« Pouvons-nous douter que bientôt notre espèce ira au-delà de nos rêves les plus audacieux, qu’elle parviendra à l’unité et à la paix, et que nos enfants vivront dans un monde plus merveilleux et plus magnifique que tous les palais et tous les jardins de notre connaissance, en devenant de plus en plus forts dans un cercle de réussites sans cesse croissant ? Ce que l’homme a fait, les petites victoires de sa condition actuelle… constituent le prélude des choses qu’il doit encore accomplir : H-G Wells, Abrégé de l’histoire du monde, 1922. »

« Les massacres perpétrés de sang-froid contre des êtres sans défense, le retour de la torture délibérée et organisée, les supplices psychiques et la peur infligée à un monde sans lequel de tels actes semblaient avoir presque disparu – tout cela n’est pas loin d’avoir complétement brisé mon esprit… L’Homo sapiens, comme il aimait à s’appeler, est épuisé : H-G Wells : l’esprit au bout du rouleau, 1946. »

Illusion et Désillusion

Il n’aura fallu que 24 ans à Herbert Georges Wells, auteur connu de romans de science fiction, pour revenir de l’illusion d’un âge d’or dont il révait encore au début du 20ème siècle. Les horreurs de la seconde guerre mondiale, les atrocités dont s’étaient rendus coupables et capables des hommes d’une haute intelligence ont mis fin en lui à l’utopie sans cesse ressucitée d’une humanité capable, par elle seule, d’atteindre un âge d’or. La dernière citation d’H-G Wells prend d’autant plus de relief qu’elle date de la dernière année de sa vie ici-bas. Fin désespérée d’un homme qui a cru toute sa vie en un mensonge pour ne s’apercevoir de son erreur qu’au bord de la tombe!

La foi en un âge d’or à venir n’est pour autant pas morte avec H-G Wells. En témoignent encore en 2015 les articles étonnament optimistes de certains analystes, tel celui édité par le quotidien anglais The Telegraph qui n’hésite pas à baptiser l’année 2014, comme l’année la plus prospère et la plus sûre de l’humanité. Et de citer en vrac les progrès de la médecine rallongeant la longévité humaine, le déclin des grands conflits sur la surface de la planète, les progrès de l’écologie ou le recul de la famine. Pour un peu d’ici 50 ans, tel que le pensait Wells au début du 20ème siècle, le paradis sera à notre portée.

Tout le monde le sait pourtant ! Chaque siècle a généré ses tragédies et le nôtre n’y échappera pas. Il risque même, à cause des moyens de destruction massive qui sont à notre disposition, d’être pire que tous les précédents réunis. Malgré cette évidence, beaucoup continuent à se montrer résolument optimistes. Victimes du syndrome du Titanic, ils répètent l’attitude des passagers du célèbre paquebot dansant et festoyant sans réaliser l’imminente percussion fatale contre un iceberg qui déclenchera le naufrage.

Insouciance fatale

Parlant de l’état d’esprit de la génération qui vivrait son retour, Jésus le compare à celui qui aurait cours peu de temps avant que le déluge ne se produise :

« Comme ont été les jours de Noé, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. En effet, aux jours qui précédèrent le déluge, les gens mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche : et ils ne se doutèrent de rien jusqu’à ce que le déluge vienne et les emporte tous ; il en sera de même à l’avènement du Fils de l’homme : Matthieu 24,37 à 39.

Ils ne se doutèrent de rien ! Combien ces mots sont lourds de sens ! Alors que dans un laps de temps imminent la terre allait être détruite, les contemporains de Noé rêvaient de leur vie future, de leurs belles maisons, des repas qu’ils allaient faire ensemble le prochain week-end. L’un préparait son mariage, l’autre finissait les travaux qui allaient lui permettre d’accueillir une prochaine naissance… sans se douter en aucune manière que ni l’un, ni l’autre ne vivrait ce qu’il était en train de planifier. Notre étonnement paraît grand, en lisant ce que Jésus dit de l’époque précédant Noé. Le texte de la genèse ne dresse pas le même portrait que celui que fait le Seigneur !

« Le Seigneur vit que le mal des humains était grand sur la terre, et que leur coeur ne concevait jamais que des pensées mauvaises… La terre était pervertie aux yeux de Dieu, la terre était pleine de violence. Dieu vit que la terre était pervertie, car tous s’étaient pervertis sur la terre : Genèse 6,5.11.12.

D’où vient cette différence de lecture ? La genèse nous dit quelle vue Dieu avait du monde depuis son ciel. Dans les Evangiles, Jésus nous décrit l’état d’esprit des hommes du temps de Noé : un état d’esprit marqué par l’insouciance, la jouissance, le matérialisme… et l’aveuglement ! Cette différence se retrouve aujourd’hui entre les éditos des utopistes de notre temps et les paroles bibliques concernant la fin des temps !

Un homme, un seul, savait pourtant ce qui allait se produire. Lui se doutait que le monde tel qu’il était n’allait pas durer encore bien longtemps. Prévenu par Dieu, il avait dépensé toute son énergie, sacrifié tous ses biens à ce qu’une arche de salut soit construite. Plus lucides que les hommes, des représentants de chaque espèce animale avaient fait route vers le lieu où se trouvait leur planche de salut. Les hommes ne se doutaient de rien, mais la chèvre et le bouc, le lion et la lionne, l’hippopotame et la girafe avaient plus que des doutes. Ils étaient sûrs et certains de ce qui allait venir de manière imminente.

L’âge d’or

Il me faut cependant avertir mes lecteurs. La Bible nous prévient qu’avant la venue de Jésus, un faux âge d’or se produira sur la terre, sous l’autorité de celui qu’elle désigne comme l’Antichrist. Les hommes enfin rassemblés sous un seul berger se diront : « Paix et sûreté ! L’âge d’or que tous les siècles appelaient de leurs voeux est enfin arrivé. Morts aux récalcitrants et aux pessimistes ! »

Cet âge d’or se finira, comme tous ceux qui l’auront précédé, dans le sang. Voici le récit qu’en fait pour nous, le dernier livre de la Bible :

 » Puis je vis le ciel ouvert, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait s’appelle Fidèle et Véritable, et il juge et combat avec justice. Ses yeux étaient comme une flamme de feu ; sur sa tête étaient plusieurs diadèmes ; il avait un nom écrit, que personne ne connaît, si ce n’est lui-même ; et il était revêtu d’un vêtement teint de sang. Son nom est la Parole de Dieu. Les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs, revêtues d’un fin lin, blanc, pur. De sa bouche sortait une épée aiguë, pour frapper les nations ; il les paîtra avec une verge de fer ; et il foulera la cuve du vin de l’ardente colère du Dieu tout-puissant. Il avait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit: Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Et je vis un ange qui se tenait dans le soleil. Et il cria d’une voix forte, disant à tous les oiseaux qui volaient par le milieu du ciel : Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu, afin de manger la chair des rois, la chair des chefs militaires, la chair des puissants, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous, libres et esclaves, petits et grands. Et je vis la bête, et les rois de la terre, et leurs armées rassemblées pour faire la guerre à celui qui était assis sur le cheval et à son armée. Et la bête fut prise, et avec elle le faux prophète, qui avait fait devant elle les prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête et adoré son image. Ils furent tous les deux jetés vivants dans l’étang ardent de feu et de soufre. Et les autres furent tués par l’épée qui sortait de la bouche de celui qui était assis sur le cheval ; et tous les oiseaux se rassasièrent de leur chair : Apocalypse 19,11 à 21. »

Alors commencera le règne du Christ avec les Siens : le véritable âge d’or !

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