels que la rage débridée de l’ennemi est le tremplin pour l’avancement de l’Évangile… Beaucoup de musulmans ne peuvent pas s’identifier avec les actes indignes commis au nom de l’Islam et cela a été le moyen souverain de Dieu pour attirer des centaines de milliers à la foi en Jésus-Christ. »

Chers amis croyants, ne désespérons pas ! Le pire est peut-être devant, mais, avec Dieu, le meilleur jaillit toujours du pire et finit par en triompher !

CITATIONS

Ne dis jamais : « La coupe est pleine !

Tout dans ce monde m’est odieux ! »

Car plus la nuit sans lune est noire,

Plus belles dans le ciel sont les étoiles,

Et plus on a de la peine,

Plus on est près de Dieu !

Apollon Maïkov, Les étoiles dans la nuit

Quand Dieu veut s’attacher réellement un homme,

Il appelle son plus fidèle écuyer, son plus sûr messager,

Qui est le chagrin, et lui dit : « Cours après lui,

Rattrape-le, ne le lâche pas d’une semelle. »

Soren Kirkegaard

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