DEMANGEAISON DE CURIOSITE

« Il ne vous appartient pas de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité : Actes 1,7. »

Malgré la parole explicite de Jésus sur le sujet, plusieurs n’ont pu s’empêcher tout au long de l’histoire de pronostiquer avec précision la date du retour de Jésus. Tous, sans exception, se sont trompés ! Ils ont bien tenté, au travers d’explications farfelues, de justifier les raisons pour lesquelles le Seigneur n’est pas revenu visiblement à la date qu’ils avaient prévue. Mais la réalité demeure : parce qu’ils n’ont pas écouté l’avertissement si clair de Jésus, leur caractère de faux prophète est devenu manifeste pour tous.

Aujourd’hui encore, il se trouve des hommes qui affirment, de manière irréfutable, que Jésus reviendra à la date qu’ils ont calculé. N’allez pas leur dire qu’avant eux, d’autres ont fait preuve de la même certitude. Ils vous diront qu’ils ont des raisons bibliques supérieures de croire qu’eux ne se trompent pas. Il y a pourtant un contre-argument, venant de la bouche de Paul, tout aussi biblique à leur prétention :

« Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu’on dirait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là : 2 Thessaloniciens 2,1 à 2. »

Ce que dit Paul ici me semble parfaitement clair ! Tout ce que Jésus a voulu nous dire au sujet de son retour a été dit. Il n’y a rien à attendre de nouveau sur le sujet. Si donc quelqu’un, même sous prétexte d’une révélation ou d’une inspiration, prétend ajouter ou dépasser ce qui a été révélé, il est à coup sûr un faux docteur !

Ces choses dites, la question demeure : pourquoi Jésus n’a-t-il pas tenu d’en dire plus du temps de son humanité sur le sujet ? Il y répondra en partie en disant que la prérogative de cette date revient à son Père seul : Matthieu 24,36. Mais, retourné dans le ciel, justement auprès du Père, il aurait pu en transmettre la révélation à l’un de ses disciples. Paul n’a-t-il pas été transporté dans une vision au paradis où il a, dit-il, entendu des choses ineffables, qu’il n’est pas permis à un homme d’énoncer : 2 Corinthiens 12,4 ? Mais de révélation sur la date du retour de Jésus, point ! Il se trouve cependant que, parmi nous, certains pensent bénéficier de privilèges supérieurs à celui qu’on a surnommé « le premier après l’Unique », l’apôtre Paul. Eux, ils savent quel jour précis Jésus va revenir !

Laissons les parler et cherchons plutôt à savoir pourquoi la sagesse de Dieu a tenu à la dissimulation volontaire de ce jour !

PEDAGOGIE ADAPTEE

Les Ecritures laissent deviner de multiples raisons pour lesquelles Dieu, dans sa sagesse, a tenu à nous cacher le jour exact de la seconde venue de Son Fils. Si Jésus, en son temps, ne se fiait pas à ce que les hommes exprimaient face à lui, il en est de même aujourd’hui. Dieu sait à quel point la nature humaine est versatile, calculatrice. Nul doute que si les disciples de Jésus, et le monde, savaient à quel jour exact Jésus revenait, toute l’histoire de l’humanité et de l’Eglise en aurait été changée. La dissimulation, qui engendre le suspens et le risque de la spéculation, est, je le répète, volontaire. Essayons d’aller plus loin pour en discerner les bienfaits !

1. Pour les disciples de Jésus :

Ils savent que la seconde venue de Jésus est certaine ! Ils y croient parce qu’ils savent que l’histoire ne peut finir autrement ! Jésus est l’Alpha et l’Oméga. Le triomphe de Jésus sur le péché, la mort, le monde et le diable serait inachevé si le royaume de Dieu n’était pas établi ! Ils savent aussi qu’elle se produira comme celle d’un voleur, à un moment inattendu ! Les disciples pourtant, précise Paul, ne devraient pas être surpris. S’ils seront prêts pour ce jour, ce n’est pas en raison d’une révélation particulière qui leur sera communiquée en ce temps. Mais, dit Paul, parce que les disciples de Jésus sont des enfants du jour, des hommes et des femmes qui ne vivent plus dans les ténèbres, mais dans la lumière : 1 Thessaloniciens 5,4-5.

Le premier bienfait qu’engendre la dissimulation volontaire par Dieu de la date du retour de Jésus est que celle-ci oblige chaque enfant de Dieu de chaque époque à la vigilance et à une vie conséquente. Nul vrai disciple n’a envie, au jour où le Seigneur revient, à être trouvé en compagnie des ivrognes, des moqueurs, des jouisseurs de ce monde. « S’il savait, dit Jésus, à quel moment de la nuit le voleur doit venir, le maître de maison veillerait : Matthieu 24,43. » Il n’y a donc aucun mal à ce que chaque génération de chrétiens soit préoccupée par la question du retour de Jésus ! Dieu lui-même l’a voulu ainsi, de manière à ce que, si le retour se produisait, chacun soit prêt !

Une deuxième raison au fait que le Seigneur ait dissimulé la date du retour tient au tri que cette inconnue ne manque pas d’opérer entre ceux qui sont les vrais et les faux disciples de Jésus. A ceux qui s’étonnaient des divisions qui apparaissaient dans les communautés de l’Eglise primitive, Paul répondait : « car il faut qu’il y ait aussi des sectes parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés soient reconnus comme tels au milieu de vous.: 1 Corinthiens 11,19. » Jusqu’à son établissement final, Jésus a prévenu que le royaume serait un mélange entre vrais et faux disciples (aussi ressemblants que des vrais parfois). Le fait que quelqu’un, qui se prétend serviteur de Dieu, se mette à vivre comme le reste du monde, en construisant ici-bas son empire, devrait nous mettre la puce à l’oreille. Nous avons là le portrait de quelqu’un qui ne vit pas dans la bonne perspective. Le vrai disciple de Christ ne peut se sentir à l’aise dans ce monde qui a crucifié son maître. Il ressent au fond de lui le désir d’être avec Christ, ce qui est de loin le meilleur pour lui. Le faux disciple est partagé. Il est certes sensible aux choses d’en-haut, mais son coeur est si arrimé aux choses d’ici-bas qu’elles en sont devenues sa vie. Le retour de Jésus mettra en lumière ce qui se trouve dans les coeurs. Qui est prêt, tel Loth, sortira du monde et se sauvera du jugement qui l’atteindra. Qui ne l’est pas, telle la femme de Loth, ne pourra s’en détacher et périra avec lui !

Un autre bienfait au fait que les disciples de Jésus ne connaissent pas la date du retour de Jésus est que cette ignorance les pousse à poursuivre le témoignage. Si le Seigneur n’est pas revenu, c’est qu’il y a encore des élus qui doivent être appelés. Ce n’est que lorsque le nombre de ceux qui sont destinés à la vie éternelle sera complet que le Seigneur reviendra. « La bonne nouvelle du royaume doit être prêchée au monde entier, a dit Jésus. Alors viendra la fin : Matthieu 14,14. » L’Eglise peut donc poursuivre sa tâche de témoin, prier, élaborer des projets, entreprendre de bonnes oeuvres ! Heureux celui que le maître, à son arrivée, trouvera occupé ainsi !

2. Pour le monde

Alors que la perspective du retour de Jésus pousse les vrais disciples à se sanctifier (se séparer du péché et des convoitises du monde), le fait que l’événement tarde ne sauve pas le monde, mais le condamne toujours plus. Plus Dieu donne de temps au monde pour se repentir, plus le monde donne à Dieu des raisons de le juger et de le condamner. Comme il révèle la vraie nature des enfants de Dieu, le fait que Jésus tarde à revenir manifeste avec force l’inimitié et la rébellion du monde à l’égard de Dieu. Au lieu d’y voir la patience de Dieu et le souhait qui l’habite de ne voir aucun se perdre, le monde répond en se moquant : « Où est la promesse de son avènement ? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création : 2 Pierre 3,4. »

Jésus va revenir ! C’est chose certaine ! Dans quel état spirituel me (vous) trouvera-t-il ? Puisse en ce jour votre coeur, comme la fiancée du Cantique des cantiques, se trouver dans l’attente du bien-aimé !

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