EGAREMENT

 
Nous avons vu dans le dernier billet à quel point l’esprit de l’Antichrist, dès le début de l’Eglise, fut actif pour tenter de nier l’identité de Jésus, vrai homme et vrai Dieu, Fils de Dieu venu du Père. Malgré toutes ses tentatives, l’esprit de l’Antichrist n’arrivera pas à ses fins. Aussi humaine soit-elle, l’Eglise est d’abord une production divine. Sa pérennité, son salut ne dépendent pas de l’homme. Le Christ-Jésus, qui en est la tête, en est aussi le garant. « Les portes du séjour des morts, a-t-il promis, ne prévaudront pas contre elles : Matthieu 16,18. » Si l’esprit de l’Antichrist a échoué dans l’Eglise, son influence dans le monde n’a cessé de grandir. Le jour vient, et il est proche, où le monde va l’accueillir comme son sauveur ! Si tel est le cas, cette reconnaissance ne sera en rien due au hasard. Elle ne sera que l’aboutissement d’une préparation souterraine des esprits étalée sur des siècles. Habituée à porter crédit au mensonge plus qu’à la vérité, la majorité va succomber à l’égarement pour, dit Paul, que soient jugés tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice : 2 Thessaloniciens 2,12.
LES FONDEMENTS RENVERSES
Malgré tous ses artifices, le mensonge ne peut et n’aura jamais la puissance de la vérité. Quelque part, il sonnera toujours faux. Aussi, pour que le mensonge soit cru, fallait-il s’attaquer dans le monde, non directement à la vérité, mais à ses présupposés. Les présupposés sont des fondements. C’est ce qui, avant une démonstration, est supposé acquis et vrai. Aucun raisonnement en effet, pour être reconnu valable, ne repose sur rien. Il se fonde sur des présupposés qui représentent la base qu’ont en commun ceux qui réfléchissent sur un sujet. C’est à partir de ces présupposés communs que des raisonnements s’élaborent pour former une structure semblable à une construction cohérente. Si, avec vous, je condamne l’adultère, c’est que nous avons sans le dire un présupposé commun. C’est le fait que nous considérions que l’union d’un homme et d’une femme est chose si profonde que sa transgression a valeur de trahison. Otez le présupposé et vous ôterez le caractère coupable de l’adultère !
Notons que, dès la genèse, la stratégie du diable pour entraîner l’humanité dans la révolte a été d’attaquer, non la vérité d’abord, mais le présupposé sur lequel celle-ci reposait dans l’esprit de nos premiers parents. Ce présupposé était que Dieu ne pouvait que dire vrai. Si Satan pouvait mettre le doute sur le présupposé, il savait que toute l’architecture de la pensée construite sur lui s’écroulerait inévitablement. Il vint donc et, en toute innocence, demanda à Eve : Dieu a-t-il réellement dit ? Le doute émis sur la fiabilité de la parole de Dieu, Satan, sans tenir compte de la réaction d’Eve, poursuivit en attaquant les motivations qui étaient à l’origine de l’interdit de Dieu : un autre présupposé, celui de l’amour de Dieu. La foi dans les présupposés qui étaient à la source de la relation entre nos premiers parents et Dieu ébranlée, il ne faudra que peu de temps pour que le doute se transforme en geste. Ce qu’Adam et Eve n’auraient jamais eu l’idée de faire d’eux-mêmes, ils le feront suite à la destruction des présupposés sur lesquels reposait leur confiance en Dieu !
LE RAISONNEMENT : LA CIBLE
« L’homme, dit Blaise Pascal, n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant. » Nul doute qu’en regardant autour de nous, nous voyons dans le règne animal des créatures bien mieux équipées que nous, sur le plan physique, pour dominer le monde. Indéniablement, ce qui fait notre force est la pensée. Que n’avons-nous pas su réaliser à l’aide de la pensée ? Que de progrès, d’inventions, de réalisations… mais aussi d’abominations ! L’homme fonctionnant essentiellement sur la base du raisonnement, Satan l’a compris, c’est celui-ci qu’il faut orienter. Si donc, à la place de la vérité, la pensée se met à adhérer au mensonge, nul n’est besoin d’en faire plus. Telle une marionnette manipulée par le fils invisible de sa pensée, Satan pourra le mener où il veut !
Watchman Nee, un auteur chrétien, dans son livre « L’autorité spirituelle », a bien décrit le processus qui amène l’homme à la rébellion. « L’homme exprime sa rébellion, non seulement en parole et en raison, mais également en pensée. Les paroles séditieuses viennent des raisonnements séditieux, et le raisonnement est mijoté par la pensée. C’est pourquoi la pensée est le facteur principal de la rébellion… L’homme aime bâtir tout autour de sa pensée des raisonnements semblables à des forteresses… tant que la pensée qui en est à la base n’est pas faite prisonnière, il est impossible d’abattre les forteresses qui se sont construites dessus… Le combat que mène le chrétien, dit Paul, est un combat contre des hauteurs qui s’élèvent contre Dieu : 2 Corinthiens 10,5. L’expression « hauteur » signifie exactement « haut bâtiment » dans le texte original. Aux yeux de Dieu, tous les raisonnements humains sont semblables à un gratte-ciel qui empêche l’homme de connaître Dieu. »
Le diagnostic, que pose Watchman Nee sur ce qui est la racine même de la rébellion de l’homme à l’égard de Dieu, est largement confirmé par Jésus. Partout où, dans les Evangiles, Jésus a à faire face au scepticisme ou à l’incrédulité, invariablement il dénonce ce qui se trouve dans la pensée des gens. Après que Jésus ait dit à un paralytique qu’il pardonnait ses péchés, des scribes se dirent entre eux : Il blasphème. Jésus, voyant leurs pensées, dira : Pourquoi avez-vous de mauvaises pensées ? : Matthieu 9,3-4. Le problème de l’incrédulité des scribes venait d’une seule chose ! Dans leur pensée, il était impossible qu’un homme ait l’autorité de Dieu pour pardonner les péchés. La conclusion raisonnable est que Jésus ne pouvait être qu’un blasphémateur. Plus tard, alors que Jésus annonce à Ses disciples qu’il devra être mis à mort, Pierre, son disciple, réagit vivement : Dieu t’en préserve, Seigneur ! Cela ne t’arrivera jamais ! Mais Jésus se retourna et dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! Tu m’es en scandale ! Car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes ! : Matthieu 16,22-23. Jésus n’est ni tendre, ni sympa avec Pierre. Il agit cependant de la sorte pour son bien… et le nôtre ! Il veut que nous en prenions conscience. Chaque raisonnement humain qui n’entre pas dans la logique de la pensée de Dieu est de source diabolique !
Si le danger de mal raisonner est le mal même de la pensée humaine, infectée par l’esprit de l’Antichrist, le danger n’est pas pour autant écarté pour les enfants de Dieu. L’apôtre Jacques nous avertit :
« Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, et qui, après s’être regardé, s’en va, et oublie aussitôt quel il était : Jacques 1,22 à 24. » Il existe en chacun de nous une faculté presque sans limite de nous tromper nous-mêmes et de nous abuser par de faux raisonnements. Il existe en chacun de nous une propension instinctive à altérer ou relativiser par la raison les exigences de Dieu. Il existe en nous une indulgence innée, appuyée par la raison, à l’égard de la gravité que représente aux yeux de Dieu la désobéissance. Tout cela ne provient que d’une seule chose : l’esprit de l’Antichrist, à l’œuvre dans le monde !
CONCLUSION
« Quand les fondements (les présupposés) sont renversés, le juste que ferait-il ? interroge le psalmiste : Psaume 11,3. » Nous avons vu quelle était la cible première du diable pour conduire l’homme à la rébellion. La stratégie restera la même tout au long de l’histoire. Car le diable ne peut rien inventer : il ne fait que copier. Il sait que c’est par la vérité révélée que l’homme croit, que sa pensée et son cœur adhèrent ! Puisque Dieu utilise ce chemin, certainement il est le meilleur ! Aussi va-t-il sans cesse apporter tout au long de l’histoire de nouvelles révélations qui auront un seul objet : détruire les présupposés sur lesquels repose la foi en Dieu et en Christ. Nous prendrons le temps d’en étudier quelques-uns au prochain billet !

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