LA PERSPECTIVE ESCHATOLOGIQUE : VOIR NOTRE PRESENT A LA LUMIERE DU FUTUR !

LA PERPLEXITE D’HABACUC

Je veux être à mon poste et me tenir sur la tour. Je veux veiller pour voir ce que l’Eternel me dira et ce que je répliquerai à mes reproches. L’Eternel m’a répondu et a dit: « Mets la vision par écrit, grave-la sur des tables afin qu’on la lise couramment.  En effet, c’est encore une vision qui concerne un moment fixé; elle parle de la fin et ne mentira pas. Si elle tarde, attends-la, car elle s’accomplira, elle s’accomplira certainement. Il est plein d’orgueil, celui dont l’âme n’est pas droite, mais le juste vivra par sa foi : Habacuc 2,1 à 4.

Habacuc est un prophète à part. Alors que tous les prophètes sont porteurs d’un message pour leurs contemporains ou pour le futur, il est le seul à ne délivrer aucune parole destinée à soutenir le peuple de Dieu dans l’immédiat. Le livre d’Habacuc relate le dialogue que le prophète a avec son Dieu. Alors que les Babyloniens s’apprêtent à envahir Israël, le prophète s’interroge. Il fait part à Dieu de son questionnement, de sa perplexité. Il ose dire à Dieu ce qu’un prophète ne devrait pas dire : Tes yeux sont trop purs pour voir ce qui est mauvais, tu ne peux pas regarder l’oppression. Pourquoi donc regardes-tu les traîtres ? Pourquoi gardes-tu le silence quand un méchant engloutit plus juste que lui ? : Habacuc 1,13.

Dieu ne va pas directement répondre à la question du prophète. Mais il va lui donner deux choses qui vont l’aider à vivre et à traverser l’époque difficile qu’il connaît et à surmonter ainsi sa perplexité. Nous avons besoin comme le prophète de ces deux choses. Car nous aussi, avouons-le, il nous arrive d’être perplexe par rapport aux voies de Dieu. Nous espérions que notre travail porte du fruit. Nous constatons que ce n’est pas le cas. Nous nous attendions à ce que l’Evangile gagne du terrain dans les cœurs. Mais nous faisons le constat que l’incrédulité et la dureté de cœur sont de plus en plus grandes ? De quoi a-t-on besoin lorsque la perplexité tend à nous envahir ?

UNE VISION

La première chose que Dieu va donner à Habacuc, c’est une vision. Lorsqu’il est parlé de vision dans l’Ecriture, cela ne s’applique pas forcément à une sorte d’image que nous viendrait par révélation. La vision dont avait besoin Habacuc, c’est une vue plus large de la réalité que celle qu’il avait devant ses yeux. La vue d’Habacuc sur les événements qui se produisaient était collée au présent. Elle ne s’inscrivait pas dans un plan, un dessein plus vaste. Si Habacuc avait eu cette vue dès le début, beaucoup des « pourquoi » et des « jusques-à-quand » qui parsèment son livre seraient tombés d’eux-mêmes.

Comme Habacuc, nous avons besoin pour notre présent de la perspective eschatologique des choses. Si nous ne l’avons pas, nous risquons fort, comme lui, de tomber dans l’abattement ou le découragement. Car, c’est vrai, souvent les choses semblent aller dans le sens contraire que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Aussi, sans la vue d’ensemble de l’œuvre de Dieu, pouvons-nous nous mettre à douter : Dieu est-il si fiable que cela ? Ne fait-il pas erreur ? Est-il vraiment au contrôle ?

TEMOIGNAGES BIBLIQUES

Il faut remarquer ici que, quel que soit l’homme de Dieu dont parle la Bible, chacun a dû passer par cette étape de perplexité. Abraham avait bien reçu des promesses de la part de Dieu. Mais le temps passait et rien ne se produisait comme annoncé. Sa femme était stérile et le restait. Puisque Dieu ne faisait pas ce qu’il avait promis, Abraham chercha à bidouiller une solution de fortune. Il s’unit à Agar, sa servante, et Ismaël naquit. Mais cela ne fit que compliquer les choses. Abraham retrouva la foi en Dieu. Il fut certain que ce que Dieu promet, il peut l’accomplir. Sa vue dépassa sa situation présente et se porta sur le futur certain, puisque promis par Dieu. Et Isaac, le fils de la promesse, naquit.

Néhémie interrogea ses frères qui rentraient de Jérusalem sur l’état de l’avancement des travaux de reconstruction de la ville. Le rapport qu’il entendit le jeta dans la désolation. Pour autant, il ne se résigna pas. Il s’adressa à Dieu pour invoquer sa grâce et lui rappeler ses promesses. Il n’était pas possible que les choses restent dans l’état. L’humiliation d’Israël ne pouvait être perpétuelle. Fort de sa conviction, il profita de sa proximité avec le roi de Perse (il était son échanson), pour oser lui adresser une demande qui nécessitait son autorisation. Le roi la lui accorda car, dit-il, la bonne main de Dieu était sur lui : Néhémie 2,8. Néhémie put partir pour entreprendre la reconstruction des murailles de la ville. Néhémie ne se résigna pas parce qu’il était habité par une perspective eschatologique. Il croyait en Dieu, sa Parole, ses promesses. Il n’était pas possible que le projet de Dieu avec Israël fasse échec.

Nous pourrions encore parler ainsi de beaucoup d’autres, tels David, Moïse, ou Jésus. Tous sont passés par le même chemin. Mais tous ont triomphé, parce qui les portait ne venait pas de cette terre, mais leur avait été donné des cieux : la vision du futur et des fins dernières dans laquelle s’inscrivait leur présent.

PERSPECTIVE ESCHATOLOGIQUE

La Bible est un livre essentiellement eschatologique, c’est-à-dire, porté sur le futur et les fins dernières. Qui la lit sans avoir en tête cette perspective sera inévitablement troublé. Car le présent que l’on traverse peut fort bien nous donner l’impression que ce ne sont pas les projets de Dieu qui se réalisent, mais ceux des méchants. Asaph, dans le psaume 73, témoigne de la perplexité qui l’envahit à cause de cela. Celle-ci s’évanouit pourtant aussitôt qu’il put pénétrer dans les sanctuaires de Dieu et voir le sort final des méchants : Psaume 73,16-17.

Trop souvent, je l’avoue, la perplexité d’Asaph m’envahit aussi. Cela sert-il encore à quelque chose en France de parler de Jésus, d’annoncer l’Evangile ? Qu’est devenue toute la semence jetée en terre ? Où sont les millions d’Evangiles, de Bibles distribuées dans la rue, les maisons, etc… ? Quand cesseront les discours de l’arrogance, les paroles de ceux qui renversent les fondements et veulent appeler le bien mal, et le mal bien ?

Avec Habacuc, il nous faut revenir à la vision que Dieu nous donne dans sa parole des fins dernières. Un temps est annoncé où la connaissance de Dieu couvrira la terre comme la mer couvre le fond des eaux. Après cette époque dans laquelle nous sommes, où la rébellion de l’homme va atteindre son paroxysme, des choses extraordinaires vont se produire. Au sein de sa détresse la plus grande, Israël va reconnaître comme Messie celui qu’ils ont percé. La conversion des Juifs à Jésus va produire le plus grand réveil et la plus grande bénédiction pour le monde. Christ lui-même reviendra et établira son règne à Jérusalem. Oui, le Jésus dont nous parlons aujourd’hui, et dont si peu veulent entendre parler, sera le personnage clé de l’avenir. On verra alors, à la surprise générale, la semence jetée en terre et cachée lever d’un coup.

LE PRINCIPE

Outre la vision, Dieu a donné à Habacuc un principe : le juste vivra par sa foi. Il n’a jamais été dans la pensée de Dieu que ceux avec qui il travaille marchent par la vue ou le simple raisonnement. Dieu n’est pas l’actionnaire d’une entreprise qui ne pense qu’à une chose : au profit immédiat qu’il peut faire de son investissement. Dieu est un semeur. Il croit au principe de vie qui habite la semence et qui, inéluctablement, produira une moisson. Celle-ci peut sembler bien longue à lever, mais elle lèvera ! Dieu n’est pas un homme pour se tromper ou mentir.

Comment vaincre ses doutes et sa perplexité ? Nous avons ici la réponse de Dieu : s’attacher à la vision et vivre par la foi. Fixons nos regards sur la fin des choses. Travaillons dans une perspective eschatologique. L’apôtre Paul nous le dit : Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, travaillant de mieux en mieux à l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail ne sera pas vain dans le Seigneur : 1 Corinthiens 15,58.

LA GLOIRE D’ISRAËL

LUC

Désireux d’écrire un Evangile, Luc nous précise dans son introduction dans quel état d’esprit il se trouve pour effectuer ce travail. Plusieurs récits des faits qui se sont accomplis en Israël, touchant la personne de Jésus existent déjà. Luc en tient compte, mais ne veut pas en être tributaire. A la manière d’un enquêteur, il va faire un véritable d’investigation. Beaucoup de choses ont déjà été dites sur Jésus, mais Luc tient à s’informer et à les vérifier. En particulier, dit-il, il va remonter le cours du temps pour examiner ce qui s’est passé depuis les origines.

Où débutent les faits qui sont en lien avec l’histoire de Jésus ? Luc commence son récit aux jours d’Hérode, au temps où Jean-Baptiste, précurseur de Jésus naît. Il relate ensuite l’annonciation à Marie, la visite de Marie à sa cousine Elisabeth, mère du futur Jean-Baptiste. Puis Jésus naît à Bethléem et est présenté quelques jours plus tard dans le temple à Jérusalem. Ici, Luc nous fait part de deux rencontres avec les parents de Jésus que nul autre Evangile ne relate : avec un vieillard nommé Syméon, et une veuve âgée appelée Anne. Intéressons-nous à la première de ces rencontres.

SIMEON

Siméon nous est décrit par Luc comme un Juif peu ordinaire. Juste et pieux, il avait été averti par Dieu qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ, qui était pour lui la consolation d’Israël. : Luc 2,25-26. Siméon n’était pas en alerte de ce qui allait se produire juste à cause de sa piété. L’Esprit saint, dit Luc, était sur lui. Dès qu’il vit Jésus porté par sa mère, Siméon sut qu’il avait sous les yeux l’objet de son attente. Prenant l’enfant, il va prophétiser sur ce qu’il sera dans les temps futurs :

Maintenant Maître, dit-il à Dieu, tu laisses ton esclave s’en aller en paix selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, celui que tu as préparé devant tous les peuples, lumière pour la révélation aux nations, et gloire de ton peuple, Israël : Luc 2,29 à 31.

Précise, exacte, la prophétie de Siméon donne à réfléchir. En tant que juif pieux, pétri de l’attente du Messie et de la consolation d’Israël, on aurait pu s’attendre à ce que Siméon célèbre Jésus en premier en lien avec son peuple. Il ne le fait pas ! Ce que Siméon perçoit de Jésus en premier est qu’il sera le Messie préparé pour les peuples, la lumière qui éclairera les nations. Puis ensuite, il dit qu’il sera la gloire d’Israël. Il y a là un ordre particulier, contraire à la logique, mais vérifiable par l’histoire.

JESUS : LA HONTE D’ISRAEL

Siméon est le seul dans tout le Nouveau Testament à prédire que Jésus sera la gloire d’Israël. Il le fait après avoir dit qu’il sera la lumière des nations. L’ordre des mots de Siméon ne relève pas du hasard. Alors que l’Evangile a d’abord été prêché aux Juifs, les actes relèvent que ceux-ci, dans leur grande majorité ne le reçoivent pas. L’opposition est telle qu’à un certain moment Paul et Barnabas vont prendre une décision qui va réorienter complètement leur ministère. S’adressant à leurs anciens coreligionnaires juifs, ils diront :

« C’est à vous premièrement que la parole de Dieu devait être annoncée ; mais, puisque vous la repoussez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les païens : Actes 13,48. »

La décision de Paul et Barnabas va ouvrir la porte à la réalisation de la première partie de la prophétie de Siméon. Il faut le constater depuis : le second aspect de la prophétie, pour l’heure, n’est pas réalisé. Il suffit pour s’en convaincre d’interroger un Juif religieux sur ce qu’il pense de Jésus. Il vous dira que, loin d’être la gloire d’Israël, Jésus en est la honte. Jésus est, aux yeux de nombreux Juifs, la cause de multiples malheurs qui se sont produits dans l’histoire. Ne les a-t-on pas persécutés pendant des siècles parce qu’ils étaient considérés par les nations éclairées par l’Evangile comme un peuple déicide, tout ceci à cause de la mort de Jésus. Oui, Jésus est un Juif, sans doute le plus connu de tous dans le monde. Mais en aucun cas, cela ne suffirait pour qu’il soit désigné, reconnu, admiré par les Juifs aujourd’hui comme la gloire d’Israël.

JESUS : LA GLOIRE FUTURE D’ISRAËL

Si jusqu’à ce jour, Jésus est perçu comme la honte d’Israël, il ne le sera pas indéfiniment. Car la prophétie du vieux Siméon dans le temple s’accomplira. Il y a d’ailleurs ici déjà en germes tous les éléments de sa réalisation.

Pétri des promesses des prophètes, le vieux Siméon, objet de l’éclairage de Dieu, n’a pas parlé à la légère. Siméon avait dans le cœur et dans l’esprit la vision globale de l’œuvre messianique. Il prédit à Marie la douleur personnelle que sera pour elle ce fils qu’elle portait au temple. Il prophétise avec justesse le signe de contradiction qu’il sera parmi les gens de son peuple : Luc 2,34-35. Mais la vision le porte plus loin. Il voit les effets de sa venue parmi les nations, puis ce qu’il sera aussi un jour pour Israël.

A quoi pensait Siméon lorsqu’il dit une telle chose ? Pour qui lit et connaît les prophètes, il n’est pas difficile de l’imaginer. Comme Siméon, les prophètes hébreux ne parlaient pas d’eux-mêmes. Pierre nous dit ce qui les animait, et ce qui faisait l’objet de leur attention :

« Les prophètes qui ont parlé de la grâce qui vous était destinée en ont fait l’objet de leurs recherches et de leurs investigations. Ils se sont appliqués à découvrir quelle époque et quelles circonstances désignait l’Esprit du Christ qui était en eux, Esprit qui, d’avance, attestait les souffrances du Christ et la gloire qui s’ensuivrait : 1 Pierre 1,10 -11. »

Les prophètes étaient tout aussi sérieux que Luc et Siméon. Ils n’ont rien dit qui ne relevait du hasard, ou de la spéculation. Tout ce qu’ils ont dit au sujet du Christ se réalisera. Or, une grande partie de leurs annonces touchent à la gloire future de Celui-ci en lien avec Israël. Siméon a raison : après avoir été la lumière des nations, Jésus sera bien la gloire d’Israël !

PROPHETIES : EXTRAITS

Il serait trop fastidieux et long, dans le cadre de cet article, de rapporter tout ce qui touche à la gloire future du Christ pour Israël. Je me bornerai donc à certains passages parmi les plus clairs, apportant un éclairage éclatant sur le sujet. Pour lire les prophètes, il nous faut appliquer la règle qui convient aux autres textes de la Parole : il nous faut prendre les mots dans ce qu’ils signifient dans leur premier sens pour leur auteur et pour ceux à qui il s’adressaient. Sans quoi, nous courons le risque de faire dire à l’Ecriture ce que nous voulons y voir, et non ce qu’elle dit.

ESAÏE

« Il arrivera, dans la suite des temps, que la montagne de la maison de l’Eternel sera fondée sur le sommet des montagnes, qu’elle s’élèvera par-dessus les collines, et que toutes les nations y afflueront.  Des peuples s’y rendront en foule, et diront : Venez, et montons à la montagne de l’Eternel, à la maison du Dieu de Jacob, afin qu’il nous enseigne ses voies, et que nous marchions dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem la parole de l’Eternel. Il sera le juge des nations, l’arbitre d’un grand nombre de peuples. De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, et de leurs lances des serpes : Une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, et l’on n’apprendra plus la guerre : Esaïe 2,2 à 5. »

Que dit ce texte ? Il est parlé d’un temps où L’Eternel sera le Juge des nations, l’arbitre des peuples. L’Eternel sera à Jérusalem dans sa maison sur le mont Sion. Les peuples y viendront en foule pour entendre sa Parole. Il est donc parlé d’un temps messianique pour le monde, temps où l’Eternel règnera de manière visible à partir du Temple qui sera reconstruit à Jérusalem. Deux autres textes apportent quelques précisions supplémentaires au sujet du climat qui règnera sur terre lors de cette période glorieuse :

Puis un rameau sortira du tronc d’Isaï, et un rejeton naîtra de ses racines.  L’Esprit de l’Eternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l’Eternel. Il respirera la crainte de l’Eternel ; il ne jugera point sur l’apparence, il ne prononcera point sur un ouï-dire.  Mais il jugera les pauvres avec équité, et il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre ; il frappera la terre de sa parole comme d’une verge, et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant.  La justice sera la ceinture de ses flancs, et la fidélité la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l’agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira. La vache et l’ourse auront un même pâturage, Leurs petits un même gîte ; et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère, Et l’enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic.  Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte ; Car la terre sera remplie de la connaissance de l’Eternel, Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. En ce jour, le rejeton d’Isaï sera là comme une bannière pour les peuples ; Les nations se tourneront vers lui, et la gloire sera sa demeure (ou son lieu de repos sera glorieux).

« Les étrangers qui s’attacheront à l’Eternel pour le servir, pour aimer le nom de l’Eternel, pour être ses serviteurs, tous ceux qui garderont le sabbat, pour ne point le profaner, et qui persévéreront dans mon alliance, je les amènerai sur ma montagne sainte, et je les réjouirai dans ma maison de prière ; Leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel ; Car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples : Esaïe 56,6-7. »

Considéré comme le 5ème Evangile, le livre d’Esaïe est sans ambiguïté sur la dimension de l’œuvre glorieuse du Messie. Cette œuvre est liée à Israël, à Jérusalem, au Temple, considéré ici comme un lieu, une Maison vers laquelle se rendent tous les peuples pour écouter la parole de l’Eternel, et lui rendre un culte. Esaïe a vu la gloire d’Israël, il a vu Jésus sur le trône, il a vu la maison de Dieu devenir le phare à partir duquel rayonnera la lumière pour tous les peuples.

AGGEE

Aggée est le prophète de la reconstruction du second temple. Alors que les Juifs pleuraient sur la gloire passée du 1er temple qui avait été détruit, Aggée leur prédit une gloire future pour le temple qui dépassera celle du passé :

« Quel est parmi vous le survivant qui ait vu cette maison dans sa gloire première ? Et comment la voyez-vous maintenant ? Telle qu’elle est, ne paraît-elle pas comme rien à vos yeux ? Maintenant fortifie-toi, Zorobabel ! dit l’Eternel. Fortifie-toi, Josué, fils de Jotsadak, souverain sacrificateur ! Fortifie-toi, peuple entier du pays ! dit l’Eternel. Et travaillez ! Car je suis avec vous, dit l’Eternel des armées. Je reste fidèle à l’alliance que j’ai faite avec vous quand vous sortîtes de l’Egypte, et mon esprit est au milieu de vous ; Ne craignez pas ! Car ainsi parle l’Eternel des armées : Encore un peu de temps, et j’ébranlerai les cieux et la terre, la mer et le sec ; j’ébranlerai toutes les nations ; Les trésors de toutes les nations viendront, et je remplirai de gloire cette maison, dit l’Eternel des armées. »

Là aussi, la parole d’Aggée est précise ! La gloire qui rayonnera du Messie est inséparable de la gloire de la maison de Dieu. Il en a toujours été ainsi. Dès le début, Dieu a manifesté sa gloire dans le tabernacle construit du temps de Moïse. Puis elle est apparue au moment où le Temple de Salomon a été finie. Elle se manifestera de nouveau au temps où le Messie sera la gloire d’Israël !

ZACHARIE

« Beaucoup de peuples et de nombreuses nations viendront chercher l’Eternel des armées à Jérusalem et implorer l’Eternel. Ainsi parle l’Eternel des armées : En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues des nations saisiront un Juif par le pan de son vêtement et diront : Nous irons avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous : Zacharie 8,22-23.

JEREMIE

« Revenez, enfants rebelles, dit l’Eternel ; car je suis votre maître. Je vous prendrai, un d’une ville, deux d’une famille, et je vous ramènerai dans Sion. Je vous donnerai des bergers selon mon cœur, et ils vous paîtront avec intelligence et avec sagesse. Lorsque vous aurez multiplié et fructifié dans le pays,eEn ces jours-là, dit l’Eternel, on ne parlera plus de l’arche de l’alliance de l’Eternel ; Elle ne viendra plus à la pensée ; on ne se la rappellera plus, on ne s’apercevra plus de son absence, Et l’on n’en fera point une autre. En ce temps-là, on appellera Jérusalem le trône de l’Eternel ; Toutes les nations s’assembleront à Jérusalem, au nom de l’Eternel, et elles ne suivront plus les penchants de leur mauvais cœur : Jérémie 3,14 à 17

Il faudrait pour être complet cité d’autres prophètes comme Daniel, Osée, Ezéchiel. Je voudrais conclure en saluant la lucidité d’un vieil homme, qui se tenait dans le temple et attendait la consolation d’Israël. Il l’a vu sur les traits de l’enfant que portait une vierge. Il a vu Jésus, la gloire d’Israël.

 

DISPERSION ET RETOUR D’ISRAËL

DISPERSION

Alors qu’Israël n’existait pas en tant que nation et qu’il était sur le point de la faire entrer dans le pays que Dieu lui avait promis, Moïse prédit, avec une précision étonnante le futur exact du peuple juif. A trois reprises, il se trouve que le prophète évoque la dispersion du peuple parmi toutes les nations :

1ère mention :

L’Eternel te fera battre par tes ennemis ; tu sortiras contre eux par un seul chemin, et tu t’enfuiras devant eux par sept chemins ; et tu seras un objet d’effroi pour tous les royaumes de la terre : Deutéronome 28,25.

C’est ce qui se produisit au temps où l’Assyrie déporta Israël et mit fin à son existence en tant que nation. Asaph, dans un psaume, en donne la raison : Ils contrarièrent Dieu par leurs hauts lieux ; ils provoquèrent sa jalousie par leurs statues. Dieu entendit et il s’emporta. Il rejeta complètement Israël. Il délaissa la demeure de Silo, la tente où il demeurait avec les humains. Il livra sa puissance à la captivité et sa splendeur à l’adversaire : Psaume 78,58 à 61. Nous sommes ici en – 722 av. J-C.

2ème mention :

Le Seigneur te fera marcher, toi et ton roi que tu auras placé à ta tête, vers une nation que tu n’auras pas connue, ni toi ni tes pères. Là, tu serviras d’autres dieux, du bois et de la pierre. Tu deviendras un sujet de stupéfaction, de fable et de raillerie parmi tous les peuples chez qui le Seigneur te mènera : Deutéronome 28,36-37.

Là aussi, remarquons la précision étonnante de la prophétie ! Moïse ne parle pas seulement de la déportation du peuple. Il mentionne aussi son roi, le roi qu’Israël se sera choisi, ce qui se produisit au temps de Samuel. Moïse mentionne aussi une déportation orientée surtout vers une nation. C’est ce qui se produira au cours de ce que l’on appelle le second exil. Jérusalem et tout le royaume de Juda sera pris par Nabuchodonosor, le roi babylonien. La maison de Dieu sera brûlée, le roi Sédécias déporté et il ne restera plus rien de la gloire passé d’Israël. Nous sommes ici en – 587 av J.C.

3ème mention :

Le Seigneur te dispersera parmi tous les peuples, d’une extrémité de la terre à l’autre. Là, tu serviras d’autres dieux que ni toi, ni tes pères, n’avez connus, du bois et de la pierre. Parmi ces nations, tu ne seras pas tranquille, et tes pieds ne trouveront pas de lieu de repos. Le Seigneur rendra ton cœur agité ; tes yeux seront épuisés et ta vie affaiblie : Deutéronome 28,64.

Comment ici ne pas penser à la troisième dispersion des Juifs en l’an 70 après Jésus-Christ ! Depuis ce moment, Israël n’a jamais connu de vrai temps de repos. Objet de la haine de la chrétienté puis des musulmans, le juif errant est le bouc émissaire de tous les maux de la terre.

La parole prophétique de Moïse s’est accomplie ! La 3ème dispersion des Juifs, suivie de la naissance de l’Eglise de Jésus-Christ, scelle-t-elle pour autant le sort définitif de la nation juive, en tant que peuple choisi. Le Messie, qui est appelé la gloire d’Israël, l’est-il seulement dans un sens spirituel ? C’est ce que nous voulons essayer de comprendre.

RETOUR

Si l’on s’en tient juste au discours de Moïse, la réponse à ses questions est évidente. Si Moïse s’était arrêté sur le plan prophétique au chapitre 29 du Deutéronome, oui, l’on pourrait conclure qu’une fois la 3ème dispersion survenue, c’en était fini d’Israël. Dieu se serait lassé de lui et l’aurait désormais exclu de Son dessein. Mais ce n’est pas là le langage que tient Moïse :

Si tu reviens au Seigneur, si tu l’écoutes de tout ton cœur… alors le Seigneur, ton Dieu, rétablira ta situation. Il aura compassion de toi, il te rassemblera encore d’entre tous les peuples où le Seigneur t’aura dispersé. Quand tu serais banni aux extrémités du ciel, le Seigneur, ton Dieu, te rassemblera de là, il te prendra de là. Le Seigneur, ton Dieu, te ramènera DANS LE PAYS DONT TES PERES AVAIENT PRIS POSSESSION ; il te fera du bien, te rendra plus nombreux que tes pères. Le Seigneur circoncira ton cœur et le cœur de ta descendance pour que tu aimes le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur… Le Seigneur te comblera de biens en faisant prospérer tout le travail de tes mains, le fruit de ton ventre, le fruit de ton bétail et le fuit de TA terre… : Deutéronome 30,2 à 6.9.

S’il y a eu, pendant des siècles, méprise de la part des nations quant à l’interprétation à donner la dispersion, au malheur et aux différents exils vécus par le peuple juif, il n’y en a jamais eu de la part de Dieu. Il n’a jamais été dans l’intention, à aucun moment et à aucun endroit dans toute la Bible, de la part de Dieu de rejeter le projet qui fut le sien dès l’origine avec Israël. Certes, l’Eglise de Jésus-Christ peut à juste titre être appelée aussi l’Israël de Dieu. Mais vouloir substituer entièrement les promesses faites spécifiquement à Israël comme nation pour les appliquer à l’Eglise, c’est outrepasser le sens des textes et donner aux mots qu’ils utilisent pour décrire la réalité une connotation qui n’y figure pas.

« Si Israël n’a plus aucun avenir, si nous devons le  considérer comme définitivement rejeté par Dieu quant à sa destinée et sa vocation ; si nous devons attribuer à l’Eglise par le jeu d’une exégèse symbolisante, les prophéties de l’Ancien Testament concernant le peuple de Dieu ; si nous devons renoncer à donner aux termes bibliques leur valeur propre ; si le Royaume du Messie sur terre doit être regardé désormais comme une pure conception de l’esprit :

… alors, le plan de Dieu dans l’histoire aboutirait à un lamentable échec. Et ce ne sont pas les proclamations d’une seigneurie purement spirituelle du Christ, d’un règne purement intérieur, ou du seul Royaume céleste qui convaincront le monde de la réalité de cette seigneurie.

… alors, je devrais renoncer à comprendre le sens de l’Ancien Testament et de l’épître aux Romains quant à Israël, et je devrais renoncer à comprendre le sens du Nouveau Testament quant à l’Eglise : son origine, sa vocation et sa destinée (professeur André Lamorte, doyen de la faculté de théologie d’Aix-en Provence de 1939 à 1954).

Je rejoins pour ma part pleinement cette opinion. Les prophéties énoncées par Moïse sur le futur d’Israël alors qu’il n’est pas encore véritablement né, ne sont pas uniques. Elles sont étayées par de multiples autres que l’on trouve dans la bouche des prophètes qui l’ont suivi.

« Voici, les jours viennent, dit l’Eternel, où le laboureur suivra de près le moissonneur, et celui qui foule le raisin celui qui répand la semence, où le moût ruissellera des montagnes et coulera de toutes les collines. Je ramènerai les captifs de mon peuple d’Israël ; ils rebâtiront les villes dévastées et les habiteront, ils planteront des vignes et en boiront le vin, ils établiront des jardins et en mangeront les fruits. Je les planterai dans leur pays, et ils ne seront plus arrachés du pays que je leur ai donné, dit L’Eternel, ton Dieu : Amos 9,14-15. »

« Que les nations se réveillent, et qu’elles montent vers la vallée de Josaphat ! Car là je siégerai pour juger toutes les nations d’alentour. Saisissez la faucille, car la moisson est mûre ! Venez, foulez, Car le pressoir est plein, Les cuves regorgent ! Car grande est leur méchanceté,  C’est une multitude, une multitude, dans la vallée du jugement ; Car le jour de l’Eternel est proche, dans la vallée du jugement. Le soleil et la lune s’obscurcissent, et les étoiles retirent leur éclat. De Sion l’Eternel rugit, de Jérusalem il fait entendre sa voix ; les cieux et la terre sont ébranlés. Mais l’Eternel est un refuge pour son peuple, un abri pour les enfants d’Israël. Et vous saurez que je suis l’Eternel, votre Dieu, résidant à Sion, ma sainte montagne. Jérusalem sera sainte, et les étrangers n’y passeront plus : Joël 3,12 à 17. »

« Dans un instant de colère, je t’avais un moment dérobé ma face, mais avec un amour éternel j’aurai compassion de toi, dit ton rédempteur, l’Eternel.  Il en sera pour moi comme des eaux de Noé : j’avais juré que les eaux de Noé ne se répandraient plus sur la terre ; je jure de même de ne plus m’irriter contre toi et de ne plus te menacer. Quand les montagnes s’éloigneraient, quand les collines chancelleraient, mon amour ne s’éloignera point de toi, et mon alliance de paix ne chancellera point, dit l’Eternel, qui a compassion de toi : Esaïe 54,8 à 10. »

« Ainsi parle l’Eternel : Si je n’ai pas fait mon alliance avec le jour et avec la nuit, si je n’ai pas établi les lois des cieux et de la terre,  alors aussi je rejetterai la postérité de Jacob et de David, mon serviteur, et je ne prendrai plus dans sa postérité ceux qui domineront sur les descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Car je ramènerai leurs captifs, et j’aurai pitié d’eux : Jérémie 33,25-26. »

Non ! L’histoire de Dieu avec Israël n’est pas finie ! Et les temps qui viennent vont vite nous le démontrer !

 

 

La renaissance d’Israël !

VISITE EN ISRAËL

Je rentre d’Israël. Pendant une dizaine de jours, de Dan à Beer-Shéba, j’ai eu sous les yeux le miracle de la renaissance de la nation juive. Ce miracle est inexplicable et totalement incompréhensible si on ne le rattache pas au statut particulier de ce peuple dans l’histoire, le peuple élu de Dieu. Certes, Israël n’a pas connu le temps où il a été visité par son Dieu, dans la personne de Jésus-Christ, son Fils. Les conséquences en ont été tragiques pour Israël et elles figurent de manière littérale dans l’Evangile. Lorsque Jésus approcha du haut de la montagne des Oliviers de Jérusalem, il dit :

Si toi aussi tu avais su, en ce jour, comment trouver la paix ! Mais maintenant cela t’est caché. Car des jours viendront sur toi où tes ennemis t’entoureront de palissades, t’encercleront et te presseront de toutes parts ; ils t’écraseront, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps de l’intervention divine : Luc 20, 42 à 44.

Vue de Jérusalem du Mont des Oliviers
Vue de Jérusalem du Mont des Oliviers

 

Les vestiges, les pierres renversées du temple que l’on trouve dans la vieille ville de David, témoignent encore aujourd’hui de la violence impitoyable qui frappera Jérusalem quelques années après la mort de Jésus. Israël sera anéanti. Les derniers résistants, repliés dans la forteresse de Massada, au-dessus de la Mer morte, préfèreront se donner la mort les uns aux autres plutôt que de tomber entre les mains des légions romaines.

Vue depuis Massada
Vue depuis Massada

La parole de Jésus identifie clairement la cause du malheur passé d’Israël. Alors que les prophètes, tel Esaïe, avait annoncé que le Messie attendu par Israël viendrait dans la faiblesse, la nation ne l’a pas reconnue. Les paroles du prophète étaient pourtant explicites. Le chapitre 53 de son livre, que les Juifs refusent toujours d’introduire dans la parashat (un cycle de sections hebdomadaires définis de lecture de la Torah depuis la première destruction du Temple), en témoigne :

Qui a cru à ce qui nous était annoncé ? Le bras du Seigneur pour qui s’est-il dévoilé ? Il s’est élevé devant lui comme un rejeton, comme une racine qui sort d’une terre assoiffée. Il n’avait ni apparence, ni éclat pour que nous le regardions, et son aspect n’avait rien pour nous plaire : Esaïe 53,1 et 2.

La parole de Jésus établit que c’est par lui que la paix de Jérusalem sera assurée. Aussi, affirme-t-il sans ambages que tant que les Juifs pieux de son peuple ne le reconnaîtront pas, celle-ci fuira loin d’eux :

Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! Mais vous ne l’avez pas voulu. Eh bien, votre maison vous est laissée déserte. Car je vous dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur : Matthieu 23,37 à 39.

LA RENAISSANCE D’ISRAËL

Qui se rend en Israël ne peut être que frappé par le miracle de la renaissance du pays. Une renaissance qui se constate à tous les niveaux, mais de manière frappante par la production foisonnante de fruits et de légumes dans le pays. Manifestement, le temps où la maison d’Israël est laissée déserte est révolu.

Epices d'Israël dans le chouk juif
Epices d’Israël dans le chouk juif

 

Il y a en Israël une vie, un dynamisme, une foi en vertu desquels la jeune nation n’a rien à envier à nos pays décadents et déclinant. Si Israël renaît, c’est manifestement qu’un temps nouveau s’ouvre devant lui. Jésus, qui a annoncé la disparition, l’écrasement et la dispersion de son peuple, en a aussi prédit les limites :

Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis : Luc 21,24.

Il est remarquable que ce soit à notre époque et de manière simultanée que deux paroles précises de Jésus s’accomplissent sous nos yeux. Dans son célèbre sermon eschatologique sur la fin des temps, Jésus a donné comme signe final de l’imminence de son retour le fait que la bonne nouvelle de l’Evangile serait proclamée par toute la terre habitée. Ce sera, dit Jésus, un témoignage pour toutes les nations. Alors viendra la fin : Matthieu 24,14. Ce temps, avec tous les moyens de communication à notre portée est le nôtre. Les pays peuvent fermer leurs frontières. Ils ne peuvent empêcher les ondes de pénétrer. Même s’il y a encore du travail, l’Evangile parti de Jérusalem est en passe d’atteindre les extrémités du monde !

Aussi ne doit-on pas s’étonner si, dans ce même temps, la maison d’Israël renait et le désert refleurit, selon les prophéties anciennes :

Car le palais est délaissé, la ville tumultueuse est abandonnée ; l’Ophel et la Tour deviendront pour toujours des grottes ; ils feront la gaieté des ânes sauvages et la pâture des troupeaux… jusqu’à ce qu’un souffle soit déversé d’en haut, que le désert se change en verger, et que le verger soit considéré comme une forêt : Esaïe 32,14-15.

La renaissance a commencé. Elle n’est pas du goût du monde, en particulier des voisins d’Israël, anciennes puissances qui lui ont toujours été hostiles. Mais tous les efforts pour étouffer la vie qui, juste après la Shoah, a ressuscité, ont été vains. La nation juive est née et rien, ni personne n’aura désormais le pouvoir de la détruire. Il en va de la parole et de la promesse de Dieu ! En vue de quoi cette résurrection a-t-elle eu lieu ? C’est ce que je traiterai dans le prochain billet.

LA GRANDE DETRESSE QUI VIENT !

VOTRE PIRE CAUCHEMAR

Lorsque vous pensez à l’avenir et à celui de vos enfants, quel est votre pire cauchemar ? Quel est, parmi tous ces maux possibles, celui que vous craignez le plus : une guerre nucléaire mondiale, un conflit de civilisation qui met nos pays à feu et à sang, un effondrement économique et financier ruineux, une disette de nourriture et d’eau, une épidémie due à une maladie nouvelle et mortelle, une pollution à une si grande échelle que l’air devient irrespirable et l’eau imbuvable, des catastrophes naturelles d’une ampleur inégalée, des bouleversements cosmiques incontrôlables… ?

Lorsque vous pensez au passé, quelle période de l’histoire n’auriez-vous pas aimé vivre ? Dans quel lieu, situation êtes-vous reconnaissants de ne jamais vous être trouvé ? Laquelle des 29 images de ce site (veille perso) vous attristent le plus ?

S’il y a une chose qui soit certaine dans l’histoire, c’est qu’il n’est aucun siècle où l’humanité n’ait connu, à plus ou moins forte échelle, la détresse. Même si les historiens font des efforts considérables pour nous le rappeler, il faut avouer que, plongés dans notre confort et notre tranquillité, nous n’en avons que très peu conscience. Oui, il y a 70 ans, une guerre terrible a occasionné la mort de 60 millions de personnes, soit 2,5% de la population mondiale, mais c’est déjà le passé… Oui, des populations entières ont disparu par manque de nourriture au Biafra, au Sahel, au Soudan au XXème siècle… mais ce n’est pas à notre porte.

UNE ANGOISSE DIFFUSE

Quoi que nous fassions pour nous dire que cela ne nous arrivera pas, un sentiment diffus d’angoisse se fait sentir. Nulle part, les nouvelles ne sont rassurantes. Sur le plan économique, l’une des plus grandes banques du monde, la Deutsche Bank est en quasi-faillite. « La Deutsch Bank est un gros bâton de dynamite susceptible de souffler le secteur financier européen en cas de déflagration, écrit l’analyste Gilles Leclercq. Ce que nous savons est que la mèche est allumée. Ce que nous ne connaissons pas, c’est la longueur de la mèche ni sa vitesse de combustion. » Que notre argent soit en sécurité dans les banques, cela paraît évident pour la majorité ! Cependant, l’histoire l’a déjà prouvé : rien n’est moins sûr !

Sur le plan international, le jeu de dupe entre grandes puissances prend un tour menaçant pour le monde entier. Empêtrés dans le bourbier syrien qu’ils ont contribué à créer, Etats-Unis et Russie, avec leurs alliés respectifs, conduisent le monde vers une 3ème guerre mondiale, à propos de laquelle Einstein a dit : « Je ne sais pas comment sera la 3ème guerre mondiale, mais je sais qu’il n’y aura plus beaucoup de monde pour voir la 4ème ! » Dans les colonnes du journal Bild, le chef de la diplomatie allemande ne cache pas ses craintes. Il dit ouvertement que la période actuelle est plus dangereuse qu’au temps de la guerre froide, et que le danger d’une confrontation militaire est considérable ! Oui ! Le monde est à la croisée des chemins : il y va de sa survie. Dans un élan prophétique, David Wilkerson a pressenti ce conflit et a écrit comment cela finirait : voir ici. Les temps qui viennent nous diront s’il s’est trompé !

Sur le plan civilisationnel, le constat est là, et certains hommes politiques qui, jusque-là, le niaient, commencent à l’admettre. Il y a un problème de fond insoluble entre l’Islam et l’Occident. Les valeurs de l’un sont incompatibles, inconciliables avec celles de l’autre. Bien des humanistes et des musulmans prétendent le contraire ! Mais ce n’est qu’en niant volontairement le fait que l’Islam est plus qu’une foi, un système politique qui réglemente la vie dans tous ses détails. Leur utopisme ne trompe qu’eux-mêmes. Les musulmans intégristes savent quel objectif leur dicte le prophète : pas autre chose que l’islamisation du monde !

Outre cette question, que dire de ces déplacements dramatiques de populations venues du Sud qui croient trouver dans nos pays leur salut ? Qui sait et qui peut prédire à quoi cela va nous mener dans les années qui viennent ?

Sur le plan climatique, les météorologistes s’accordent pour dire que rien ne va plus. Chaque année, de nouveaux records en tous genres sont battus. L’ouragan Matthew qui vient de passer sur Haïti a causé la mort d’au moins 800 personnes. Des inondations sans précédent provoquent dans nos pays de nouveaux dégâts considérables. L’année 2016 est déjà classée comme la pire année pour la récolte du blé en France. Dans le sud de la France, cet été, des centaines d’hectares de vigne ont été décimés par des orages de grêle d’’une grande violence.

Il y a deux jours, le National Geographic lançait une alerte sérieuse au sujet de ce qu’on appelle « le Big one » en Californie, due à la recrudescence d’activité sismique près de la faille bien connue de San Andreas. Selon un expert, les ressorts du système San Andreas sont remontés si forts qu’à tout moment ils risquent d’exploser. Certes, ce n’est pas la première fois qu’une telle annonce est faite. Mais le délai habituel constaté entre des séismes majeurs dans cette région est déjà dépassé.

Non ! Quel que soit le côté duquel on se tourne, quel que soit le domaine qu’on étudie, les nouvelles ne sont pas rassurantes. Notre monde est à l’aube d’une détresse majeure, celle que Jésus a lui-même désignée sous les mots de « grande tribulation. »

LA GRANDE TRIBULATION

Lisons le texte biblique précis dans lequel Jésus parle de cette détresse finale qui atteindra le monde entier :

Car la détresse, en ces jours, sera telle qu’il n’y en a point eu de semblable depuis le commencement du monde que Dieu a créé jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais.  Et, si le Seigneur n’avait abrégé ces jours, personne ne serait sauvé ; mais il les a abrégés, à cause des élus qu’il a choisis.  Si quelqu’un vous dit alors : Le Christ est ici, ou : Il est là, ne le croyez pas.  Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes ; ils feront des prodiges et des miracles pour séduire les élus, s’il était possible. Soyez sur vos gardes : je vous ai tout annoncé d’avance. Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées.  Alors on verra le Fils de l’homme venant sur les nuées avec une grande puissance et avec gloire : Marc 13,19 à 26.

L’enseignement de Jésus sur le sujet porte sur 5 points :

1er point : la grande tribulation sera la pire détresse de l’histoire

Oubliée la crise économique de 1929 et ses longues files d’attente dans les magasins pour acheter le minimum nécessaire. Périmées les périodes de rationnement pendant lesquelles chacun doit venir avec ses tickets en échange d’eau et de pain. Désuets les précédents krachs financiers qui ont conduit certains riches au suicide suite aux pertes pécunières colossales subies. Aux oubliettes les 2,5% de la population qui ont péri lors de la dernière guerre mondiale. Dépassés les camps de concentration où les hommes mourraient de faim, et étaient enterrés par centaines dans des fosses communes. Caduques les pollutions qui tuaient dans un certain périmètre toute la faune maritime. Petits les 4 000 morts irradiés par la catastrophe de Tchernobyl. Surclassés les 200 000 morts du tsunami de 2004… Tout cela ne sera que peu de chose face à la détresse qui vient. En ce temps, dit Jésus, les hommes rendront l’âme de terreur dans l’attente de ce qui surviendra.

2ème point : la période sera abrégée à cause des élus

Sommes-nous de ceux qui pensent que, en tant que chrétiens, nous passerons entre les gouttes ? Jésus ne soutient pas cette pensée. Il dit au contraire que, s’il n’y avait pas les élus, cette période sonnerait la fin, l’extinction de l’humanité. Ce n’est que par compassion pour ceux qui seront à lui lors de cette période la plus sombre de l’histoire, que celle-ci sera écourtée.

3ème point : la période sera une période de séduction sans égale

Jamais les hommes ne sont autant prêts à faire allégeance à des messies que lorsqu’ils se sentent en péril au point de ne plus savoir comment ils pourraient vivre demain. Le chaos a toujours été le terreau sur lequel s’édifiait les plus grandes dictatures. Certains le savent et y travaillent savamment aujourd’hui, préparant l’arrivée de leur messie sensé sauver le monde. La seule raison pour laquelle il n’apparaît pas est que l’ébranlement n’est pas suffisamment puissant. Les hommes politiques sont de plus en plus dépassés, mais le système tient encore debout. Au jour où il s’écroulera, la porte s’ouvrira pour la venue du christ humain, le faux christ par excellence, l’Antichrist.

4ème point : la période sera une période de signes surnaturels et de bouleversements cosmiques inédits

L’Apocalypse, qui se calque sur la prophétie de Jésus, n’est pas avare de détails à ce sujet. Il parle du tiers de la terre brûlée, d’une montagne embrasée qui tombe dans la mer et la change en sang, du tiers de l’humanité qui périt à cause de la pollution des eaux, du soleil et de la lune qui perdent le tiers de leur clarté, puis du soleil qui brûle tellement que les hommes en blasphèment Dieu qui a autorité sur ses fléaux. Non vraiment, nous n’avons encore rien vu !

5ème point : la période sera celle qui précèdera le retour en gloire de Jésus

Ce retour ne se fera pas en catimini. Il sera vu de tous, à cause de la gloire par laquelle il se réalisera. Jésus reviendra sur les nuées, accompagné des armées célestes pour mettre fin au règne du mensonge, de la violence, de la corruption, de l’impiété, du sacrilège, de la folie meurtrière. Il viendra, dit-il, pour rassembler les élus des quatre vents, de l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.

A cette perspective, il me reste à vous poser deux questions :

  • Etes-vous prêts à affronter ce qui va venir ?
  • Où serez-vous lorsque Jésus paraîtra ? Serez-vous pris avec lui ou laissé avec les impies ?

 

POURQUOI LE MAL ?

LE PROBLEME DU MAL

Le mal est perçu, d’un point de vue biblique, comme un problème vaste et complexe. On ne peut le réduire à des choix humains, à des systèmes sociaux ou à des problèmes psychologiques ni à un simple manque d’éducation. De fait, on ne peut même pas le situer tout à fait dans l’ensemble de ces forces réunies. Nous ne pouvons pas non plus adopter la démarche consistant à désigner des boucs émissaires, démarche qui a causé énormément de ravages dans l’histoire et qui revient à affirmer que le mal est principalement causé par ces gens-là, là-bas. Ces « gens-là » peuvent être d’une certaine race, classe sociale, nation, religion ou idéologie politique. D’après la Bible, le mal est à la fois naturel et surnaturel ; il est à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de nous ; il est individuel et il s’inscrit dans un système social. Il est humainement impossible d’y échapper complètement ou même de le comprendre dans ses moindres détails.

DUALISME ET MONISME

Historiquement, deux principaux points de vue se sont affrontés pour tenter d’expliquer la nature du mal. D’après la première approche, le dualisme, le bien et le mal sont des forces égales et opposées dans le monde. La réalité repose fondamentalement sur le conflit entre ces deux forces, qui vont se combattre jusqu’à la fin des temps, voire éternellement. Cela signifie qu’il n’y a absolument aucun triomphe possible. Dans cette vision des choses, Dieu n’est pas vraiment plus puissant que Satan. Saint-Augustin souligne, dans La cité de Dieu, le caractère dualiste du paganisme : la plupart des religions païennes ont de bons dieux et de mauvais dieux, des puissances bonnes et des puissances mauvaises. Cela signifie que le monde est fondamentalement et irrémédiablement un endroit violent, et qu’il ne peut y régner ni l’ordre, ni la beauté, ni l’espoir. Il est constitué de multiples centres de pouvoir toujours en guerre les uns contre les autres. Vous pouvez peut-être parvenir à créer un îlot de paix et d’ordre, mais quelque chose finira par le détruire. On ne peut pas vraiment espérer trouver un moyen de mettre un terme au conflit et d’apporter une paix durable.

L’autre approche philosophique du mal est le monisme ou panthéisme. Cette conception se situe à l’opposé du dualisme : la réalité est une. Tout fait partie de Dieu ; Dieu est tout et, par conséquent, tout finit par faire un avec tout. Les individualités sont en quelque sorte une illusion. Nous sommes tous liés d’une façon profonde, pas simplement par notre expérience commune de l’humanité mais, en fin de compte, amalgamés les uns aux autres. Dans cette vision des choses, contrairement au dualisme, le mal et la souffrance ne sont pas éternels ni insurmontables ; en fait, ils n’existent pas vraiment et peuvent être assimilés à une illusion.

DANS NOTRE SOCIETE

Il est intéressant de noter que la société profane moderne aborde le mal de façon plutôt fragmentée et incohérente, en empruntant à ces deux approches. D’une part, comme dans le polythéisme ancien, on voit le monde comme n’ayant pas été créé par un seul artiste tout-puissant mais comme étant le produit de forces violentes et indomptables. Non seulement l’univers physique est le produit d’une série interminable d’explosions et de combustions, mais nous-mêmes ne sommes que le produit de l’évolution, de la survie du plus fort. Si cette représentation du monde est exacte, il n’y a pas de remède à la violence, puisqu’elle imprègne toute la réalité. Nous sommes arrivés ici par des moyens violents et vides de sens, et nous continuerons d’exister et d’évoluer de la même façon.

En même temps, de nombreux penseurs non-croyants considèrent le mal humain comme résultant de mauvais systèmes sociaux ou de maladies psychologiques. Au 19ème siècle, on a commencé à suggérer que les tueurs en série étaient le produit d’une mauvaise éducation, de la pauvreté ou d’une privation quelconque. Il devait leur être arrivé quelque chose pour qu’ils en arrivent à commettre un meurtre, le mal n’étant pas inhérent aux êtres humains.

LA VISION CHRETIENNE DU MAL

De façon intéressante, le christianisme ne penche ni vers le dualisme ni vers le monisme. Il mentionne quelque chose que vous considérerez peut-être comme légèrement plus plausible qu’auparavant : un véritable diable. S’il est vrai qu’il existe effectivement des forces démoniaques, on ne peut réduire le mal dans le monde à des choix humains. Ne vous méprenez pas : les êtres humains sont tous en mesure, par eux-mêmes, de commettre de grands péchés et, bien évidemment, ces choix humains immoraux représentent un élément important de la matrice du mal dans le monde. Mais, il y a plus de mal dans le monde qu’on ne peut l’expliquer par l’effet cumulatif de mauvais choix personnels, et l’on peut attribuer une partie de ce mal à des forces démoniaques réelles.

Toutefois, le christianisme n’est pas dualiste : les forces démoniaques ne sont pas les égales de Dieu. Le diable est un ange déchu à la tête des anges déchus, et Dieu est infiniment plus puissant. En fin de compte, non seulement il pourra  les vaincre tous, mais il est certain qu’il le fera. Voilà la promesse et l’espoir électrisants insufflés par chaque page de la Bible.

 

Extrait du livre de Timothy Keller : Rencontres avec Jésus – Editions Ourania

L’Evangile dénaturé des derniers jours !

Nous avons vu dans le dernier post par quoi se caractériserait la mentalité des derniers jours de l’humanité. Plus que jamais l’égoïsme primera. Le monde perdra la notion et le sens du sacré. Il plongera dans une barbarie et une cruauté conséquentes à l’irrespect généralisé. Il valorisera l’Argent comme le dieu à encenser et à servir. Il reléguera la foi à un formalisme sans vie. Il prônera la recherche du plaisir immédiat comme la fin ultime de toutes choses.

Dans une société marquée par une telle mentalité, qu’en sera-t-il de l’évangélisation ? A quelles difficultés particulières les porteurs du message de l’Evangile devront-ils faire face. La suite de la seconde épître de Paul à Timothée y répond !

Le temps viendra où les hommes ne voudront plus rien savoir de l’enseignement authentique. Au gré de leurs propres désirs, ils se choisiront une foule de maîtres à qui ils ne demanderont que de leur caresser agréablement les oreilles. Ils détourneront l’oreille de la vérité pour écouter des récits de pure invention : 2 Timothée 4,3-4.

LES MENSONGES AGREABLES

C’est une caractéristique assumée de la Parole de Dieu. Elle n’est pas là pour flatter l’homme. Si Dieu aime passionnément son peuple et ses créatures, il estime que le plus grand bien qu’il puisse leur faire est de leur parler en vérité. Dès le début, l’Ecriture ne cache rien de la duplicité, du mensonge, de la fourberie auxquels les êtres humains se livrent. Même les plus grands héros de la foi ne sont pas épargnés. Le livre de la genèse nous parle de l’ivresse de Noé, des demi-mensonges d’Abraham, du caractère tortueux d’un Jacob. Elle témoigne du penchant de David pour les belles femmes, de son adultère avec Bath-Shéba suivi du meurtre organisé de son mari Urie. Tout ami qu’il fut du roi, Nathan le prophète, après lui avoir raconté l’histoire inventée d’un riche spoliant un pauvre du seul bien qu’il possédait, n’hésitera pas à lui dire : « Tu es cet homme-là, David ! »

« Tu es cet homme-là ! » Voilà bien le verdict que nos contemporains, égoïstes et imbus d’eux-mêmes comme jamais, ne veulent pas entendre. Et il faut dire que l’on fait tout pour que, quelque part, ils ne soient jamais ni responsables, ni coupables de leurs crimes. « Au 19ème siècle, écrit Timothée Keller, on a commencé à suggérer que les tueurs en série étaient le produit d’une mauvaise éducation, de la pauvreté ou d’une privation quelconque. Il devait leur être arrivé quelque chose pour qu’ils en arrivent à commettre un meurtre, le mal n’étant pas inhérent aux êtres humains. La pensée profane contemporaine est relativiste : elle souligne que ce qui est mal dans une culture donnée ne l’est pas dans une autre. Celui que l’un voit comme un terroriste, l’autre le voit comme un combattant pour la liberté. Le mal n’est donc qu’une question de perception… Si l’on se débarrasse de la notion de péché, de Satan et de mal cosmique, toute mauvaise action ne peut avoir que des racines psychologiques ou sociologiques.[1] »

Quel en est la conséquence concrète ? La réponse nous est donnée par un passage du livre « Le silence des agneaux. Alors que Clarice Starling interroge le monstre Hannibal Lecter pour les crimes qu’il a commis, celui-ci lui répond : « Vous devez dire à toutes les familles des pauvres gens que j’ai décapités et mangés que ma mère ne m’aimait pas. Vous ne pouvez pas m’en tenir pour responsable. Vous ne pouvez même pas, elle, l’en tenir pour responsable… » Puis il ajoute moqueur : « Il ne m’est rien arrivé. J’ai agi en toute connaissance de cause. Vous ne pouvez pas me réduire à une série d’influences. Vous avez abandonné le bien et le mal, agent Starling… Vous avez mis moralement des couches à tout le monde, personne n’est plus responsable. Seriez-vous capables de me qualifier d’être malfaisant ? Est-ce que je fais le mal, agent Starling ? »

Telle est la question qui vaut pour chacune et chacun. Certes, nous ne sommes pas tous des monstres ! Mais à quoi attribue-t-on le mal que nous commettons tous : mensonge, convoitise, haine, jalousie, excès de toutes sortes ! Sommes-nous des êtres malfaisants par nature ? Ou, selon les discours des maîtres nouveaux qui veulent nous caresser dans le sens du poil, tout cela n’est-il dû qu’à notre mauvais environnement ?

LES MOTS DESAGREABLES DE L’EVANGILE

Le fait que les mots de l’Evangile sonnent de manière désagréable aux oreilles de l’homme n’est pas propre à notre temps. Il en fut toujours ainsi. Mais il est indéniable qu’à notre époque dite moderne, les mots de l’Evangile sont à contre-courant total de la mentalité ambiante. Une simple lecture du livre des Actes nous donne un aperçu des mots de l’Evangile difficiles à entendre par l’homme mauvais !

Alors qu’il se trouvait devant le gouverneur Félix prêt à l’entendre, Paul discourut sur la justice, la tempérance et le jugement à venir. La réaction du gouverneur ne se fit pas attendre. Effrayé par les thèmes abordés par Paul, il lui dit : « Pour le moment, retire-toi ; quand j’en trouverai l’occasion, je te rappellerai : Actes 24,25. » Il ne le fera jamais. Entendre, en tant que gouverneur, qu’un jour on devrait rendre compte à Dieu de sa vie, de ses abus, de ses injustices, fut plus que Félix ne put entendre. Les mots de l’Evangile grinçaient à ses oreilles comme une musique funeste.

Alors qu’il parlait à ses compatriotes juifs qui venaient de mettre à mort Jésus, Etienne utilisa l’Ecriture pour leur montrer qu’ils ne valaient pas mieux que leurs pères qui ont tué les prophètes et adoré des idoles. Ce qu’ils entendaient, dit le texte, les exaspérait ; ils grinçaient des dents contre lui. Pour autant, Etienne ne s’arrêta pas ici. Il poursuivit. Levant les yeux, il vit Jésus debout à la droite de Dieu et dit : « Je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu ! » Ce fut plus qu’ils ne pouvaient supporter. Ils poussèrent alors de grands cris en SE BOUCHANT LES OREILLES. Tous ensemble, ils se précipitèrent sur lui pour le lapider : Actes 7. Ici encore, les mots de l’Evangile ne passèrent pas. Le geste des auditeurs est significatif. Ils sont prêts à tout entendre sauf les vérités fondamentales de l’Evangile.

Nous pourrions encore citer d’autres passages du livre des Actes, tel celui qui provoqua à Ephèse une émeute contre Paul. Le problème ici était que la prédication de Paul mettait en péril le commerce de la vente de petites idoles à l’effigie de la déesse Diane. Les mots de l’Evangile qui condamnaient l’idolâtrie ne passèrent pas !

LA GRACE A BON MARCHE

Si aujourd’hui il n’y a plus beaucoup de villes qui vivent du commerce de l’idolâtrie religieuse (quoique), il n’en reste pas moins vrai que notre génération préfère un Evangile dénaturé à celui que prêchait Paul. Dietrich Bonhoeffer en dénonça déjà la teneur au milieu du XXème siècle en pleine montée du nazisme. Dans son livre, « Le prix de la grâce », il nous dit de quoi est fait cet Evangile moderne agréable à écouter :

« La grâce à bon marché est l’ennemie mortelle de notre Eglise. Actuellement, dans notre combat, il y va de la grâce qui coûte. La grâce à bon marché, c’est la grâce considérée comme une marchandise à liquider, le pardon au rabais, la consolation au rabais, le sacrement au rabais ; la grâce servant de magasin intarissable à l’Eglise, où des mains inconsidérées puisent pour distribuer sans hésitation ni limite, la grâce non tarifée, la grâce qui ne coûte rien. Car on se dit que, selon la nature même de la la grâce, la facture est d’avance et définitivement réglée. Sur la foi de cette facture, on peut tout avoir gratuitement… La grâce à bon marché, c’est la justification du péché et non du pécheur. Puisque la grâce fait tout toute seul, tout n’a qu’à rester comme avant. Toutes nos œuvres sont vaines. Le monde reste monde et nous demeurons pécheurs même avec la vie la meilleure… ceci, c’est la grâce à bon marché, justification du péché mais non point justification du pécheur repentant, du pécheur qui abandonne son péché et fait demi-tour… la grâce à bon marché, c’est la prédication du pardon sans repentance, c’est le baptême sans discipline ecclésiastique, c’est la sainte cène sans confession des péchés, c’est l’absolution sans confession personnelle… Ce qui coûte cher à Dieu ne peut être bon marché pour nous. Elle est grâce d’abord parce que Dieu n’a pas trouvé que son Fils fût trop cher pour notre vie, mais qu’il l’a donné pour nous. La grâce qui coûte, c’est l’incarnation de Dieu. »

A quoi conduit la grâce à bon marché. On l’a vu, il y a peu. Elle a mené ses tenants à oser au nom de l’amour valider le mariage homosexuel dans l’Eglise : une gifle de plus au Christ sur la croix !

L’EVANGILE DE LA PROSPERITE

D’excellents articles ayant été écrits sur le sujet, je ne vais pas ici m’y remettre. Il me suffira de reprendre intégralement celui rédigé par Nicolas Blocher sur le site de la rébellution :

Qu’est-ce que la théologie de la prospérité ?

À la fin de la seconde guerre mondiale, plusieurs télé-évangélistes aux États-Unis ont mis l’accent sur le miraculeux : miracles, bénédictions financières, etc. Leur succès apparent était un gage de vérité de leur doctrine, et leurs auditeurs nécessiteux étaient attirés par leurs enseignements. Peu à peu, de nombreuses églises et œuvres « évangéliques » ont, volontairement ou non, adopté cette doctrine avec tous les degrés d’hérésie imaginables.

Cette doctrine enseigne, qu’avec le salut Jésus va promettre aux bons croyants, les richesses matérielles et financières, la santé, le succès. Du coup, plus tu seras proche de Dieu, plus tu seras prospère.

Les enseignants ont souvent une gestion douteuse des finances, et ils sont extérieurement riches… Ils paraissent donc proches de Dieu ! Naturellement, les simples croyants, qui ne prospèrent pas en déduisent qu’ils sont spirituellement déficients… Mais vont venir aux réunions, et donner, pour grandir dans la foi…et surtout dans la prospérité ! Le système est bien huilé… et fait des ravages sur plusieurs continents.

 Sur qui l’enseignement est-il centré ?

Il y a différents types d’évangile de la prospérité. Les punchlines vont de « Donne 10 € à Dieu et il t’en rendra 1000€ ! », jusqu’au plus évasif « Dieu veut te bénir », en passant par « découvre le champion qui est en toi ». L’année dernière, je suis entré dans une église de la région parisienne (qui prêche l’évangile de la prospérité), et l’argument choc pour convaincre tous les fidèles de participer au culte, aux réunions de prières, aux sorties d’évangélisation, aux conférences, c’était : « Vous serez bénis ! » La motivation ultime était alors ce que Dieu allait t’apporter immédiatement. Nulle trace de l’obéissance aux commandements de Christ, ou de l’amour et de la passion pour Dieu…

Dans ce genre d’enseignements, la vision de l’homme est erronée. Certains pensent que nous sommes des petits dieux, ou des hommes-dieux, et/ou que nous avons une autorité particulière sur les anges et sur Dieu grâce à la puissance de la foi, exercée par la prière. Les enseignements nous incitent à mettre en œuvre notre foi en exerçant notre autorité sur la maladie, les esprits, les anges, et même Dieu lui-même ! Le résultat ? L’homme se croit (tout-)puissant, avec une puissance particulière qu’il n’a pas en réalité.

La vision de Dieu est également fausse. On découvre un dieu au service des hommes, qui n’attend que ses ordres pour agir. Jésus aurait souffert en enfer, il aurait cessé d’être le Fils de Dieu, c’est tout juste s’il a pu ressusciter !

Les prédications des enseignants de la prospérité sont centrées sur les problèmes humains : physiques, matériels, émotionnels… On comprend très vite que les prédicateurs veulent plaire à leurs auditeurs en répondant à leurs préoccupations primaires, et, de fait, en négligeant leurs besoins spirituels. L’homme est exalté, et l’enseignement n’est pas centré sur le Dieu de la Bible.

 Les enseignements sont-ils conformes à la Bible ?

Le problème de l’évangile de la prospérité est aussi théologique. Thierry Huser, membre du comité théologique du CNEF, assure : « L’une des tendances lourdes de cette théologie est précisément de dire que tout nous est déjà acquis, que nous possédons tout en Jésus. La théologie de la prospérité veut nous faire des « déjà-riches-de-tout », et pour certains, des « déjà-en-droit-de-tout-posséder ».» Ainsi, certaines des bénédictions que Dieu nous promet pour le monde à venir sont déjà promises sur la terre.

Les bénédictions terrestres de l’ancienne alliance sont sorties de leur contexte et utilisées à tort et à travers. Aujourd’hui, Dieu veut toujours notre bien (!), mais la norme chrétienne est au contentement, comme Jésus, Pierre, ou Paul qui n’ont pas eu la vie prospère que promettent les enseignants de la prospérité. Paul disait en Philippiens 4.12 : « Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. » D’autre part, nombreux sont les avertissements aux riches…

La Bible présente toute une théologie de la souffrance, que Dieu utilise pour nous former. Comme Paul, « nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l’affliction produit la persévérance, la persévérance la victoire dans l’épreuve, et cette victoire l’espérance » Romains 5.3-4.

Dieu fait pleuvoir sur les méchants comme sur les justes, et accorde chaque jour de grandes bénédictions à son peuple, comme aux gens du dehors. Il s’occupe aussi particulièrement de ses enfants en leur donnant ce qui est nécessaire pour vivre. Mais, il ne leur a jamais promis une quelconque prospérité matérielle, émotionnelle, physique ou financière !

 Les enseignements sont-ils influencés par les philosophies du monde ?

Comme le montre ce dessin du webdessinateur américain Adam4d, les premiers chrétiens n’auraient jamais pu croire en un tel évangile… Décimés, ils avaient le choix entre la fuite, ou la croix. Pourquoi, aujourd’hui, un tel engouement pour ces enseignements ?

Les recettes de la publicité augmentent constamment, et l’être humain n’a jamais été autant matérialiste, à la poursuite du succès et du développement personnel… D’autre part, l’inquiétude généralisée est courante avec les informations que transmettent les médias. Les hommes sont donc à la poursuite des biens et du succès et, en même temps, tentent d’échapper aux souffrances qui nous entourent. Qui ne voudrait pas d’un dieu à notre service qui comble nos besoins et désirs terrestres ?

De la même manière, la foi et la prière deviennent des prétextes pour exprimer des rêves, des aspirations… Jusque-là, rien de grave, mais en y regardant de plus près, en écoutant les enseignements, on retrouve des grandes similitudes avec le courant de la pensée positive[6] et de la visualisation qu’on retrouve sur des sites d’hypno-praticiens… Bref, un enseignement bien imprégné des philosophies du monde.

 Si notre piété amène Dieu à nous donner une Ferrari, les gens ne s’intéresseront pas à Dieu… Mais à la Ferrari ! Voilà le gros problème des bénédictions terrestres, qu’elles soient financières, matérielles, émotionnelles ou familiales… Au contraire, comme déclare le théologien John Piper : « Nous devons pouvoir dire, au milieu des épreuves et des privations : « Dieu me suffit. » ».

La France n’est malheureusement pas épargnée, et on retrouve beaucoup de ces charlatans dans certaines églises… Si tu veux aller plus loin, je te conseille de lire ce très bon document du CNEF sur la théologie de la prospérité.

CONCLUSION

Il arrivera un temps où les hommes ne supporteront plus l’enseignement sain de l’Evangile, a averti Paul. Ces jours sont les nôtres. L’apôtre n’en reste pas là. Ailleurs, il avertit aussi : « Si nous-mêmes, ou si un ange du ciel vous annonçait une bonne nouvelle différente de celle que nous vous avons annoncée, qu’il soit anathème (maudit) ! : Galates 1,8. Nous voici prévenus !

 

[1] Timothy Keller : Rencontres avec Jésus : Editions Ourania, page 137 et 138