Arrière-plan

Le nom d’Israël revient plus de 2 000 fois dans l’Ancien Testament et 70 fois dans le Nouveau. Israël est donc un sujet incontournable dans la Bible. Tout commence pour Israël après l’épisode de la tour de Babel. L’humanité parlait alors la même langue et utilisait les mêmes mots. Elle forma alors le projet ambitieux de bâtir une ville et une tour dont le sommet atteignait le ciel. Selon l’Ecriture, trois motifs présidèrent à la réalisation de ce projet : l’orgueil (se faire un nom), l’ambition (atteindre le ciel) et un désir d’unité (afin que nous ne soyons pas dispersés sur la terre) : Genèse 11,4. Dieu n’a pas cautionné ce projet. Il y a mis fin en confondant le langage des humains qui, ne se comprenant plus, ne pouvait plus s’entendre. La tour inachevée reçut le nom de Babel qui signifie « confusion ».

Dieu ne condamna pas à Babel l’unité, mais l’uniformité. La confusion du langage fit désormais que, les façons de penser furent multiples, au lieu d’être une dans le monde. « Le langage originel, dit le théologien Erich Sauer, était, pour ainsi dire, comme un vaste miroir, où la nature se reflétait fidèlement. Dieu a depuis lors brisé le miroir. Chaque peuple n’en a retenu que tel fragement, plus ou moins large. Chaque peuple ne voit ainsi qu’un morceau du tout, jamais la totalité. C’est ce qui explique les divergences qui opposent les conceptions des nations en ce qui concerne la religion, la philosophie, l’art, la religion, les sciences et l’histoire, opposition d’où naissent souvent de mutuelles contradictions. »

Appel d’Abraham

L’appel d’Abraham par Dieu se situe dans la Bible juste après l’épisode de la tour de Babel. Manifestement, il est la réponse de Dieu au désir d’unité qui était à la base de ce projet. Par cet appel, Dieu montre qu’il ne dit pas seulement « non » quand il s’oppose à quelque chose. Les « non » de Dieu sont toujours suivis d’un « oui » qui oriente ceux qui font face à son refus vers une autre alternative, bien plus bénéfique pour eux. C’est ainsi que, dans la formulation de l’appel d’Abraham, Dieu reprend le projet de Babel :

« L’Eternel dit à Abram : Va-t-en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. »

Dès le début, la fin est mentionnée. C’est l’aspect universel qui est visé au travers de l’appel de l’individu Abraham. Dieu signifie par l’appel d’Abraham qu’il n’est pas, par la confusion du langage, adversaire de toute union de la race humaine. Au contraire ! Mais il ne veut pas d’une unité qui se fasse en-dehors de lui. Il sera Lui-même le centre de l’unité qu’il souhaite pour l’humanité.

A vue humaine, le projet d’unité de Dieu de la race humaine, débute par un bien faible commencement. Il est cependant nécessaire pour que les bases sur lesquelles il va se réaliser puissent être posées. Abraham est appelé à sortir de son pays, à quitter ses racines, pour aller s’établir ailleurs. Pour faire partie du nouveau peuple que Dieu a en vue, peuple qui inclura des éléments de tous les autres, il faut qu’Abraham soit arraché à son clan. Il doit endosser une nouvelle identité, celle d’un appelé de Dieu, un élu. Puis, à travers lui, il va faire naître un peuple distinct de tous les autres. C’est de là qu’Israël reçoit sa vocation unique et particulière, telle que l’affirme à plusieurs endroits l’Ecriture  :

« Je le vois, dit Balaam, un prophète païen appelé par Balak, le roi Moabite, à maudire Israël, du sommet des rochers, je le contemple du haut des collines : c’est un peuple qui a sa demeure à part, et qui ne fait point partie des nations  : Nombres 23,9.

 » Dieu n’est point un homme pour mentir, ni fils d’un homme pour se repentir. Ce qu’il a dit, ne le fera-t-il pas ? Ce qu’il a déclaré, ne l’exécutera-t il pas ? Voici, j’ai reçu l’ordre de bénir : Il a béni, je ne le révoquerai point. Il n’aperçoit point d’iniquité en Jacob, Il ne voit point d’injustice en Israël ; L’Eternel, son Dieu, est avec lui, Il est son roi, l’objet de son allégresse… Béni soit quiconque te bénira, maudit soit quiconque te maudira : Nombres 23,19 à 21, 24,9. » Quiconque veut maudire Israël aujourd’hui serait sage d’entendre ses paroles !

« Il y a dans toutes les provinces de ton royaume, dit Haman à Assuérus, le roi de Perse, un peuple dispersé et à part parmi tous les peuples, ayant des lois différentes de celles de tous les peuples et n’observant point les lois du roi. Il n’est pas dans l’intérêt du roi de le laisser en repos : Esther 3,8. »

Nous le verrons par la suite : Israël n’a pas été à la hauteur de sa vocation de peuple saint, mis à part pour Dieu. Toutefois, Dieu réalisa le projet qu’il avait dès l’origine en vue par l’appel d’Abraham. De lui naquit le Christ qui, par Son appel, forma du milieu des nations, un nouveau peuple uni par un même amour, un même Esprit. L’unité de ce peuple ne fut jamais aussi visible que le jour de la Pentecôte. En ce jour, la malédiction de Babel fut brisée. Des hommes de toutes langues se retrouvèrent unis pour adorer le même Dieu. Ils étaient tous juifs ou apparentés (convertis). Mais, bientôt, la bénédiction dont ils étaient porteurs allait franchir toutes les barrières. Elle a fini par nous atteindre, et elle continue d’atteindre tous les peuples, toutes les ethnies. Ce peuple est appelé Eglise !

Depuis, la question se pose : que devient dans tout cela, Israël ? C’est ce à quoi nous réfléchirons au prochain article !

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