IL EST DEJA DANS LE MONDE !

Bien que l’apôtre Jean s’attende à ce que, dans la fin des temps, l’Antichrist soit révélé, il affirme dans une de ses lettres qu’en fait il est déjà dans le monde. « Tout esprit, au contraire, qui ne reconnaît pas ce Jésus-là ne vient pas de Dieu. C’est là l’esprit de « l’anti-Christ » dont vous avez entendu annoncer la venue. Eh bien, dès à présent, cet esprit est dans le monde : 1 Jean 4,3. » Nous l’avons vu dans les deux derniers billets. Au début de l’ère de l’Eglise chrétienne, le combat fut acharné entre l’Esprit de Christ et l’esprit de l’Antichrist. Il faudra toute l’intelligence des pères et des docteurs de l’Eglise pour arriver à fixer de manière durable et explicite une définition de la double identité de Jésus, à la fois homme et Fils de Dieu.

Pour autant, l’influence pernicieuse de l’esprit de l’Antichrist perdurera ! Plus le siècle où sa venue doit se produire approche, plus les fondements sur lesquels repose la vérité évangélique, qui a formé le socle de la vérité dans les peuples éclairés par l’Evangile, vont être attaqués. Satan a compris, comme le dernier billet le dit, qu’il ne lui est pas nécessaire de s’attaquer frontalement à la vérité pour la détruire. Il lui suffit de renverser les présupposés sur lesquels elle repose. Dans un livre écrit en 1974 qui garde toute son actualité, Hal Lindsey et Carole Carson évoquent six bombes idéologiques, portées par six hommes (Kant, Hegel, Kirkegaard, Marx, Darwin, Freud), utilisées par Satan pour détruire l’un après l’autre les piliers sur lesquels s’appuie la vérité de l’Evangile pour être comprise; « La contamination de ces idées explosives a été si dévastatrice qu’elle imprègne complètement la pensée des hommes du XXème siècle. » Dans ce siècle qui verra se manifester publiquement la figure de l’ennemi du Christ, tous les fruits véreux qui pouvaient en sortir se voient au grand jour ! Reprenons la brève analyse de trois de ces bombes qui, par leur effet, ont conditionné de manière irréversible la pensée de notre siècle !

PREMIERE BOMBE : KANT

Emmanuel Kant fut un philosophe allemand qui vécut de 1724 à 1804. Avant que la philosophie kantienne ne commence à influencer les intellectuels de son époque, la philosophie classique reposait sur le principe de l’antithèse : c’est-à-dire que l’homme pense en termes de cause à effet. Si A est vrai, le contraire de A ne peut l’être. Suivant cette philosophie classique, les valeurs sont absolues. Le monde en général acceptait cet absolu dans les domaines du savoir et de la morale. Avant Kant, vous pouviez raisonner avec quelqu’un d’après le principe de cause à effet.

Habité par un esprit critique, Kant posa la question : « Jusqu’à quel point peut-on accepter vraiment des choses qui ne sont pas vérifiées par nos cinq sens ? » Pour Kant, les caractéristiques descriptives et irréductibles de l’expérience constituent la fondation suffisante du monde. Kant en arrive ainsi à la conclusion que personne ne peut rien connaître en-dehors de l’expérience. La liberté individuelle consiste à obéir à la loi morale personnelle qui parle en chacun au dedans de lui-même. La personne humaine n’a aucun critère lui permettant d’accepter des absolus. Ses idées vont aboutir à un système philosophique érigé par un 2ème homme, né après lui : Hegel.

DEUXIEME BOMBE : HEGEL

Hegel, qui vécut de 1770 à 1831, adopta les idées de Kant et les développa. Hegel croyait que le choc d’un fait ou d’une idée (thèse) contre un autre fait (antithèse) produit un fait nouveau (synthèse). Cette philosophie fut la base des idées politiques et économiques de Karl Marx et du « National Socialisme’ d’Adolphe Hitler. c’est pourquoi Hegel reçut le surnom de « dictateur philosophique de l’Allemagne ». Hegel glorifiait l’Etat. Il enseignait que l’Etat n’a pas à obéir à des lois morales, pas plus que les gouvernements n’ont à respecter leurs engagements. Hitler suivit cette philosophie à la perfection.

Suivant la pensée hegélienne, tout est relatif. L’homme approche de la vérité et de la vie uniquement en termes de relativité. En apportant ces principes de relativité et de rejet de tout absolu, Hegel modifia le cours de l’histoire. Dans la pensée relativiste, tout est subjectif et sujet au changement. Ce qui compte n’est pas ce qui est bien ou mal, mais ce que l’on ressent sur le moment. En ignorant ainsi toute cause ou toute vérité à l’origine des choses, l’homme n’a plus besoin, selon Hegel, de croire à un Dieu Créateur. La philosophie relativiste de Hegel imprégna pratiquement tous les établissements d’enseignement supérieur d’Europe et d’Amérique. Le résultat en fut que plus les gens étaient instruits, plus ils rejetaient la notion d’absolu dans les domaines de la vérité et de la morale.

TROISIEME BOMBE : DARWIN

Charles Darwin (1809 – 1882) est l’homme qui, plus que tout autre, apporta la plus grande révolution dans le monde scientifique. Ayant accumulé un grand nombre d’expériences sur les plantes et les animaux, Darwin en vint à conclure que seules les espèces les mieux adaptées pouvaient survivre dans la lutte pour l’existence. Cette compétition met en oeuvre, selon lui, un processus qu’il appellera « sélection naturelle ».

Darwin ne se limita pas à appliquer sa théorie aux plantes et aux animaux. Il la projeta sur l’homme provoquant une étincelle qui alluma des incendies, dont les flammes ne sont toujours pas éteintes aujourd’hui. Kant et Hegel avaient émis le principe philosophique du relativisme. La théorie de Darwin s’attaquera, sur le plan scientifique, à l’affirmation première de la Bible : la création par Dieu de l’homme, des animaux et des plantes. Le corollaire non formulé, mais inévitable, du principe évolutionniste, est que l’homme n’ayant pas de commencement particulier, il n’a pas non plus de but ou de destinée particulière ! L’existence humaine ne devant sa cause à aucun projet, aucune morale n’a à l’encadrer. Comme le principe de sélection naturelle le prône, la loi du plus fort est la seule loi qui prévaut dans le monde !

LA TOLERANCE : VERTU MAJEURE

Les fondements de la vérité évangélique renversés, il n’est pas étonnant de voir le monde progresser vers son déclin. Le XXème siècle, et ses deux guerres mondiales, ont montré à quel système cruel pouvaient aboutir les idées semées par les antichrists des siècles précédents. Pour autant, rien n’a été corrigé ! Dans un essai remarquable, intitulé « L’Ame désarmée » Allan Bloom, professeur d’université, nous dit en quoi s’incarne aujourd’hui la culture relativiste dans laquelle nous baignons toujours !

« S’il y a une chose dont tout professeur qui enseigne dans une université américaine peut être sûr, c’est que chacun de ses élèves, au moment où il entreprend des études supérieures, croit ou dit qu’il croit que la vérité est relative. Si l’on manifeste quelque scepticisme à l’égard de cette opinion, la réaction de l’étudiant ne se fait pas attendre : une incompréhension totale. Qu’on puisse considérer que cette proposition ne va pas de soi, voilà qui le stupéfie, un peu comme si l’on remettait en question le fait que deux et deux font quatre : il y a des choses évidentes auxquelles on n’a pas besoin de réfléchir…

Le relativisme, leur a-t-on dit, est nécessaire à l’ouverture d’esprit ; et l’ouverture d’esprit est l’unique vertu que l’instruction primaire, depuis plus de 50 ans, s’est fixée de donner pour but aux élèves… La nouvelle doctrine éducative se veut donc ouverte à toutes les espèces d’hommes, à tous les styles d’existence, à toutes les idéologies. Il n’y a plus d’ennemi, excepté l’homme qui n’est pas ouvert à tout. La conséquence insuffisamment remarquée jusqu’ici de cette doctrine, c’est qu’il n’existe plus de terrain commun… L’ouverture était naguère la vertu qui permettait de rechercher le bien en se servant de la raison : voici qu’elle équivaut maintenant à l’acceptation de tout et à la négation du pouvoir de la raison…

La cadre de cet article est trop étroit pour dire tout ce que la philosophie du relativisme et de l’ouverture a induit dans la culture dans laquelle nous sommes. Tout le livre d’Allan Bloom le démontre. Le refus de la notion de vérité, avec un grand V, nous a rendu vulnérable à toutes les séductions et tromperies. Mais n’est-ce pas là ce que veut le diable, selon la formule même de Karl Marx : conduire le monde à sa perdition et le suivre en ricanant !

 

 

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