« Le royaume du monde est passé à notre Seigneur et à son Christ ; il régnera à tout jamais… Les nations se sont irritées ; et ta colère est venue, et le temps est venu de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, les petits et les grands, et de détruire ceux qui détruisent la terre : Apocalypse 11,15 et 18.

Un aspect trop peu souligné dans les sujets qui se rapportent au retour de Jésus, et à l’établissement de son règne éternel, est que celui-ci est aussi le temps, pour tous ceux qui, dans ce monde, l’auront aimé et servi, d’être rétribué (ou récompensé). Le sujet des récompenses célestes n’est que rarement abordé dans les prédications. Il constitue pourtant un thème majeur et moteur de l’enseignement de l’Ecriture. Les Evangiles comme les épîtres l’abordent sans pudeur et le présentent comme un des éléments les plus stimulant à une marche conséquente avec Dieu dans la foi. Un rapide tour d’horizon sur le sujet ne sera donc pas inutile.

LA RECOMPENSE DE LA FOI

La foi ne serait pas ce qu’elle est si elle ne se portait pas sur des objets qui ne sont pas visibles et qui touchent à une réalité future. C’est ce que dit, en substance, la définition la plus complète sur la foi que l’on trouve dans l’Ecriture. « La foi est une façon de posséder ce qu’on espère, c’est un moyen d’être sûr des réalités qu’on ne voit pas : Hébreux 11,1. » Tous les hommes de foi dont parle la Bible regardaient à des réalités qui dépassaient leur présent. C’est dans l’espérance de posséder ces réalités dont ils étaient certains qu’ils cheminaient dans ce monde. Pour elles, ils étaient prêts à tous les sacrifices et tous les renoncements. Ainsi, cite en exemple l’Ecriture, Moïse renonça à être appelé fils de la fille du pharaon, préférant être maltraité avec le peuple de Dieu que d’avoir la jouissance éphémère du péché. Il tenait en effet l’humiliation du Christ pour une richesse plus grande que les trésors de l’Egypte ; car il regardait plus loin, vers la récompense : Hébreux 11,24 à 26.

L’idée de récompense fait ainsi partie intégrante du concept de la foi. « Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu, car celui qui s’approche de Dieu doit croire que celui-ci est et qu’il récompense ceux qui le recherchent : Hébreux 11,6. La foi qui consiste à ne croire qu’en l’existence de Dieu n’est pas la vraie foi. C’est une foi incomplète, semblable à celle qu’ont les démons, dit l’apôtre Jacques. « Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi, et ils tremblent : Jacques 2,19. » La vraie foi se caractérise par une attente concrète, celle d’une récompense, d’un salaire, d’une rétribution, d’un gain personnel, sans quoi elle est théorique.

Dans la panoplie que dresse l’auteur de l’épître aux hébreux des héros de la foi, il souligne que certains d’entre eux ont déjà obtenu ici-bas le gain de leur foi. Citant les hommes de Dieu du passé, ils relatent les prodiges et les victoires éclatantes auxquels ces hommes ont eu part par leur foi. « Par la foi, ils vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent la réalisation de promesses, fermèrent la gueule des lions,éteignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l’épée, furent rendus puissants par-delà leur faiblesse, se montrèrent vaillants à la guerre et mirent en fuite des armées étrangères. Des femmes retrouvèrent leurs morts par une résurrection : Hébreux 11,33 à 35. D’autres n’eurent pas ce bonheur. Leur foi les conduisit, non à des gains, mais bien plutôt à des pertes douloureuses. « Mais d’autres furent torturés et n’acceptèrent pas de rédemption, afin d’accéder à une résurrection supérieure. D’autres subirent l’épreuve des moqueries et du fouet, ainsi que les liens et la prison.  Ils furent lapidés, sciés, tués par l’épée ; ils menèrent une vie errante, vêtus de peaux de moutons et de peaux de chèvres, manquant de tout, opprimés, maltraités, — eux dont le monde n’était pas digne ! — errant dans les déserts, les montagnes, les cavernes et les antres de la terre. Et tous ceux-là, qui avaient reçu par leur foi un bon témoignage, n’ont pas obtenu ce qui avait été promis : Hébreux 11,35 à 39. » Pour autant, la promesse de la foi n’est pas perdue. L’heure vient où, le royaume de Dieu établi, ils recevront eux aussi la récompense de leur foi !

LA RECOMPENSE DE L’AMOUR

Il n’y a pas qu’à la foi que, dans l’Ecriture, l’idée de récompense est attachée. Selon les paroles même de Jésus à plusieurs endroits, toutes les oeuvres faites dans la motivation de l’amour seront elles aussi récompensées. « Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète obtiendra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en sa qualité de juste obtiendra une récompense de juste Quiconque donnera à boire ne serait-ce qu’une coupe d’eau fraîche à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis, il ne perdra jamais sa récompense : Matthieu 10,40 à 42. »

Jésus précise dans une parabole célèbre, celle des brebis et des boucs, quel type d’amour entraînera de sa part une récompense au jour du jugement. Alors que toutes les nations sont devant son trône, Jésus sépare l’humanité en deux groupes. Puis, il invite ceux qui doivent hériter du royaume de son Père avec lui à s’approcher. Il leur dit que, s’ils ont part à ce royaume, c’est qu’ils ont fait preuve d’amour à son égard ici-bas. « Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi : Matthieu 25,35-36. » Etonnés, les justes lui demandent quand ils ont pu lui faire tout ce bien ! Le Roi leur répondra alors : « Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites : Matthieu 25,40.

Il y a deux enseignements à tirer de la réponse du Roi. Le premier est que les justes ont démontré leur amour par l’attention qu’ils ont porté à des petits en détresse. Le second est qu’ils ont agi, motivés par un altruisme et un désintérêt total. Ils ont aimé à l’image de Celui qui a donné sa vie pour nous, pour notre salut. Ils seront donc récompensés !

LA RECOMPENSE DE LA FIDELITE

Chacun de nous, qui sommes au service de Dieu, a reçu de sa part un ou plusieurs talents. Si Dieu nous a ainsi qualifiés et dotés de capacités, c’est qu’il désire que nous les fassions fructifier pour sa gloire. Viendra le jour où nous devrons rendre compte à notre maître de ce que nous aurons fait de ces talents. Dans une parabole bien connue, Jésus nous dit ce qui se passera en ce jour. Trois serviteurs nous sont présentés. Les deux premiers ont reçu au départ respectivement cinq et deux talents. Tous les deux se sont investis et ont doublé leur capital de départ. A chacun, le maître dit : « C’est bien ! Tu es un bon esclave, digne de confiance ! Tu as été digne de confiance pour une petite affaire, je te confierai de grandes responsabilités ; entre dans la joie de ton maître : Matthieu 25,21 et 23. » Puis vient le tour du dernier ! Celui-ci, qui n’a reçu qu’un talent, n’a par paresse rien fait. Il prétexte quelques raisons qui le condamnent plus encore qu’elles ne le justifient. Le maître ne fait pas dans le détail. Il retire à celui-ci le seul talent qu’il possédait pour le donner à celui qui en a déjà dix. Puis il ordonne que le serviteur indigne soit chassé loin de sa face et jeté avec les méchants dans les ténèbres du dehors.

Au dernier jour, il n’y aura pas que la foi et l’amour qui seront récompensés. La fidélité au service, dans le temps où le maître était absent, le sera aussi. Des responsabilités glorieuses seront distribuées aux justes au jour de la rétribution. Elles seront proportionnelles, non aux capacités reçues, mais à la fidélité dont chacun aura fait preuve dans son service avec les moyens qu’il aura eu à sa disposition.

LA RECOMPENSE DE LA PERSEVERANCE

A plusieurs reprises, nous voyons les disciples de Jésus s’interroger. Ils se posent la question de savoir s’ils ont bien fait de le suivre ou non. Jean-Baptiste lui-même, au fond de sa prison et dans l’attente de son exécution, a été saisi par le doute. Jésus va rassurer ses disciples. « Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves ; c’est pourquoi je dispose du royaume en votre faveur, comme mon Père en a disposé en ma faveur, afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume, et que vous soyez assis sur des trônes, pour juger les douze tribus d’Israël : Luc 22,28 à 30
.«  Une récompense glorieuse attend ceux qui, dans ce monde, auront persévéré avec Lui !

Les épîtres des apôtres confirment la promesse faite ici par Jésus. De nombreuses fois, elles soulignent le fait que les fidèles du Christ régneront avec Lui. La promesse du partage de la royauté est liée à deux conditions: celle de la persévérance, celle de la part que nous prenons à sa souffrance. « Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec Lui : 2 Timothée 2,12. » « Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui : Romains 8,17. »

Dans sa course et son service pour Christ, l’apôtre Paul n’avait qu’une crainte : celle de perdre la couronne qui lui était réservée en récompense de son service. Pour elle, il était prêt à renoncer à tous les avantages et les privilèges. Il disciplinait son corps et le tenait assujetti, de peur qu’après avoir servi Dieu, ses membres ne viennent à se mettre au service du péché. Il invitait les corinthiens, à qui il s’adresse, à la même rigueur : « Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade courent tous, mais qu’un seul remporte le prix ? Courez de manière à le remporter. Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. Moi donc, je cours, non pas comme à l’aventure ; je frappe, non pas comme battant l’air. Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres : 1 Corinthiens 9,24 à 27. » La crainte de Paul n’était pas ici de perdre son salut (ce qui aurait été contraire à son enseignement sur la sécurité parfaite du croyant dans la grâce), mais bien de perdre la couronne qui lui est réservée par le Seigneur comme récompense à son service !

Tant qu’il sera en route, Paul ne quittera pas cet objectif. Peu de temps avant dans sa lettre, il avait prévenu les corinthiens du danger d’être sauvé sans récompense.  » Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ. Or, si quelqu’un bâtit sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l’œuvre de chacun sera manifestée ; car le jour la fera connaître, parce qu’elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu’est l’œuvre de chacun.Si l’œuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense. Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu : 1 Corinthiens 3,13 à 15. » Ce n’est qu’à la fin de sa course, près de la ligne d’arrivée, que Paul sera rassuré à ce sujet.  » Désormais, dit-il, la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement : 2 Timothée 4,8. »

Retenons du langage de Paul l’importance majeure qu’il donne à l’idée de récompense. La façon dont nous marchons avec le Seigneur ici-bas n’a pas d’incidence seulement sur notre bonheur présent. Elle conditionne la gloire que nous aurons en partage pour l’éternité. Paul suit en cela l’exemple de Jésus qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a enduré la croix et méprisé la honte : Hébreux 12,2.

Le Seigneur revient, et avec lui vient aussi le temps des récompenses pour tous : prophètes, serviteurs, craignant Dieu, petits et grands ! Ne nous laissons pas, pour un gain ou un avantage passager, ravir notre couronne !

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