Alors que j’écris ces lignes, les médias font mention d’un attentat perpétré contre la synagogue de Jérusalem. Cet attentat fait suite à des semaines de troubles dans la capitale juive où jeunes palestiniens et police israélienne se sont affrontés.

Nul doute que le retour du peuple juif dans sa terre et la résurrection d’Israël en tant que nation, le 14 mai 1948, est l’un des signes des temps les plus frappants. Les détracteurs de l’imminence du retour de Christ peuvent faire valoir qu’il y a toujours eu des guerres, des famines, des tremblements de terre, des épidémies. Mais alors que ces fléaux  avaient cours dans le monde, l’absence d’un élément de taille ne permettait pas de penser que l’époque où ils se déroulaient, concernait les derniers jours. Cet élément absent était la présence d’Israël dans le cortège des nations.

Je n’étais pas né en 1948. Mais ceux qui l’étaient, et qui lisaient la Bible, ont tout de suite réalisé qu’un signe eschotologique important venait de se réaliser ce vendredi 14 mai. Israël est l’horloge de Dieu, l’horloge de la prophétie. L’horloge, longtemps arrêtée sur la même heure, s’était remise en route. Depuis, le temps s’accèlère et les évènements de cette année indiquent une fois de plus à quel point Israël est, selon les mots du prophète Zacharie, une pierre pesante pour tous les peuples.

L’élection d’Israël

Je crois au principe de l’élection. Il est une prérogative légitime de Dieu. En effet, en quoi Dieu serait-il souverain s’Il ne pouvait faire des choix qui ne relèvent que de Sa volonté ? Dieu est au ciel, dit un psaume, et Il fait ce qu’Il veut. Suite à l’entrée du péché dans le monde et à l’extinction presque totale d’une première humanité, sous Noé, Dieu s’est révélé à Abraham qui habitait alors dans la ville d’Ur en Chaldée (en Irak actuel). Il lui communiqua cet appel :

« Va-t-en de ton pays, du lieu de tes origines et de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai ; Je rendrai ton nom grand et tu seras une bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai celui qui te maudira : Genèse 12,1 à 3. »

L’appel d’Abraham est l’acte de naissance d’Israël. Abraham ne verra pas la réalisation littérale de la promesse que Dieu lui a donné. C’est par ses descendants, à qui la promesse sera répétée, que la nation verra le jour. Dès le départ cependant, Dieu tint à donner à son engagement envers Abraham les plus grandes sécurités. Le chapitre 15 de la genèse raconte sous quelle forme le contrat d’engagement de Dieu fut scellé : Genèse 15,7 à 12. L’épisode relaté a une signification précise. Il dit que, dans le contrat qui lie Dieu à Israël, c’est Dieu qui se porte garant du caractère perpétuel de l’alliance conclue entre Lui et Israël. C’est une alliance irrévocable. Dieu s’engage à faire d’Israël un peuple mis à part pour Lui. Il définit même ici les frontières qui délimitent sa place parmi les autres peuples :

 » Je donne ce pays à ta descendance, depuis le fleuve d’Egypte jusqu’au grand fleuve, l’Euphrate : Genèse 15,18. »

Israël n’a jamais occupé tout au long de son histoire l’espace que Dieu lui a attribué. Pour sûr, il l’occupera un jour. C’est une question d’engagement et d’honneur pour Dieu ! Les nations peuvent discuter autant qu’elles veulent de la place qui doit être réservée à Israël ici-bas. Israël ne leur appartient pas. En son temps, Dieu réalisera sa promesse !

Ce que l’Eglise doit à Israël

Il y a un mépris et une arrogance d’une certaine frange de l’Eglise de Jésus-Christ à l’égard d’Israël qui sont déplacés. L’apôtre Paul, qui s’est consacré à annoncer l’Evangile aux non-juifs, le dit. Utilisant l’image de l’arbre pour illustrer le peuple de Dieu, il dit :

« Mais si quelques-unes des branches ont été retranchées, et si toi, olivier sauvage, tu as été greffé à leur place, si tu as part à la racine, à la sève de l’oliver, ne fais pas le fier aux dépens des branches. Si tu fais le fier, n’oublie pas que ce n’est pas toi qui portes la racine, mais que c’est la racine qui te porte : Romains 11,17-18. »

L’Eglise ne devrait jamais oublier ce qu’elle doit à Israël ! Car, comme le dit encore Paul dans la même lettre, c’est « aux Israélites qu’appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la loi, le culte, les promesses, les pères… et le Christ : Romains 9,4-5. » Notre Bible, y compris le Nouveau Testament, est juive, les racines de notre foi aussi ! Que nous le voulions ou non, nous sommes liés à Israël par ce que nous croyons au sujet de Dieu et du Messie.

Rien n’a autant porté préjudice à Israël dans l’histoire de l’Eglise que la théologie dite du remplacement. Selon cette théologie, Dieu aurait donné à Israël, depuis la mort de Jésus, une lettre de divorce ! Israël n’est plus le peuple de Dieu, l’Eglise l’a remplacé. Les pères de l’Eglise, qui ont suivi les apôtres, ont brillé dans bien des domaines. Ici, cependant, leurs écrits ont contribué à faire le lit de l’antisémistisme qui a marqué toute l’histoire du peuple juif. Ainsi Ambroise de Milan dans son « Hexaméron », au IVème siècle, considère les Juifs comme irrévocablement pervers et incapables de la moindre bonne pensée. Le Juif est le type même de l’infidèle. Saint-Augustin, son disciple, confirmera par son Traité contre les Juifs. Jean Chrysostome, dans la même époque, n’hésite pas à dire dans un sermon que puisque Dieu hait le peuple juif, les chrétiens eux aussi, sont tenus de le haïr ! On a peine ici à retrouver l’amour de l’apôtre Paul prêt, si cela pouvait sauver ses frères israélites, à être maudit : Romains 9,3

Oui ! Il existe bien un contentieux entre Dieu et Israël. Mais celui-ci en a lui-même fixé les limites. « Je vous le dis, dit Jésus aux juifs qui le rejettaient, vous ne me verrez plus désormais, jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! : Matthieu 23,39. Le Christ-Jésus est le principal contentieux entre Dieu et Israël. Un jour proche, ce contentieux sera levé ! Israël sera alors de nouveau greffé sur l’arbre du peuple de Dieu !

« Or, dit Paul, si leur faute a fait la richesse du monde, et leur défaite la richesse des non-Juifs, à combien plus forte raison en sera-t-il ainsi de leur complet relèvement : Romains 11,12. »

Ainsi parle l’Eternel, qui a fait le soleil pour éclairer le jour, qui a destiné la lune et les étoiles pour éclairer la nuit, qui soulève la mer et fait mugir les flots, lui dont le nom est l’Eternel des armées ! Si ces lois viennent à cesser devant moi, dit l’Eternel, la race d’Israël cessera pour toujours d’être une nation devant moi. Ainsi parle l’Eternel ! Si les cieux en haut peuvent être mesurés, si les fondements de la terre en bas peuvent être sondés, alors je rejetterai toute la race d’Israël, à cause de tout ce qu’ils ont fait, dit l’Eternel : Jérémie 31,35 à 37

Si je t’oublie Jérusalem, que ma droite m’oublie ! : Psaume 137,5

Note : Vous pouvez trouver les écrits des pères dans le livre : Israël dans le développement de la pensée chrétienne : Ronald E. Diprose (Editions la joie de l’Eternel)

 

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