« Vous vous êtes convertis à Dieu, en abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux, son Fils qu’il a ressuscité des morts, Jésus, qui nous délivre de la colère à venir : 1 Thessaloniciens 1,9 et 10. »

L’Eglise de Thessalonique est une jeune église. Paul et Silas, qui sont à l’origine de sa fondation, n’ont pu être longtemps sur place. L’opposition des Juifs fut telle qu’au bout de trois sabbats, ils durent quitter la ville. On sent, dans la lettre que les apôtres écrivent à la jeune communauté, une vive inquiétude. La pression, l’opposition auxquelles les jeunes convertis ont à faire face, vont-t-elles avoir raison de leur foi ? Paul a bien le désir de retourner sur place. Mais Satan, dit-il, l’en a empêché ! Timothée ira donc à sa place : bienfait de l’équipe missionnaire ! Au retour, le jeune collaborateur de Paul apportera de bonnes nouvelles. La foi des Thessaloniciens a tenu bon ! Satan n’a pas eu raison de l’église naissante. Les apôtres sont soulagés et encouragés.

Mais quelle est-elle cette foi qui leur a donné de tenir bon ? Quels en sont les ingrédients, les éléments fondamentaux ? L’intérêt de répondre à ces questions est grand pour deux raisons. La première tient à la briéveté du temps passé sur place par les apôtres. Quant un missionnaire sait qu’il est dans le même lieu plusieurs années, il n’est pas sous la même pression, quant au contenu de l’enseignement qu’il va donner, que quelqu’un qui n’a que quelques semaines devant lui. La seconde tient au fait que nous sommes ici tout au début de l’oeuvre missionnaire. Ce qui fait la foi des Thessaloniciens témoigne de ce qui était principalement enseigné par les apôtres dans les premiers temps de l’Eglise !

LES DEUX VENUES

Il apparaît clairement, dans le verset ci-dessus, que la seconde venue de Jésus faisait partie de l’enseignement fondamental dispensé par les apôtres. Les apôtres concevaient la révélation dont ils étaient porteurs au sujet de Christ comme un tout. Nul doute que, pour la proclamation du salut, la croix et la résurrection de Jésus étaient au centre de leur prédication. Paul le dit clairement dans sa première lettre aux Corinthiens. Mais, dès que les païens étaient devenus chrétiens, immédiatement les apôtres tenaient à ce que ceux-ci vivent désormais dans l’attente de la seconde venue de Jésus.

De nombreux textes du Nouveau Testament témoignent du caractère indissociable de la première et de la seconde venue de Jésus dans la foi que professaient les premiers chrétiens. L’évidence de cette affirmation se confirme par le caractère fortuit de la mention de la seconde venue de Jésus dans des textes dans lesquels on ne s’attendrait pas à la trouver.

Exemples :

« Car en lui vous avez été comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance, le témoignage de Christ ayant été solidement établi parmi vous, de sorte qu’il ne vous manque aucun don dans l’attente où vous êtes de la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ. » Paul avait-il besoin d’ajouter cette portion finale de phrase ? Il l’a fait même sans réfléchir. Il ne fait que rapporter un fait constitutif de la foi des Corinthiens. Dans leur foi quotidienne, ils sont dans l’attente de la manifestation de Jésus.

La même mention se retrouve dans les propos de Paul lorsqu’il parle de la Cène. La Cène est le repas institué par le Seigneur peu avant Son départ. Il rappelle le sacrifice qui, de la part de Jésus, est le fondement de la nouvelle alliance conclue entre Dieu et les croyants. Paul tient, dans l’enseignement qu’il apporte à ce sujet aux Corinthiens, à souligner le caractère temporel de la Cène. La Cène est appelée à être célébrée par toutes les générations de croyants jusqu’à ce que Jésus vienne. Nous avons tort si nous ne considérons la Cène que sous l’angle de l’oeuvre passée du Christ pour nous. La Cène fait partie de ces choses qui, dans la foi, sont vécues dans l’attente. La Cène célèbre l’oeuvre accomplie par Jésus dans le passé lors de sa première venue. Elle fortifie dans le présent la communion des croyants avec Dieu et entre eux. Mais elle pointe aussi vers l’avenir, au jour du grand repas que nous prendrons, selon la promesse du Seigneur, avec lui et les croyants de tous les temps : Matthieu 8,11.

Jean n’est pas en reste dans sa volonté de lier en un seul tout la première et la seconde venue de Jésus. « A Celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang… Voici Il vient avec les nuées, et tout oeil le verra, même ceux qui l’ont percé : Apocalypse 1,5 et 7. » Beaucoup de textes pourraient être ajoutés pour étayer cette réflexion. Mais mon choix étant de n’écrire que des articles courts sur ce blog, je ne vais pas aller ici plus loin. Il suffit au lecteur de la Bible de pointer tous les textes qui évoquent la seconde venue de Jésus pour être convaincu de l’importance de cet élément dans la foi des premiers chrétiens.

La foi des chrétiens perd beaucoup à ne vivre que de l’oeuvre passée du Christ. L’oeuvre passée du Christ pose le fondement de notre salut. Elle ouvre la porte à une relation vivante avec Dieu. Elle nous assure de sa grâce pour le pardon de nos péchés, et la force pour vivre une vie nouvelle et sainte aujourd’hui. Mais la mort et la résurrection de Jésus annoncent aussi Son retour. Elles attestent de la certitude sa victoire sur tous les ennemis de Dieu, et de son couronnement comme Roi des rois éternel et Seigneur des seigneurs. Cette vision seule donne la force aux chrétiens de tenir dans la foi aux jours de l’adversité. Les Thessaloniciens, comme beaucoup d’autres, en sont la preuve. Que dans les temps troublés et difficiles qui viennent, elle soit aussi au coeur de notre foi !

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