CAMPAGNE POUR LE DROIT AU BLASPHEME

Suite aux attentats meurtriers du 7 janvier à Paris, qui ont coûté la vie à plusieurs journalistes du mensuel Charlie Hebdo, l’Association « Reporters sans frontières » a initié le lancement d’une campagne intitulée « La liberté d’expression n’a pas de religion » en direction des responsables de culte de toute obédience. Elle les invite ainsi, en signant la proclamation qu’elle a rédigée, a faire valoir avec elle que « nul ne peut imposer son sacré à autrui » et que « chacun est libre d’exprimer des critiques, même irrévérencieuses, envers tout système de pensée politique, philosophique ou religieux. »

Je ne vais pas ici commenter la valeur d’une telle initiative. D’autres avant moi, tel le CNEF l’ont fait, soulignant le caractère ambigu et unilatéral de la démarche. Ce qui m’intéresse plutôt ici est d’analyser ce phénomène à la lumière de ce que dit la Bible et du temps dans lequel nous vivons.

AU COMMENCEMENT DIEU…

Au commencement, Dieu… Telles sont les premières paroles de la Bible ! Tous ceux qui lisent la Bible le savent : celle-ci ne cherche jamais à prouver l’existence de Dieu. Elle l’affirme comme une évidence, une vérité qui découle du bon sens. Il n’y a que l’insensé, celui qui a justement perdu le bon sens, pour dire : Dieu n’existe pas : Psaume 14,1.

Puisque Dieu est au commencement de tout, la logique biblique veut que les créatures qui dépendent de lui pour leur souffle, vivent à la fois dans la crainte respectueuse et la reconnaissance à son égard. « La crainte de Dieu est, selon le sage Salomon, le début de la sagesse (ou de la science) : Proverbes 1,7. » Révérer Dieu n’est pas d’abord un acte religieux. C’est l’attitude normale d’un être qui sait qu’il n’est pas lui-même sa propre fin, qui a conscience qu’un plus grand que lui existe, et que c’est à sa volonté bienveillante qu’il doit d’être et de subsister.

Ce postulat posé, la Bible énonce en dix points ce qui, selon cette logique, doit être la ligne morale qu’il convient de suivre en relation avec Dieu et les autres, notre prochain créé par lui à son image. Ces dix points appelés communément « les Dix commandements » auraient pu aussi être intitulés « Déclaration universelle des droits de Dieu et du prochain ! » La Déclaration, dans ses articles, suit l’ordre de préemption défini par la création. Dieu étant au début de tout, il est logique que son honneur, ses intérêts prévalent sur ceux de l’homme ! Les quatre premiers articles de la Déclaration concerneront donc Dieu, les six suivants le prochain !

Dans les quatre articles qui concernent Dieu, le 3ème nous intéresse particulièrement en lien avec le sujet traité. Voici son énoncé :

 « Tu n’utiliseras pas le nom de l’Eternel, ton Dieu, à la légère, car l’Eternel ne laissera pas impuni celui qui utilisera son nom à la légère. »

Remarquons ici que le texte n’évoque pas l’injure à Dieu. Il invite simplement le croyant à réfléchir à l’utilisation qu’il fait du nom de Dieu, de ce que cela évoque. Car prendre Dieu à témoin, le citer pour appuyer sa cause ne se limite pas à une formule de langage. C’est l’engager dans nos propres affaires, cautionner son autorité pour lui faire porter avec nous la responsabilité de nos actes.

Qui est le premier en danger de salir le nom de Dieu, en l’utilisant à la légère ? D’après le 3ème article de la Déclaration, le croyant ! Or, Dieu est formel ! Il ne laissera pas impuni celui qui ose utiliser Son nom de manière indue. De même que la loi humaine sanctionne l’emploi abusif du nom d’une personne, il sera demandé compte personnellement à celui qui, par audace et légèreté, se sera servi du nom de Dieu pour la défense d’une cause ou la justification d’actes qu’il ne cautionne pas ! Il n’y a pas loin de l’injure à Dieu que d’utiliser son nom de manière irresponsable !

Est-ce à dire pour autant que celui qui est moqueur ou irrévérencieux envers Dieu, auquel il dit ne pas croire, n’est pas coupable ? Je ne le crois pas !

LE TERREAU DU BLASPHEME !

Qui a déjà parlé avec de nombreuses personnes qui se disent athées se rendra vite compte que les vrais athées n’existent pas. La plupart de ceux qui se disent athées n’ont pas pris distance avec l’idée de Dieu en tant que telle. Ce qui les horripilent en pensant à Dieu, ce n’est pas Dieu Lui-même ! C’est le plus souvent l’image qu’ils en ont au travers du regard tronqué qu’ils portent sur les croyants ou sur la réalité. « Si Dieu existait, disent-ils, il n’y aurait pas telle ou telle chose dans le monde ! » « Les religions, disent d’autres, se sont montrés dans l’histoire comme les systèmes les plus oppressifs de la liberté humaine ! »

Peu de ceux qui se disent athées vous diront, qu’au fond d’eux-mêmes, cela les arrange bien de se convaincre que Dieu n’existe pas ! Bien sûr, ils ne peuvent pas le prouver. Leur défense envers ceux qui croient consiste juste à dire qu’eux aussi ne le peuvent pas. Ces mêmes athées seraient les premiers à descendre dans la rue, si on leur retirait certaines libertés qui, en Occident, sont l’héritage de la loi magnifique de Dieu ou de l’apport de l’enseignement de Jésus tout au long des siècles. Selon la formule consacrée, les athées jettent l’enfant avec l’eau du bain. Ils refusent de faire la part des choses entre ce qui a été dévoyé du témoignage original rendu à Dieu, et ce que la Bible en dit réellement.

Il n’est pas étonnant dès lors que, la société occidentale reniant une des sources principales de ce qui fut son intelligence, en vienne à se montrer de plus en plus combattante et méprisante à l’égard de l’idée de Dieu. C’est à elle, en premier, que s’appliquent les paroles de l’apôtre Paul sur l’état d’esprit qui prévaudra dans les derniers jours :

« Sache bien que dans la période finale de l’histoire, les temps seront difficiles. Les hommes seront égoïstes, avides d’argent, vantards et prétentieux. Ils parleront de Dieu d’une manière injurieuse et n’auront pas d’égards pour leurs parents. Ils seront ingrats, dépourvus de respect pour ce qui est sacré, sans cœur, sans pitié, calomniateurs, incapables de se maîtriser, cruels, ennemis du bien ; emportés par leurs passions et enflés d’orgueil, ils seront prêts à toutes les trahisons. Ils aimeront le plaisir plutôt que Dieu : 2 Timothée 3,1 à 4. »

Le tableau vise juste. Il ne dit pas que, dans les derniers jours, les hommes seront athées. Il dit qu’au fond d’eux-mêmes, ils seront de plus en plus contre Dieu. Ils ne feront preuve d’aucun respect envers lui. La raison en est simple : ils refusent de s’embarrasser de lui. La seule chose qui comptera à leurs yeux sera de jouir !

LE BLASPHEME : JUSQU’OU ?

La Bible ne se contente pas d’être vague sur la période finale de l’histoire ! Elle nous parle en termes précis du dernier grand dirigeant du monde, sous la houlette duquel tous les peuples seront conduits. Les noms utilisés par la Bible pour le définir sont équivoques. Il est l’homme de la révolte… l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de dieu, et de tout ce qui est l’objet d’une vénération religieuse… Il ne sera pourtant pas à une contradiction près, puisque lui-même se proclamera Dieu : 2 Thessaloniciens 2,3-4.

L’apôtre Jean, dans son apocalypse, est encore plus précis. Il parle de cet homme comme d’une bête qui sera facilement reconnaissable :

« Et il lui fut donné une bouche qui proférait des paroles arrogantes et des blasphèmes ; et il lui fut donné le pouvoir d’agir pendant quarante-deux mois. Et elle ouvrit sa bouche pour proférer des blasphèmes contre Dieu, pour blasphémer son nom, et son tabernacle, et ceux qui habitent dans le ciel : Apocalypse 13,5-6.

Le visage de cet homme ne nous est pas encore connu. Mais nul doute qu’il ne tardera pas à se révéler. Les événements des derniers jours qui, chose impensable il y a quelques années, conduisent des personnalités bien-pensantes à faire du droit au blasphème la pierre d’angle de la liberté d’expression, en sont le signe avant-coureur certain !

 

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