L’ANTICHRIST VIENT !

 
L’une des preuves avancées par l’apôtre Jean que la dernière heure de l’histoire est arrivée, est la venue imminente de l’Antichrist. « Petits enfants, c’est la dernière heure. Vous avez appris que l’Antichrist vient. Or, déjà maintenant, il y a plusieurs antichrists ; par là nous reconnaissons que c’est la dernière heure : 1 Jean 2,18. » Jean n’est pas le seul à tenir ce discours. L’apôtre Paul, dans une de ses lettres, fait clairement précéder la venue en gloire du Seigneur Jésus de l’apparition de l’Antichrist. Il n’utilise pas pour le désigner le même vocabulaire que Jean, mais les correspondances sont évidentes :

 
« Ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu’on dirait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là. Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu… L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés : 2 Thessaloniciens 2,4 à 10. »

 

Si le jour du Seigneur ne s’est pas encore produit, dit Paul, c’est que l’apostasie (l’abandon de la foi, la désertion des valeurs et des doctrines bibliques) n’est pas encore à son comble. Elle culminera, dit-il, avec l’arrivée de l’homme du péché, du fils de la perdition (titre donné aussi par Jésus à Judas qui l’a trahi : Jean 17,12), l’impie par excellence, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou qu’on adore…

 
L’Antichrist étant le signe dernier de l’imminence du retour de Christ, il est inévitable que, dans le cadre de ce blog, le sujet soit abordé. Essayons de glaner les informations que l’Ecriture nous donne sur le sujet. Disons d’avance qu’elles ne sont pas hyper abondantes, le but de l’Ecriture n’étant pas de révéler ou de glorifier l’Antichrist, mais Celui auquel il est opposé, le Christ-Jésus !

 
L’ESPRIT DE L’ANTICHRIST

 
Si l’Antichrist en personne apparaîtra dans la dernière heure de l’histoire, l’esprit qui le caractérise n’a cessé d’exercer son influence depuis la venue de Jésus. L’apôtre Jean, dans la même lettre, nous dit par quoi est reconnaissable l’esprit de l’Antichrist partout où il est à l’œuvre :

 
« Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde… Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’antéchrist, qui nie le Père et le Fils : 1 Jean 4,3 ; 2,22. »

 
La cible principale de l’Antichrist est Jésus, le Christ. N’ayant pas les moyens de l’éradiquer de l’histoire, son objectif visera une seule chose : travailler à la négation de la double identité de Jésus. Soit, il va faire passer l’idée que Jésus n’était pas un vrai homme et, qu’en ce cas, il ne peut valablement être le représentant de l’homme devant Dieu. Soit, il va agir en sens inverse, et vouloir démontrer qu’en tant qu’homme, il était impossible qu’avec ce qu’il a subi sur la croix, il procède du Père et soit aussi Dieu.

 
1. Bataille au sein de l’Eglise

 
Le moins qu’on puisse dire, au regard de l’histoire, est que l’esprit de l’Antichrist n’a pas chômé. L’Eglise à peine née, une foule de docteurs pénétrera dans l’Eglise pour essayer d’annoncer un autre Jésus que celui que les apôtres prêchaient : 2 Corinthiens 11,4. Il faudra toute la fermeté et l’intelligence spirituelle des apôtres pour que le témoignage de Christ soit maintenu avec fidélité dans les assemblées primitives. L’apôtre Paul ne ménagera pas ses mots pour qualifier ceux qui osaient troubler les croyants en portant atteinte à l’identité de Jésus :

 
« Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ. Et cela n’est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Il n’est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres : 2 Corinthiens 11,13 à 15. »

 
On aurait pu croire qu’avec la formation du Nouveau Testament la controverse sur l’identité de Jésus cesse. C’est faire peu de cas de la ténacité du diable et de son aversion incurable à l’égard de Jésus. Les apôtres partis, les siècles qui suivirent furent l’enjeu de combats répétés pour, qu’une bonne fois pour toutes, soit formulée de la manière la plus exacte et la plus précise l’identité de Jésus. Face à l’arianisme, qui niait la pleine Divinité du Fils et du Saint-Esprit, au subordinatianisme, qui refusait de voir dans le Fils quelqu’un d’égal au Père dans sa nature, à l’adoptianisme, qui faisait de Jésus un homme adopté par le Père comme Fils, au docétisme qui disait que le corps de Jésus n’était qu’une apparence, etc… le symbole de Nicée-Constantinople figea pour de longs siècles la définition de l’identité de Jésus :

 
Je crois en un seul Seigneur Jésus-Christ,
Le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles :
Il est Dieu, né de Dieu,
Lumière, née de la lumière,
Vrai Dieu, né du vrai Dieu,
Engendré, non pas créé, de même nature que le Père ;
Et par lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut,
Il descendit du ciel ;
Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie,
Et s’est fait homme.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,
Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Ecritures,
Et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père.
Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts ;
Et son règne n’aura pas de fin.

 
Le combat fut âpre, et il nous faut rendre ici honneur à de nombreux pères qui, tels Grégoire de Naziance, Grégoire de Nysse ou Athanase d’Alexandrie, luttèrent contre vents et marées, souvent au prix de leurs vies, pour défendre leur attachement à cette vérité centrale de l’Ecriture !

 
2. Bataille hors de l’Eglise

 

Si la bataille pour l’affirmation de l’identité de Christ, vrai homme et vrai Dieu, se livra d’abord dans l’Eglise, et fut remportée en son sein, elle ne cessa jamais hors d’elle. Gouverné par l’esprit de l’Antichrist, le monde ne le reconnut jamais pour ce qu’il est. Toujours à l’œuvre, l’esprit de l’Antichrist suscita sans cesse de nouvelles religions qui, se réclamant de Jésus, n’en nièrent pas moins pour autant son identité. Parmi les plus répandues, citons :

 

– L’Islam, né sous l’impulsion de Mahomet, qui ne reconnaît en Jésus qu’un prophète au même titre que les autres, et qui nie sa mort en croix
– Les Témoins de Jéhovah, pour qui Jésus est un ange créé
– Le Mormons, qui se nomme Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours, pour qui Jésus est le fruit d’une relation sexuelle entre Dieu et Marie

 

L’Esprit de l’Antichrist n’est pas seulement à l’œuvre dans le monde religieux. Partout, nous le voyons agir et s’attaquer de manière permanente par des écrits, des reportages, des enquêtes sur Jésus à sa personne. Nous ne devons donc pas nous étonner si, à la fin, le monde se réunira sous un seul chef, l’Antichrist ! Celui-ci ne fédère-t-il pas déjà la pensée du monde entier en vue d’un seul objectif : nier le Fils de Dieu, venu du Père ?

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